Haytam Boussaid
01 Octobre 2026
À 10:05
L’électricité aurait pu calmer le
Range Rover Sport. Les ingénieurs britanniques ont manifestement choisi le chemin inverse. Dévoilé ce mercredi 30 septembre 2026, le premier
Range Rover Sport 100% électrique conserve les muscles du modèle, mais change complètement ce qui les met en mouvement.
Deux
moteurs électriques de 260 kW prennent place à bord, un par essieu. Ensemble, ils peuvent délivrer 550 ch et 850 Nm, soit le couple le plus élevé jamais proposé sur un Range Rover Sport.
Les chiffres ne racontent pourtant qu’une partie de l’histoire.
Range Rover a surtout travaillé sur la manière dont cette force arrive au sol. Le couple est délivré 50% plus rapidement que sur le
Range Rover Electric. La structure gagne 61% en rigidité par rapport aux versions
hybrides rechargeables du Sport, tandis que le centre de gravité descend de 73 mm. La
batterie ajoute du poids, le châssis s’emploie à le faire oublier.
Plus lourd, mais pas moins joueur
Le
Sport Electric ne se contente donc pas de troquer ses pistons contre des électrons. Son châssis a fait l’objet d’un réglage spécifique. Suspension pneumatique Dynamic Air Suspension, amortisseurs Twin Valve, Adaptive Dynamics et contrôle actif du roulis eARC travaillent ensemble pour contenir les mouvements de caisse.
Le système Adaptive Dynamics surveille jusqu’à 100 paramètres 500 fois par seconde. Quant au dispositif antiroulis électronique, il peut appliquer jusqu’à 1.400 Nm de force sur chaque essieu. Les quatre roues directrices complètent l’ensemble et permettent notamment de rendre le SUV plus maniable dans les virages serrés.
Range Rover a choisi un terrain assez inhabituel pour terminer sa mise au point : les carrières de marbre de Carrare, en Italie. Poussière de marbre, fortes pentes, surfaces changeantes et dénivelés ont servi de dernier examen avant la commercialisation. Un costume de luxe, testé là où les mocassins ne vont généralement pas.
Le
Range Rover Sport Electric peut gravir des pentes atteignant 45 degrés et traverser jusqu’à 900 mm d’eau. Sa transmission intégrale virtuelle et son système Intelligent Traction Management répartissent en permanence la motricité entre les deux essieux. L’objectif reste fidèle à la maison : électrifier le Sport sans lui retirer ses capacités lorsque l’asphalte disparaît.
609 km pour ne pas vivre autour des bornes
Sous le plancher prend place une imposante
batterie lithium-ion de 118,5 kWh. Range Rover annonce jusqu’à 609 km d’autonomie WLTP, ainsi qu’une estimation de 536 km en conditions réelles.
L’architecture électrique fonctionne sous 800 volts et autorise une
recharge rapide : environ 22 minutes sont annoncées pour passer de 10% à 80%. Dix minutes sur une borne suffisamment puissante peuvent permettre de récupérer jusqu’à 220 km d’autonomie.
Le constructeur a également développé son système ThermAssist pour optimiser la gestion thermique et exploiter au mieux la batterie. Celle-ci bénéficie d’une garantie de huit ans ou 160.000 km et dispose d’un
« Battery Digital Twin », qui permet d’en suivre l’état et d’intervenir notamment par l’intermédiaire des mises à jour à distance.
Quelques indices, pas de déguisement
Visuellement,
Range Rover n’a pas cherché à crier « électrique » à chaque panneau de carrosserie. Le Sport conserve sa silhouette massive, son pavillon fuyant et ses surfaces très lisses. Les principaux indices se trouvent dans la calandre optimisée pour l’aérodynamique et les nouvelles jantes. À vitesse autoroutière, leur travail aérodynamique peut contribuer à gagner jusqu’à 16 km d’autonomie.
Même le silence n’a pas été laissé totalement tranquille. Les ingénieurs ont développé une signature sonore spécifique, composée de tonalités qui évoluent selon les modes de conduite. Pas question d’imiter artificiellement un V8 : l’électrique doit trouver sa propre voix.
Le
Range Rover Sport Electric rejoint les
versions hybrides rechargeables, essence et diesel. Il sera proposé en
Dynamic SE, Dynamic HSE, Autobiography et First Edition. Les carnets de commandes sont désormais ouverts. Les clients de la finition Autobiography auront également accès au programme Range Rover Bespoke, avec un choix étendu de peintures, matériaux, configurations et personnalisations.
Carrare, dernier examen avant la route
Avant de rejoindre les showrooms, le
Range Rover Sport Electric s’est offert un dernier détour par les carrières de marbre de Carrare, en Italie. Pas pour la photo uniquement. Le site a servi d’ultime
terrain d’essai après un programme de développement mondial passé notamment par le circuit privé de Magarigawa, près de Tokyo.
Entre les sommets culminant à près de 915 mètres, le
SUV électrique a affronté des pentes atteignant 45 degrés, des températures extrêmes et des surfaces passant du marbre poli à d’épaisses couches de poussière. Ses 850 Nm, sa transmission intégrale virtuelle et sa gestion électronique de la motricité ont été particulièrement sollicités.
Les quatre roues directrices lui ont permis de négocier les épingles étroites sans effectuer de marche arrière. Le modèle conserve aussi une capacité de passage dans 900 mm d’eau. Range Rover perpétue ainsi une habitude maison : soumettre le Sport à des défis spectaculaires. Ses prédécesseurs avaient déjà affronté Pikes Peak, les 999 marches de Heaven’s Gate en Chine et un déversoir en Islande.