30 Avril 2012 À 13:23
C’est le sujet d’actualité au sein de plusieurs fédérations visées et qui craignent de perdre leur statut pour devenir de simples associations. Si le ministère allait appliquer cette décision, il transgresserait la loi 30-09 qui à aucun moment n’offre au ministère une quelconque possibilité de rétrograder une fédération en association, souligne un responsable fédéral, sous couvert de l’anonymat. Cette annonce a provoqué des remous et l’émoi au sein de la classe dirigeante des fédérations. Pour le moment, on ignore sur quelle base juridique le ministère va s’appuyer pour mettre à exécution une telle mesure. Ce que l’on sait c’est que cette menace vise soi-disant des petites fédérations. L’objectif recherché étant de ramener leur nombre actuel de 45 à 35. Et comme tout observateur averti, plusieurs interrogations se posent. Sur quelle base une telle déclaration a-t-elle été faite ? Quel article de la loi à cette notion d’associations nationales et qu’en est-il des aspects internationaux de la représentation du Maroc ? Parmi les fédérations visées figure celle de l’escrime. Selon des sources officielles au sein de cette fédération, M. Ouzzine est allé même jusqu’à la taxer de fédération casablancaise. Pourtant, les résultats enregistrés par les épéistes marocains sont éloquents avec la qualification de Karim El Houari et Ali Xavier aux JO. Un résultat similaire à celui de la fédération de la Lutte et de judo qui ont qualifié également deux athlètes et mieux que plusieurs autres qui ont réussi à qualifier seulement un seul athlète : (natation, canoë-kayak, équitation, triathlon)... sans parler de celles qui ne seront représentées à ces JO par aucun athlète à l’image des sports collectifs, hormis le football. La seule fédération qui peut se targuer d’aligner le plus grand nombre d’athlètes à Londres est celle de l’athlétisme (25 athlètes), suivie de celle de cyclisme et de taekwondo (3). Certes, l’escrime est moins connue du public, comparativement avec d’autres disciplines, mais ses résultats sont plus probants. C’est la 3e fois de son histoire que cette fédération a réussi à participer aux Jeux olympiques (Sidney-2000, Pékin-2008 et Londres-2012). Combien de fédérations sur les 45 existantes ont-elles réussi à participer autant de fois aux JO ? Mieux encore, les escrimeurs ont enregistré de bons résultats au niveau des jeunes lors compétitions africaines et arabes. En effet, le Maroc a remporté six médailles au championnat d’Afrique qui s’est déroulé en Algérie et quatre médailles au championnat arabe. Contrairement à certaines fédérations qui n’ont de grandeur que le nom et qui n’ont aucune chance de participer avec leurs athlètes aux JO 2012, en raison de leurs piètres résultats. L’autre fédération visée est celle de hockey. Contacté à sujet, un responsable au sein de fédération qui a préféré garder l’anonymat nous a indiqué qu’il a effectivement entendu parler d’une telle chose, mais aucune décision dans ce sens n’a pas été prise. Le ministère chercherait également à réunir plusieurs fédérations en une seule. C’est le cas par exemple de la pétanque et du Sport boule. Cette information nous été confirmée par Joud Belmiloud qui a affirmé que plusieurs réunions ont eu lieu entre les responsables du ministère et ceux de la pétanque et du Sport boule. Seulement, cette décision n’est pas souhaitée par cette dernière, nous a confié un responsable de cette fédération. Le ministère envisage également de grouper les sports des arts martiaux en une fédérations. S’agit-il d’une manœuvre de la part de ministre pour faire pression sur ces fédérations ou d’une volonté réelle de réduire leur nombre ? Dans les deux cas, le débat est ouvert. Et on attend effectivement des précisions sur ce dossier, surtout que la loi n’octroie en aucun cas au ministère la possibilité de procéder ainsi. La seule chose que le ministère peut faire est de refuser d’octroyer les habilitations aux fédérations qui ne s’inscrivent pas dans la politique sportive du Royaume. Mais jusqu’à présent, les arrêts des habilitations ne sont pas encore prêts. La loi octroie également au ministère le droit d’instaurer des commissions provisoires pour diriger momentanément certaines fédérations en cas où une fédération est en butte à des problèmes liés à la gestion, mais jamais le droit de rétrograder une fédé en une association.L’habilitation des fédérations se fait attendreAlors que le ministre parle de la possibilité de dégrader certaines fédérations en associations, il a oublié le plus important à savoir l’habilitation des fédérations. L’article 25 de la loi 30-09 prévoit qu’afin d’exercer leurs attributions et bénéficier des avantages prévus en leur faveur, les fédérations sportives doivent être habilitées par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Seules les fédérations sportives constituées conformément aux dispositions de la présente loi, qui adoptent des statuts approuvés par l’administration et qui appliquent le programme national en matière du sport sont habilitées ». Or à ce jour, le ministère n’a pas préparé l’arrêté qui fixe les conditions requises pour cette habilitation sachant que les décrets d’application de la loi 30-09 ont été publiés au Bulletin officiel en juin 2011. Ainsi, pour ne pas refaire les mêmes erreurs que par le passé à savoir ne pas appliquer la loi sur l’éducation physique et du sport sous tous ses aspects relative aux associations et fédérations, il serait temps de prendre toutes les dispositions qui permettent la mise en œuvre des directives de la loi. La question de l’habilitation est plus que primordiale parce que l’attribution des subventions est liée à cette habilitation. Et alors que la saison sportive touche pratiquement à sa fin, aucune fédération n’a reçu sa subvention. On ignore comment peuvent- elles travailler dans ce genre de conditions.Critères de l’habilitationEn toute logique, le ministère doit se référer, au moment de l’octroi des habilitations, à un programme sportif national qui, logiquement, devrait s’inscrire dans le cadre d’une olympiade. Pour la simple raison que les Jeux olympiques restent des moments forts où les nations se mesurent d’abord par leur représentation (nombre de disciplines et de sportifs qualifiés) ensuite par le nombre de médailles obtenues. Autrement dit, l’habilitation devrait être accordée aux seules fédérations qui ont un potentiel de qualifications aux JO et qui sont en mesure de ramener un maximum de médailles. Il serait souhaitable donc que toutes ces dispositions soient traitées dans l’urgence, car il faut savoir que certaines nations vont plus vite que la musique en finalisant leur programme pour des échéances en 2016, voire 2020. On rappelle que le Souverain avait doté la préparation des athlètes de haut niveau, initiée en 2009, d’un budget de 330 millions de dirhams et dont l’échéance a été prorogée par le ministère jusqu’en 2016. Il ne reste plus qu’à donner plus d’importance à cette préparation.