Culture

Festival Gnaoua : une nuit d’hommage à Maâlem Mustapha Baqbou, légende du guembri

Dans le cadre de la 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira, la scène Moulay Hassan a accueilli, vendredi 26 juin, une soirée hommage dédiée à Maâlem Mustapha Baqbou, près d’un an après sa disparition. Présent à chacune des éditions du festival depuis sa création, le maître du guembri a été célébré à travers un film retraçant son parcours, des témoignages de ses proches et de ses disciples, puis un concert porté notamment par son fils Hamza Baqbou, devant un public resté fidèle jusqu’aux dernières notes.

28 Juin 2026 À 10:05

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Dans une 27e édition déjà rythmée par plusieurs temps forts, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira a réservé, ce vendredi, l’un de ses moments les plus chargés en émotion à la mémoire de Maâlem Mustapha Baqbou, disparu le 8 septembre 2025. Organisée sur la scène Moulay Hassan, cette soirée a rendu hommage à une figure indissociable de l’histoire du festival, présente à chacune de ses 26 premières éditions.

L’hommage s’est ouvert peu après 00H30 par la projection d’un film retraçant le parcours du défunt. À travers les images, les archives et les témoignages, le public a retrouvé le visage d’un artiste né à Marrakech en 1953, initié dès l’enfance à l’univers des zaouïas gnaouies auprès de son père, Maâlem El Ayachi Baqbou. Le documentaire a rappelé les premières années d’un musicien appelé à devenir l’une des grandes figures du guembri, mais aussi l’un des artisans de l’ouverture de la tradition gnaouie à d’autres horizons musicaux.



Plusieurs voix ont accompagné ce retour en mémoire. Neila Tazi, fondatrice et productrice du festival, a rappelé la place particulière occupée par Mustapha Baqbou dans l’histoire de cette manifestation, ainsi que son rôle dans le rayonnement de la culture gnaouie au-delà du Maroc. Son frère, Ahmed Baqbou, est revenu sur ses débuts et sur cette immersion précoce dans un art transmis d’abord par la famille, le rituel et la pratique. Mohamed Derham a, pour sa part, évoqué les années Jil Jilala, période centrale dans le parcours du maâlem, au moment où la scène marocaine des années 1970 cherchait de nouvelles formes d’expression entre patrimoine, chanson populaire et souffle spirituel.

Le film a également donné la parole à Mehdi Nassouli, l’un de ses disciples, qui a rappelé ce que représentait l’apprentissage auprès de Maâlem Mustapha Baqbou.



Après les témoignages, la scène a laissé place à la musique. Hamza Baqbou, fils du défunt, est monté sur scène pour porter l’héritage de son père dans l’un des moments les plus attendus de la soirée. Entouré de maâlems venus célébrer cette grande figure de la tagnaouite, il a repris le flambeau avec une intensité visible, donnant au concert une dimension de transmission.

Maâlem Abdesslam Alikane, Maâlem Abdelkbir Merchane et Maâlem Mohamed Kouyou, proches de Mustapha Baqbou et figures respectées de la scène gnaouie, ont également pris part à cet hommage. À leurs côtés, Maâlem Najib Oubelquas, l’un de ses élèves, est venu rappeler la force du lien entre le maître et ceux qu’il a formés. Ensemble, ils ont fait revivre plusieurs titres forts du répertoire associé à l’artiste marrakchi, repris dans une atmosphère de ferveur par le public.

Malgré l’heure tardive, les spectateurs sont restés nombreux jusqu’à la fin, aux alentours de deux heures du matin. Portée par les rythmes du guembri, les chants et les applaudissements, cette dernière séquence a pris les allures d’un hommage collectif à l’un des grands hommes du guembri, célébré par la famille artistique qui l’a accompagné, admiré et prolongé.
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