Environnement

Risque d’épidémies

La gestion des déchets hospitaliers sur la sellette

LE MATIN

Dans un établissement hospitalier, un lit produit 3 kg de déchets par jour.

Dans un établissement hospitalier, un lit produit 3 kg de déchets par jour.

Il existe 36 hôpitaux publics qui exploitent 20 broyeurs stérilisateurs et qui sont en réalité des appareils de désinfection.

Une image vaut mieux qu’un long discours, dit l’adage. Voilà donc le choix suivi par les organisateurs de la table ronde sur le thème «Gestion durable des déchets médicaux et pharmaceutiques (DMP) dans les établissements de santé», organisée dernièrement à Rabat. Une rencontre initiée par l’association Medwem (meditteranean for water and environnement) en collaboration avec le Programme de gestion et de protection de l’environnement (PGPE) de la coopération technique allemande (GIZ) au Maroc. Avant la présentation des exposés, les invités à cette réunion ont eu le droit à la projection de photos-chocs : «une jambe imputée jetée dans une poubelle» et «un tagine cassé entouré de plasmas».

Plus que cela, l’auditoire a appris avec surprise la vraie nature des broyeurs stérilisateurs. «Parmi les 142 hôpitaux publics, 87 externalisent la gestion de leurs déchets hospitaliers, tandis que 19 traitent les leurs de manière inappropriée. Par ailleurs, 36 hôpitaux publics utilisent 20 broyeurs stérilisateurs», a indiqué Laïla Bouhmidi, cadre à la direction des hôpitaux et soins ambulatoires au ministère de la Santé.
Si les responsables chargés de la gestion des DMP disent bien utiliser des broyeurs stérilisateurs, certains répondent que ces appareils ne respectent par les dispositions de la loi. «Ces broyeurs stérilisateurs sont en réalité des désinfecteurs», a indiqué Soufiane Derraji, président de la Société marocaine de stérilisation et coordonnateur de l’unique certificat universitaire de stérilisation de la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat. Reste à savoir également si ces appareils sont effectivement fonctionnels en l’absence d’un contrat de maintenance.

Continuer à utiliser ces appareils non conformes, risque de voir ces établissements hospitaliers, dont la vocation est de soigner, se transformer en foyers émetteurs de maladies. Face à cet état de fait, il n’existe pas encore un plan national de gestion des DPM d’autant plus que l’évolution démographique est galopante. Dans un établissement hospitalier, un lit produit 3 kg de déchets par jour. «Une étude a montré que 21 000 tonnes de déchets hospitaliers sont produites annuellement dont 6 000 tonnes de déchets médicaux», a souligné Abdelkader Ajir, chef du service sol et déchets au département de l’environnement du ministère de l’Énergie, des mines et de l’eau.

Ces chiffres avancés sont à considérer avec réserve pour la simple raison qu’il n’existe pas encore une vraie étude fiable sur le secteur des DMP. «Si nous ne maîtrisons pas la gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques, il y a un risque de voir proliférer dans l’avenir hépatites et autres maladies graves», a souligné Mohammed Said Belkadi, directeur adjoint du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Marrakech. Ce dernier s’est attardé sur les dysfonctionnements que connaît la gestion des DMP. «Il y a des stockages de déchets hospitaliers qui restent plusieurs jours, alors que la loi parle de 72 heures. Par ailleurs, il faut contrôler la destination finale de tous les types de déchets.

Le document de suivi est considéré par les responsables de la gestion des DMP, comme un simple papier, alors que la loi exige de l’archiver pendant cinq ans», a ajouté M. Belkadi. Après avoir dressé ce constat, ce dernier a annoncé le lancement prochain du projet de gestion durable des DMP dans le CHU de Marrakech pour la période 2014-2018 et dont les responsables de ont opté pour le traitement des DMP sur place au lieu de l’externaliser.

La filière de sous-traitance des DMP comprend trois sociétés certifiées, mais leurs représentants reconnaissent que ce secteur fonctionne dans un désordre total. «Il y a absence de contrôle des autres entreprises chargées du traitement des DPM et cette situation porte préjudice à notre métier», a noté la représentante de la société Tozone Dasri.
Quant au représentant de l’entreprise Atisa, il a déploré le manque de coopération et l’absence d’une vraie politique de tri.

Face à ces doléances, il a été décidé notamment la création d’un comité de travail pour réaliser un inventaire de la filière DMP, réfléchir sur l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques pour les opérateurs.
Il a été proposé de faire appel au Fonds de protection de l’environnement pour financer les actions urgentes. Pour ce qui est de la formation, un diplôme universitaire sur la gestion des DMP devrait être créé dès l’année universitaire 2013-2014.

Ce projet est initié par deux établissements universitaires, à savoir la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat et la faculté des sciences et techniques de Mohammedia en partenariat avec la GIZ.
Quant au représentant de l’entreprise Atisa, il a déploré le manque de coopération et l’absence d’une vraie politique de tri.

Face à ces doléances, il a été décidé notamment la création d’un comité de travail pour réaliser un inventaire de la filière DMP, réfléchir sur l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques pour les opérateurs.
Il a été proposé de faire appel au Fonds de protection de l’environnement pour financer les actions urgentes.
Pour ce qui est de la formation, un diplôme universitaire sur la gestion des DMP devrait être créé dès l’année universitaire 2013-2014. Ce projet est initié par deux établissements universitaires, à savoir la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat et la faculté des sciences et techniques de Mohammedia en partenariat avec la GIZ. 


Questions à : Latifa Mouhir, présidente de l’association Medwem

«Le tri est l’étape la plus importante»

Vous avez commencé votre table ronde par la projection de photos chocs de déchets hospitaliers. Quel message avez-vous voulu véhiculer à travers ces clichés ?
Notre communication introductive par rapport à la thématique de la table ronde contenait effectivement des images choc qui reflétaient l’état des lieux du tri des déchets médicaux et pharmaceutiques (DMP) dans la majorité de nos établissements de santé. L’objectif, c’était de mettre le point sur l’insouciance et le non-respect des règles de gestion des DMP conformément à la réglementation en vigueur, du personnel hospitalier en charge de l’élimination de ce type de déchets. D’autant plus que le tri est l’étape la plus importante pour une gestion réussie des DMP. Considérant que seuls 10 à 25% environ des DMP sont dangereux, les coûts de traitement et d’élimination pourraient être grandement réduits si un tri correct est effectué. La séparation des déchets dangereux des déchets non dangereux réduit également, de manière considérable, le risque d’infection des travailleurs qui manipulent les DMP. En réalité, la proportion des déchets de soins médicaux nécessitant un traitement spécial pourrait être réduite de 2 à 5% si la partie présentant un risque était, dès le départ, séparée des autres déchets.

Lors de cette rencontre, des experts allemands ont présenté l’expérience de leur pays en matière de gestion des déchets hospitaliers. Concrètement, que vous ont apporté ces interventions ?
C’est toujours intéressant de s’ouvrir sur le monde extérieur et profiter de leurs expériences. Les Allemands en matière de gestion des DMP sont bien avancés par le développement de leur plan de gestion, les technologies de traitement, les aspects logistiques ainsi que les outils d’accompagnement de la mise en application des lois relatives à la gestion des DMP.
Les conférences présentées, lors de la table ronde, sont un bon modèle qui pourrait orienter nos réflexions, à l’état actuel, sur l’établissement d’un plan national de gestion des DMP et l’élaboration de programme de formation et de sensibilisation.

Vous avez également parlé des rejets liquides hospitaliers qui ont été passés sous silence. Comment expliquez-vous cette situation ?
À l’heure actuelle, les établissements de santé ne sont que partiellement mobilisés sur la gestion des DMP. Seuls, les déchets solides font l’objet d’une relative attention. Quant à la gestion des rejets liquides, elle n’est pas à l’ordre du jour.
Certes, il existe peu de textes réglementaires légiférant les rejets de polluants chimiques et autres produits contaminés biologiquement des effluents hospitaliers, mais ils sont aussi des DMP et leur gestion est à la responsabilité de l’établissement producteur.
Les hautes instances des structures hospitalières sont responsables du bon fonctionnement de l’hôpital et en particulier du bon entretien des ouvrages publics qui se trouvent à l’intérieur de celui-ci, ce qui est le cas du réseau d’évacuation interne ainsi que les conséquences externes de l’activité de l’établissement. Cela est particulièrement vrai en matière d’évacuation des eaux usées, car elles arrivent dans le réseau collectif et à la station d’épuration. Que la gestion de ce flux à risque hautement dangereux ne soit pas considérée, c’est qu’il y a un manque de prise de conscience des risques qu’il peut encourir à la santé publique et surtout de bonne volonté politique pour une prise de décision dynamique pour assurer la santé publique à- long terme.

Problèmes de pollution

«S’il y a une décharge municipale contrôlée assez proche, l’enfouissement quotidien des déchets d’activités de soins potentiellement infectieux à 2 mètres au-dessous des ordures ménagères partiellement décomposées peut être une option pratique. À une profondeur de 2 mètres, les chiffonniers ne devraient théoriquement pas pouvoir remonter les déchets», indiquent les auteurs du rapport «Une meilleure gestion des déchets d’activités
de soins», publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2005.
Et d’ajouter : «Scientifiquement, l’enfouissement des déchets potentiellement infectieux et des déchets piquants et tranchants dans une décharge contrôlée ne poserait vraisemblablement pas de problèmes supplémentaires pour la santé publique ou de problèmes de pollution. C’est une option peu coûteuse qui pourrait être employée là où l’enfouissement des déchets est contrôlé et où il n’y a pas de risque de fouille, que ce soit par des humains ou par des animaux.»

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