18 Octobre 2012 À 19:42
La question du développement régional revient plus fort dans les débats, avec la publication d’un nouveau travail qui dresse une esquisse actualisée de la physionomie économique des régions, et ce, au moment où le gouvernement s’apprête à reprendre le dossier de la régionalisation pour en proposer une architecture finalisée et, ensuite, passer à l’action. La nouvelle physionomie économique des régions a été effectuée par le Haut-commissariat au Plan (HCP), qui l’actualise chaque année. Certes le constat global est là et déjà connu, en l’occurrence une certaine concentration de la dynamique économique et de la création de la richesse dans une partie des régions du pays. Toutefois, la livraison 2010 des comptes régionaux du HCP a fait ressortir un trait saillant positif qui peut s’accentuer davantage à l’avenir. Il s’agit d’une atténuation de cette concentration économique régionale qui marque jusqu’ici l’économie nationale. Ainsi, le HCP note une perte du terrain du Grand Casablanca dont la contribution à la formation du PIB a baissé, au profit d’autres régions, en l’espace de sept ans de près de 4,5 points de pourcentage, passant de 23,7% en 2004 à 19,2% en 2010. Et ce sont notamment les régions de Chaouia-Ouardigha, de Marrakech-Tensift-Al Haouz et des régions du Sud qui en profitent en grignotant des points au premier pôle économique du pays.
Cependant, force est de constater que le Maroc fait encore face à une concentration des richesses nationales dans une partie des régions du pays. En effet, d’après le HCP, seules six régions sur seize, selon le découpage actuel, s’accaparent près de 63,8% de la richesse nationale. Après la région du Grand Casablanca qui s’impose toujours comme locomotive de l’économie nationale viennent les régions de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer (12,6%), de Marrakech-Tensift-Al Haouz qui a amélioré sa position pour contribuer désormais à hauteur de 9% à la croissance économique du pays. De même, la région de Chaouia-Ouardigha a amélioré sa position en gagnant près d’un point en une seule année, passant d’une part de 6,6% en 2009 à 7,5% en 2010. Par contre, la région de Souss-Massa-Daraâ a gardé presque la même position (7,7%), au moment où Tanger-Tétouan a connu une petite régression, passant de 8,3% à 8%, entre le deux années. Mais il y a fort à parier que cette dernière région pourra améliorer significativement à l’avenir son classement parmi les régions du pays, vu les importants projets lancés dans cette région, dont notamment le complexe industriel de Renault et toute la dynamique économique créée autour du complexe portuaire Tanger-Med. Viennent ensuite trois régions qui contribuent pour 17,4% au PIB. Il s’agit de Doukkala-Abda (6,8%), de Mèknes-Tafilalt (5,5%) et de l’Oriental (5,1%). La contribution de chacune des autres régions varie entre 2,8% (Tadla-Azilal) et 4,4% (Fès-Boulemane).
Ces disparités entre les régions se manifestent également au niveau de la structure des économies régionales. En effet, d’après le HCP, la prédominance des activités primaires (agriculture et pêche) se confirme dans trois régions : Tadla-Azila, Taza-Al Hoceima-Taounate et Gharb-Chrarda-Béni Hssen. De même, les activités secondaires (industrie, mines, énergie et BTP) continuent à se concentrer dans la région de Chaouia-Ouardigha, de Doukala Abda et au Grand Casablanca. S’agissant du secteur tertiaire (commerce, services marchands et non marchands), il se concentre essentiellement dans les régions de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer, les régions du Sud et du Grand Casablanca.Par ailleurs, les comptes régionaux pour 2010 ont permis de faire ressortir également la répartition du PIB selon le découpage proposé par la Commission consultative de la régionalisation (12 régions). Les principaux résultats de ces comptes montrent que quatre régions riches et à économie diversifiée, disposant d’un potentiel important de croissance, créent plus de 65,5% du PIB. Il s’agit de Casablanca-Settat (28,9%), de Rabat-Salé-Kénitra, de Marrakech-Safi et de Fès-Meknès. Quatre autres régions sont considérées comme intermédiaires et émergentes créant environ 26,6% du PIB. Il s’agit de Tanger-Tétouan, Souss-Massa, Béni Mellal-Khénifra et l’Oriental-Rif. Les quatre restantes ne participant qu’à hauteur de 7,3% à la création du PIB.