Culture

Jazzablanca : après l'émotion du match Maroc-France, Mika invite le public à « Relax, Take It Easy »

Quelques minutes après l'élimination des Lions de l'Atlas en quart de finale de la Coupe du monde 2026, les festivaliers de Jazzablanca ont troqué l'émotion du football pour celle de la musique. Retransmis dans la fan zone du festival, le choc Maroc-France a laissé place au concert de Mika, qui a ouvert son spectacle avec « Relax, Take It Easy », offrant au public une transition aussi inattendue que symbolique.

Ph. Sradni

10 Juillet 2026 À 10:32

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À Jazzablanca, la musique a pris le relais du football. Jeudi soir, les festivaliers ont d'abord retenu leur souffle devant les écrans de la fan zone installée sur le site du festival pour suivre le quart de finale de la Coupe du monde entre le Maroc et la France. Au coup de sifflet final, qui a scellé l'élimination des Lions de l'Atlas (2-0), les visages étaient marqués par la déception. Quelques minutes plus tard, la scène Casa Anfa s'illuminait pourtant pour offrir au public un tout autre voyage.

Et le clin d'œil n'a échappé à personne. Dès son entrée sur scène, Mika a lancé les premières notes de « Relax, Take It Easy », comme une invitation à tourner la page de la déception sportive et à renouer avec l'esprit festif de Jazzablanca.

Accueilli dans une ambiance électrique, l'artiste est apparu vêtu d'un costume vert scintillant couvert de paillettes, fidèle à son univers haut en couleur. Entre chorégraphies, échanges avec le public et énergie débordante, il a rapidement transformé la scène Casa Anfa en une immense piste de danse.

Trois ans après son précédent passage à Casablanca, Mika a enchaîné plusieurs de ses plus grands succès, dont « Modern Times » et « Eleven », entraînant des milliers de festivaliers dans un concert généreux où les refrains étaient repris en chœur.

Un peu plus tôt dans la soirée, Charlotte Cardin avait ouvert les festivités sur cette même scène. La chanteuse canadienne, vêtue d'une longue robe blanche, a séduit le public avec l'élégance de son univers intimiste. Elle a interprété plusieurs de ses titres phares, parmi lesquels « Take Me Back », « Passive Aggressive », « Meaningless » et « Puppy », alternant puissance vocale et moments de délicatesse.

Entre deux chansons, l'artiste montréalaise s'est confiée avec humour sur les histoires d'amour qui inspirent une grande partie de son répertoire. Elle a également révélé qu'elle rêvait depuis longtemps de se produire au Maroc, une confidence chaleureusement saluée par les festivaliers.

Pendant ce temps, la scène 21 proposait un registre radicalement différent. La pianiste japonaise Hiromi Uehara a impressionné les amateurs de jazz par une démonstration de virtuosité, passant avec une étonnante aisance du piano au clavier, parfois même en jouant simultanément des deux instruments. Accompagnée d'un trompettiste, d'un bassiste et d'un batteur, elle a interprété des compositions issues de ses albums Sonic Wonderland et Out There, mêlant improvisation et énergie communicative.

La soirée s'est achevée sur cette même scène avec Fantastic Negrito. Guitare en bandoulière, l'artiste américain a livré un concert aux accents blues-rock et soul, porté par des riffs incisifs et une présence scénique généreuse. Des titres comme « An Honest Man » et « Chocolate Samurai » sont venus conclure une soirée où les émotions se sont succédé sans jamais se ressembler.

Entre la déception d'une élimination historique, l'effervescence de la fan zone et l'énergie communicative des artistes, cette quatrième soirée de Jazzablanca restera comme l'une des plus singulières de cette 19ᵉ édition, illustrant la capacité du festival à faire dialoguer les émotions collectives, qu'elles naissent d'un terrain de football ou d'une scène de concert.
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