Culture

Casablanca : le théâtre comme levier de brassage cultuel et de rayonnement territorial

À travers la 19e édition du Festival international Théâtre et Cultures, la région de Casablanca-Settat affirme une politique culturelle structurée, entre rayonnement territorial, ouverture internationale et soutien à la création.

Ph. Seddik

09 Avril 2026 À 19:10

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Du 15 au 25 avril, la région de Casablanca-Settat accueille la 19e édition du Festival international Théâtre et Cultures, portée par un partenariat entre la Fondation des arts vivants et Casa Events et Animation. Au-delà de la programmation artistique, l’événement se veut l’expression d’une ambition assumée : Faire de la culture un levier d’attractivité territoriale, d’ouverture et de dialogue.

Une stratégie culturelle en consolidation

Le Festival s’inscrit dans une dynamique qui dépasse le seul cadre événementiel. Déployé dans plusieurs villes de la région, il participe à rapprocher la culture des publics et à structurer une présence artistique à l’échelle du territoire. Cette orientation traduit la vision portée par les autorités régionales, comme l’explique Abdellatif Maâzouz, président du Conseil de la région de Casablanca-Settat : «La culture constitue un levier essentiel de développement territorial. La promotion des arts contribue à renforcer l’attractivité de la région et à favoriser l’accès des citoyens à des expressions artistiques de qualité». Dans ce cadre, le Festival apparaît comme l’une des déclinaisons concrètes d’une politique visant à faire de la culture un outil de rayonnement et de cohésion.

Une ouverture internationale portée par le sens

Cette vision se matérialise par un choix artistique ouvert sur les scènes internationales. Noureddine Ayouch, président de la Fondation des Arts Vivants, en souligne la portée en rappelant que «c’est la première fois que nous invitons une troupe palestinienne», une participation qu’il inscrit dans une démarche à la fois artistique et symbolique.

Il en précise la singularité en évoquant «une grande comédienne, également metteuse en scène, qui se produira seule sur scène, avec une pièce qui traite du partage, de la reconnaissance et du pardon».

Au-delà de ce choix, se dessine une conception exigeante du théâtre, qu’il résume ainsi : «Le théâtre s’adresse à l’intelligence du spectateur, pas seulement à son émotion», avant d’ajouter, dans le prolongement, que «le théâtre nous fait vivre, rêver et penser».

À travers cette programmation, le Festival s’affirme ainsi comme un espace de circulation des œuvres et de croisement des regards, où le théâtre se conçoit autant comme une expérience sensible que comme un lieu de réflexion.

Un Festival qui gagne en maturité

Cette ouverture à l’international s’inscrit dans la continuité d’une dynamique engagée depuis plusieurs années, marquée par une montée en puissance progressive et un renforcement du positionnement du Festival. Amal Ayouch, comédienne et membre fondatrice de la Fondation des arts vivants, estime à cet égard qu’«il est important d’avoir un Festival professionnel de ce niveau», ajoutant que «nous avons réussi à attirer des troupes importantes et des figures comme le directeur du Festival d’Avignon». Elle exprime, dans le même ordre d’idées, la satisfaction liée à cette continuité : «Nous sommes très heureux de cette 19e édition du Festival».

Cette évolution se reflète d’ailleurs à travers une programmation qui conjugue diversité et cohérence, avec notamment une mise à l’honneur de la Palestine, «avec un hommage rendu à une grande comédienne et la présence d’une troupe palestinienne».

Mais au-delà des représentations, Amal Ayouch insiste sur un travail de fond mené tout au long de l’année, «notamment à travers des actions de formation», en particulier «la formation d’instituteurs pour créer un Festival national de théâtre pour enfants». Elle évoque enfin l’importance

des espaces de réflexion associés au Festival, destinés à «développer les échanges culturels entre les pays de la Méditerranée».

Entre modernité et dialogue des cultures

C’est dans cette perspective que le Festival prête une attention particulière aux mutations contemporaines du spectacle vivant. Adil Madih, directeur du Festival international Théâtre et Cultures de Casablanca, en esquisse les contours en soulignant que «cette édition est placée sous le signe du rêve, de l’espoir et d’un monde plus humain».

Il met aussi en avant l’intégration de thématiques actuelles, en précisant que «le Festival s’inscrit dans une réflexion sur le numérique, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle». À travers certaines créations, le Festival affirme ainsi son inscription dans son temps, sans se départir de sa vocation première : «Rapprocher les cultures et encourager le dialogue entre les peuples».
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