Le RAJA CHAMPION D’AUTOMNE

La croissance en 2013 sera tirée par la demande intérieure

La consommation des ménages résidents profiterait de l’amélioration des revenus en 2013 pour s’accroître de 4,5% en 2013. La consommation des administrations publiques ne progresserait, pour sa part, que de 3% au lieu de 12,5% cette année, en raison d’une éventuelle rationalisation des dépenses de fonctionnement non salariées dictée dans l’objectif de la préservation de l’équilibre budgétaire.

19 Septembre 2012 À 14:25

Au plan interne, la conjoncture économique nationale présente une configuration qui, sur bien des aspects, reflète une certaine résilience à la récession qui sévit à l’échelle de l’économie mondiale. Cependant, la tendance poussive de l’économie mondiale qui prévaut actuellement ne va pas manquer d’impacter les secteurs d’activité les plus exposés. Le ralentissement de l’activité et ses répercussions sur les équilibres économiques et financiers ne manquent pas de susciter des interrogations quant à la pertinence du modèle de croissance dans lequel l’économie nationale s’est engagée depuis plus de deux décennies.

Ce modèle qui laisse une place de choix à l’insertion du système productif dans l’économie mondiale à travers les exportations et l’attractivité des investissements étrangers marque en effet des signes d’essoufflement.Loin de remettre en cause les choix stratégiques en la matière, ces signes traduisent essentiellement les difficultés à mettre en œuvre les actions nécessaires à la réussite d’une telle stratégie, en termes de productivité, de diversification et de compétitivité.  Les ondes de choc et les effets persistants de facteurs défavorables liés à la décroissance des économies des pays développés et au rétrécissement des débouchés externes ont fortement handicapé les possibilités de relance pour des pans entiers de l’économie. En atteste la détérioration continue des deux déficits jumeaux : en pourcentage du PIB, le solde du compte courant de la balance des paiements a dépassé les 8%, et celui du déficit des finances publiques les 6%. En contraste total avec le profil global de 2011, la détérioration des principaux équilibres macroéconomiques pourrait même connaître une certaine aggravation en 2012 et en 2013. Selon les prévisions du CMC, datées du mois de juillet 2012, la baisse de croissance de 2012 qui ne dépasserait pas au meilleur des cas les 3%, soit la moitié de celle enregistrée en 2011, est le signe annonciateur d’une basse conjoncture au Maroc.Consolidation de la demande intérieureLa croissance économique serait soutenue en 2013 exclusivement par la consolidation de la demande intérieure. La demande extérieure (exportations nettes de biens et services) afficherait à nouveau une contribution négative, soit -2 points de croissance au lieu de -1,1 point en 2012. La demande intérieure serait en hausse de 5,4% en volume au lieu de 3,1% en 2012. Elle serait attribuable à la consolidation de la consommation des ménages et au dynamisme de l’investissement brut. Sa contribution à la croissance du PIB passerait ainsi de 3,5 points en 2012 à 6,3 points en 2013.La consommation finale nationale, composée de la consommation des ménages résidents et de la consommation des administrations publiques, s’accroîtrait de 4,1% au lieu de 4,7% en 2012, induisant ainsi une baisse de sa contribution de 3,6 points à 3,3 points. En effet, la consommation des ménages résidents profiterait de l’amélioration des revenus en 2013 pour s’accroître de 4,5% en 2013 au lieu de 2,3%, alors que la consommation des administrations publiques ne progresserait que de 3% au lieu de 12,5% en 2012, en raison d’une éventuelle rationalisation des dépenses de fonctionnement non salariées dictée dans l’objectif de la préservation de l’équilibre budgétaire. Dans ce contexte, les déséquilibres structurels en matière de financement de l’économie devraient se creuser, synonyme de l’accentuation du déficit de la balance de paiement. De telles perspectives de repli de l’activité économique ont amené le CMC à réévaluer l’appréciation et la notation attribuée à l’économie nationale. Il s’agit aussi d’attirer l’attention des responsables de la politique publique à agir vite en vue d’entreprendre des mesures contracycliques de nature à relancer la croissance au Maroc.

Les différentes mesures à engager portant principalement sur la réduction du déficit budgétaire à 3% du PIB à l’horizon 2016 (contre 5% actuellement) grâce au renforcement de la rationalisation et de l’efficience des dépenses publiques ainsi qu’à l’optimisation des revenus. La réforme de la Caisse de Compensation y apparaît comme prioritaire, visant l’instauration d’un système de ciblage des populations les plus démunies. Il s’agit aussi du maintien des réserves de changes à un niveau minimum de quatre mois d’importations durant la seconde moitié de 2012 ainsi que le système de change actuel basé sur un panier de devises en eurodollars. On se fixe aussi comme ultime objectif la réalisation d’un taux de croissance économique de 5,5% sur la période 2012-2016 grâce à la vigueur escomptée de la demande domestique, au développement du secteur privé et au parachèvement des réformes structurelles ainsi qu’à la poursuite de l’implémentation des différentes stratégies sectorielles.

Si les premières contraintes transparaissent déjà dans les grandes lignes du cadrage du projet de loi de Finances 2013 (non encore chiffré), il n’en reste pas moins que par son octroi et par sa taille, le FMI confirme la bonne perception dont bénéficie toujours le Maroc auprès des institutions financières internationales, contrastant nettement avec le scepticisme ambiant au niveau local. À cout terme, et compte tenu du contexte délicat que traverse actuellement l’économie nationale, le CMC recommande l’amnistie fiscale, qui ne signifie nullement l’abandon par l’État de ses créances, comme mesure permettant au Trésor d’engranger des recettes fiscales et surtout comme moyen d’apaiser les inquiétudes des opérateurs. À plus longue échéance, le Centre préconise une nouvelle génération de réformes en phase avec les attentes de la population.

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