S.Ba.
16 Février 2026
À 16:26
Dans une atmosphère empreinte de recueillement et de sensibilité,
Chellah s’est mué, le temps d’une soirée, en un espace de résonance poétique. À l’initiative du «
Book Club Le Matin», cette rencontre culturelle a célébré la poésie comme une langue universelle, capable de dire l’humain au-delà des frontières et des appartenances. L’événement s’est tenu en présence de plusieurs ambassadeurs accrédités auprès du Royaume, de poètes, de critiques et d’un public attentif, venu nombreux partager ce moment d’élévation intellectuelle.
Intitulée «La poésie : espace de sagesse et de dialogue», la soirée s’est ouverte par une allocution de
Mohammed Haitami, président-directeur général du Groupe «Le Matin». Revenant sur le parcours singulier de
Dr Salim M. AlMalik, il a souligné la richesse d’un itinéraire conjuguant responsabilités internationales de premier plan et fidélité à l’acte créatif. Une présence, a-t-il insisté, qui s’inscrit dans la volonté du «Book Club» de mettre à l’honneur des figures majeures de la pensée et de la littérature, dans le monde arabe comme à l’échelle internationale.
La journaliste Ouidad Benmoussa a ensuite présenté le recueil «Khamissiyat», en soulignant sa singularité : une expérience poétique fondée sur la rigueur du temps et la constance de l’engagement. Chaque poème, composé de cinq vers et écrit chaque jeudi, devient un rendez-vous hebdomadaire avec soi-même et avec le monde. Une écriture épurée, ancrée dans la tradition de la poésie arabe, mais ouverte sur les interrogations contemporaines.
Prenant la parole, Dr Salim M. AlMalik a livré sa conception de la poésie comme un pont de valeurs, un vecteur de sagesse et un langage capable de rapprocher les cultures. Pour lui, les mots, lorsqu’ils sont écrits avec conscience et prononcés avec sincérité, possèdent une capacité rare à toucher l’âme et à laisser une empreinte durable.
Le poète est également revenu sur la genèse de son projet, expliquant avoir souhaité rassembler ses textes dans un «réceptacle unique» articulé autour de quatre dimensions : la sagesse, la calligraphie arabe, la poésie et l’art plastique. Une approche esthétique globale, où le verbe dialogue avec l’image et la forme. Il a évoqué ses premiers pas dans l’écriture dès l’école primaire, puis son retour à la poésie après des études de médecine exigeantes, avant de publier régulièrement dans la presse saoudienne et arabe.
Depuis onze années consécutives, Dr AlMalik poursuit ainsi l’aventure des «Khamissiyat», une œuvre patiente et disciplinée, faite de poèmes courts, mais denses, nourris de réflexions sur l’identité, l’éthique, la foi et les valeurs humaines. Interrogé sur la création poétique à l’ère de l’intelligence artificielle, il a tenu à rappeler que l’expérience vécue demeure la matière première irremplaçable du poème, seule garante de son authenticité.
S’éloignant des cadres critiques classiques – unité du vers, de l’idée ou du poème –, le poète revendique une écriture fondée sur «l’unité du sentiment». Un seul poème peut ainsi accueillir plusieurs idées, nées d’un événement marquant, d’un moment de sérénité ou de l’observation d’un comportement humain, oscillant entre le juste et le faux.
La soirée s’est poursuivie par la lecture de plusieurs extraits de «Khamissiyat», abordant la sagesse, l’éthique, la foi et l’éloge du Prophète Mohammed (paix et salut sur Lui). Des textes qui ont suscité une écoute attentive et de nombreux échanges avec le public, avant de laisser place à un dialogue ouvert autour de l’œuvre et de ses multiples lectures possibles.
La rencontre s’est enfin conclue par une séance de dédicaces, au cours de laquelle Dr Salim M. AlMalik a offert plusieurs de ses recueils aux participants, prolongeant, dans la proximité et la générosité, un moment où la poésie s’est affirmée comme un espace vivant de partage et de réflexion.