S.Ba.
30 Octobre 2026
À 23:37
Le quartier des
Habous, l’un des lieux emblématiques de la vie littéraire et du commerce du livre à Casablanca, accueille du 30 octobre au 1er novembre la deuxième édition du
Festival de la rentrée littéraire Le Matin. Organisé par le
Groupe Le Matin, ce rendez-vous entend rapprocher le livre des citoyens et favoriser les échanges entre écrivains, éditeurs, libraires, professionnels du secteur et lecteurs.
La cérémonie inaugurale, organisée vendredi soir au
Palais du Méchouar, a réuni plusieurs personnalités du monde culturel et institutionnel. Elle a notamment été marquée par la remise des prix de la première édition du
Prix littéraire Le Matin, la signature de trois conventions de partenariat et un hommage à l’écrivain marocain
Driss Chraïbi, à l’occasion du centenaire de sa naissance.
Dans son allocution d’ouverture,
Mohamed Haitami, président-directeur général du Groupe Le Matin et directeur des publications, a rappelé la vocation de cette manifestation, conçue comme un espace de célébration de la littérature et de rencontre entre les différents acteurs de la chaîne du livre. Le choix du quartier des Habous, associé depuis plus de neuf décennies à la diffusion du livre et à l’activité des librairies, participe de cette volonté de renouer avec l’histoire culturelle de Casablanca.
M. Haitami a également insisté sur l’importance de familiariser les jeunes générations avec la lecture, afin de développer leur capacité de réflexion, leur curiosité et leur autonomie intellectuelle, dans un environnement de plus en plus marqué par les écrans et les réseaux sociaux.
Le choix même de l’appellation « Festival de la rentrée littéraire », plutôt que celui de salon ou de forum, répond, selon lui, à la volonté de donner à la manifestation une dimension festive et conviviale, tout en réunissant les différentes composantes de l’écosystème du livre.
Mohamed Mehdi Bensaid a, pour sa part, souligné la place fondamentale de la
littérature dans la
création culturelle. À l’heure de
l’intelligence artificielle et de la multiplication des supports numériques, le ministre a défendu le rôle du livre et de l'écriture dans la transmission des idées et la préservation de la dimension humaine de la culture. Il a également mis l’accent sur les perspectives de développement de l’écosystème littéraire et éditorial marocain, en rappelant les enjeux liés à la protection des droits d’auteur, à l’accompagnement des écrivains et à la valorisation de leurs productions. Dans cette perspective, le secteur du livre est appelé à contribuer au développement des industries culturelles et créatives, à la création d’emplois et au renforcement des liens sociaux.
Le ministre a par ailleurs plaidé pour que la rentrée littéraire trouve durablement sa place dans le calendrier national, au même titre que les autres grands rendez-vous qui rythment la vie du pays.
La soirée inaugurale a également été marquée par la signature de trois conventions de partenariat associant le
Groupe Le Matin à l’
Association des libraires indépendants du Maroc, à
l’Institut Royal de la Culture Amazighe et à la
Faculté des lettres et sciences humaines de Ben M’Sik. Ces accords visent à renforcer les passerelles entre les professionnels du livre, les institutions culturelles et le monde universitaire.
Autre moment de la cérémonie, l’hommage rendu à
Driss Chraïbi a permis de revenir sur l’œuvre et l’héritage de l’une des grandes figures de la littérature marocaine. Une lecture d’un extrait de son roman "La Civilisation, ma Mère !", assurée par Salma Najib, a précédé une intervention de Driss El Yazami et le témoignage de Sheena Chraïbi, épouse de l’écrivain disparu, à laquelle un souvenir commémoratif a été remis.
Deux journées de rencontres et d’ateliers ouvertes au public
Après cette soirée inaugurale, le festival entre samedi et dimanche dans sa phase ouverte au grand public. Huit tables rondes figurent notamment au programme, avec des échanges consacrés à la place du livre dans la ville, à l’histoire des librairies des Habous, aux évolutions du roman et aux différents enjeux de la création littéraire.
Les visiteurs pourront également participer à des ateliers d’écriture, des lectures poétiques, des rencontres avec des auteurs et des séances de dédicaces. Une attention particulière est accordée aux enfants et aux adolescents à travers un espace dédié proposant des activités d’initiation à l’écriture et à la narration, des ateliers autour du manga et de l’animation ainsi qu’un concours de lecture à voix haute.
Une exposition de photographies et de cartes postales anciennes permettra, par ailleurs, de retracer l’histoire du quartier des Habous et son évolution au fil des décennies, rappelant les liens anciens entre ce quartier casablancais et le monde du livre.
À travers cette programmation, le Festival de la rentrée littéraire Le Matin entend faire de la lecture une pratique plus présente dans la vie quotidienne et ouvrir la manifestation à des publics de tous âges, au-delà des seuls habitués des rendez-vous littéraires.