un patrimoine à réhabiliter

L’impact économique de la contrefaçon

21 Juin 2012 À 16:28

Dans le secteur des articles de luxe et de la mode, une idée reçue est ancrée dans l’esprit de certaines personnes mal informées. En effet, pour elles, la contrefaçon de produits de luxe contribue à la diffusion de l’image de marque sans entraîner un manque à gagner important. Cette idée ne peut être retenue, car le consommateur qui achète une contrefaçon n’aurait probablement pas acheté l’original pour des raisons évidentes qui sont des coûts supérieur. Pour l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), cette attitude laxiste a pu être un facteur favorable à la progression de la contrefaçon d’articles de luxe en Europe. Il n’en demeure pas moins que l’industrie du luxe doit faire face à une nouvelle génération de produits contrefaits pour laquelle la distinction avec les produits authentiques est très difficile à faire. Dans ce cas-ci, le consommateur n’est pas nécessairement conscient du caractère contrefait du produit, notamment lorsque le réseau de distribution a lui aussi été trompé. De plus, il a été constaté une augmentation de la qualité des produits qui sont souvent fabriqués par les entreprises chargées de la fabrication des produits originaux. Il est alors très délicat de distinguer les contrefaçons des originaux. Ce type de produits contrefaits cause un préjudice indiscutable aux industriels, d’autant plus que ces produits sont vendus à moins de la moitié du prix de l’original. Dans ce domaine, on observe de nombreux cas de réseaux de contrefaçons, qui ne sont pas nécessairement de grands réseaux organisés, de type mafieux par exemple. Plusieurs estimations ont été effectuées au niveau mondial, mais la contrefaçon étant très difficilement chiffrable, elles varient de 200 à plus de 500 milliards d’euros par an : à titre de comparaison, celui de la traite d’êtres humains (prostitution/esclavage) est évalué à 7 milliards. Le phénomène connaît une amplification sans précédent avec des chiffres alarmants.

Chine et Brésil, de grands marchés du luxe

Désormais, le luxe n’est plus l’apanage des seuls Français, Américains ou des rois du pétrole. La carte géographique du luxe mondial est en train de changer. Une étude du Boston Consulting Group (BCG) qualifie la Chine de principal débouché des biens et services de luxe à l’horizon 2015. D’ici 2020, 330 villes chinoises auront le même niveau de revenu disponible que Shanghai avait en 2010. Dans cette perspectives, les patrons de certains géants du luxe estiment que 40% de leurs ventes sont déjà assurés par les consommateurs chinois, qu’ils dépensent dans leur pays ou durant leurs voyages à l’étranger. En réponse à cette tendance, Chanel a même créé une collection Paris-Shanghai durant ces dernières années et a organisé de nombreux événements particuliers en Chine.Au Brésil, on s’attend aussi à une déferlante d’enseignes de luxe. Dans ce pays, bientôt cinquième puissance mondiale, Louis Vuitton va ouvrir 3 nouvelles boutiques cette année. Tiffany & Co, le joaillier américain, renforce son réseau de deux boutiques de deux autres. Sephora aurait ouvert son premier magasin à São Paulo au mois d’avril.

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