Culture

Le Festival national des arts populaires célèbre un patrimoine en mouvement

Pour sa 55e édition, le Festival national des arts populaires s’installe du 2 au 6 juillet au cœur des murs séculaires du Palais Badiî, de l’écrin intime de la Bahia ainsi qu’à l’esplanade de l’Hôtel de Ville. Entre une parade d’ouverture flamboyante et des nuits habitées par le souffle de 600 artistes, la Ville ocre célèbre l’immortalité de son patrimoine. Récit d’une ouverture hors du temps.

Ph. Saouri

04 Juillet 2026 À 11:19

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Le crépuscule tombait à peine sur l’avenue Mohammed V, jeudi 2 juillet courant, lorsque Marrakech a retenu son souffle. Devant l’Hôtel de Ville, une déferlante de couleurs, de rythmes ancestraux et de clameurs s’est ébranlée. Plus de 65 troupes et des centaines d’artistes ont entamé une marche de 5 kilomètres à destination du mythique Palais Badiî. Cette grandiose parade d’ouverture a instantanément rappelé pourquoi la Cité ocre demeure le cœur battant de la culture nord-africaine. Autour du thème évocateur «Les arts populaires, Trésors d’hier et d’aujourd’hui», le Festival renoue cet été avec sa légende.

Le retour aux sources sacrées du Palais Badiî

Le Palais Badiî, joyau architectural du XVIe siècle avec ses murailles de terre de Sienne et ses cigognes sentinelles, se transforme durant le Festival en une immense scène vivante. Les artistes, drapés dans leurs tenues traditionnelles et leurs parures chatoyantes, investissent le monument.

«C’est une édition exceptionnelle dans la mesure où elle revient encore une fois à ce lieu où se tenait auparavant le Festival. Quand les artistes sont là, ils se sentent heureux, ils sont chez eux, comme à la maison», souligne Mohamed Knidiri, président de l’Association Le Grand Atlas et directeur du Festival national des arts populaires (FNAP).

Et la magie opère sans artifice. Sous les projecteurs qui embrasent les vestiges de reflets pourpres, bleus et dorés, la première grande soirée a offert un spectacle total. Le public, envoûté, a vu se succéder les impressionnantes acrobaties collectives, les tableaux vibrants des troupes de l’Atlas comme l’Ahidous et l’Ahwash, la ferveur envoûtante des troupes gnaoua, ainsi que l’énergie singulière des fières troupes du Sud et la richesse de la région de l’Oriental. L’acoustique naturelle des hauts murs du Palais Badiî donne aux tambourins, aux flûtes et aux violons une résonance presque mystique, transformant la performance en communion.

La Bahia et les places publiques comme nouveaux refuges

L’ambition de cette 55e édition ne s’arrête pas aux portes du Badiî. Pour densifier l’expérience, l’organisation a imaginé un véritable parcours patrimonial en intégrant le somptueux Palais Bahia. Ce haut lieu historique accueille des soirées thématiques, véritables hommages intimistes aux différentes expressions du folklore marocain, où chaque nuit possède sa propre signature identitaire.

Un déploiement qui s’adapte avec agilité aux réalités de la ville tout en amenant l’art directement au peuple et aux visiteurs étrangers, alors même que la ville vibre simultanément au rythme du Mondial de football, projeté sur de grands écrans à travers la cité.

Une nuit de stars dédiée à Zina Daoudia

Fidèle à sa tradition moderne, le Festival s’apprête à célébrer une «Nuit des stars». Cette année, l’honneur revient de nouveau à une femme, qui a gravé son nom dans un genre musical profondément ancré dans l’inconscient collectif marocain : la Aïta. L’hommage sera rendu à la star de la musique chaâbi Zina Daoudia, saluée pour son parcours artistique. Sa présence symbolise brillamment le dialogue continu entre le passé le plus brut et la création contemporaine.

Porté par l’Association Le Grand Atlas en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, le FNAP 2026 prouve que le patrimoine immatériel n’est pas une relique, mais une force d’avenir, un trésor immortel qui continue d’éblouir le monde.
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