Culture

La capitale mondiale du livre 2026 accueille la 7e édition du festival «Littératures itinérantes»

Dans le cadre de Rabat capitale mondiale du livre 2026 et dans un souci de promouvoir la lecture, la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM) abritera, les 10 et 11 octobre à Rabat, la 7e édition du festival «Littératures itinérantes».

06 Octobre 2026 À 16:59

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Placé cette année sous le thème «Le monde écrit par elles», cet événement culturel, qui vise à démocratiser la lecture, réunira trente écrivaines venues de douze pays, avec une programmation consacrée à la création littéraire féminine et au dialogue entre les cultures.



Les participantes venues du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, du Liban, de Palestine, de Syrie, de France, de Suisse, d’Espagne, du Cameroun, de La Réunion, du Canada et de la Martinique partageront leurs récits, leurs expériences, ainsi que leurs visions du monde avec un public assoiffé de culture et de littérature.

Comme à l'accoutumée, des écrivaines de renom sont programmées pour cette année. Parmi elles figurent notamment Viktor Lazlo, Atika Benzidane, Souad Benkirane, Zakya Daoud, Fawzia Zouari, Najat Vallaud-Belkacem, Maram al-Masri, Mona Azzam, Gaëlle Belem, Amira Ghenim, Elisabeth Granjon, Samia Issa, Latifa Labsir, Camille Laurens, Muriel Barbery, Asmaa Lamrabet et Nouzha Guessous.

Réfutant l'expression «Littérature féminine», Nadia Salmi précise dans une déclaration au Matin, que la créativité n'a pas de sexe. Considérée comme une militante inlassable du livre et de la lecture, elle œuvre inlassablement pour ce qu'elle appelle «la littérature des rues». «L'objectif de notre association, fait-elle savoir, est de faire déplacer les livres des rayons des librairies et des bibliothèques et de les mettre à la disposition du public dans des espaces ouverts.»

L'important pour Nadia Salmi est que le lecteur soit en contact direct avec l'autrice ou l'auteur dans l'objectif d'enrichir le débat et de désacraliser l'acte de lire. Selon Mme Salmi, cette orientation exprime la volonté du festival de «bâtir des ponts entre les cultures, entre les styles d’écriture, entre les points de vue, entre les livres eux-mêmes.»

Pour sa part, Driss El Yazami, membre du bureau de l’association, a mis l'accent sur le caractère particulier de cette édition, notamment en raison de son inscription dans la programmation de Rabat, capitale mondiale du livre 2026, et de son ouverture aux romancières, écrivaines et chercheuses.

Évoquant le concept de «Littératures itinérantes», Driss El Yazami souligne de manière catégorique : «Le Maroc ne souffre pas de crise de lecteurs, c'est plutôt l'offre qui est en déphasage avec la demande, d'où la nécessité pour les éditeurs et autres intervenants d'être plus imaginatifs. Il est impératif qu'ils s'adaptent aux besoins des lecteurs et qu'ils les ciblent mieux.»

Afin de créer les conditions propices à la lecture et à la découverte, des chapiteaux accueilleront, sur le parvis de la BNRM, les écrivaines ainsi qu’une librairie éphémère permettant aux visiteurs d’acquérir leurs ouvrages et de les faire dédicacer.

L’objectif est notamment de rapprocher les lecteurs des autrices, de faire découvrir de nouvelles voix et de permettre au public de rencontrer des écrivaines qu’il ne connaît parfois qu’à travers leurs livres ou leurs noms.

Une table ronde sera aussi consacrée à la thématique «Affirmation des littératures féminines marocaines», dans un contexte marqué par l’émergence de nouvelles romancières et par l’intérêt croissant de jeunes femmes pour l’écriture.

La programmation prévoit également un espace destiné aux enfants. Le ministère de la Culture mettra ainsi à disposition des organisateurs un bibliobus afin de proposer des activités aux plus jeunes pendant que leurs parents pourront assister aux rencontres et échanger avec les écrivaines.

La librairie du festival offrira par ailleurs aux visiteurs l’occasion de découvrir les œuvres des participantes et d’échanger directement avec elles. La clôture, prévue dimanche 11 octobre à 18h30, proposera enfin un spectacle littéraire intitulé «Faut-il tuer Shéhérazade?», conçu comme un procès imaginaire initié par le Parlement des écrivaines francophones.

Après avoir été présenté dans plusieurs pays, ce format hybride entre spectacle et théâtre donnera au public le rôle du jury. Le tribunal sera présidé par Frédérique Lantieri, journaliste et animatrice de l’émission «Faites entrer l’accusé» sur la chaîne publique française France 2.

Tout le monde s'accorde à dire que l’ambition de cette édition est d'en faire un événement célébrant le livre, la lecture, la créativité et le dialogue. La riche contribution des femmes à la création littéraire et le rôle du livre comme trait d’union entre les cultures et les générations ne sont plus à démontrer.
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