Nadia Ouiddar
15 Septembre 2026
À 17:47
Du 7 au 11 octobre, Casablanca ne se contentera pas d'accueillir un Festival : elle va, le temps de quelques jours, se transformer en une scène à ciel ouvert. Puis, du 12 au 14 octobre, le relais passera à Rabat, le temps d'une «Escale Rbatia» qui prolongera l'élan vers la capitale. Voilà douze ans que les Rencontres chorégraphiques de Casablanca (RCC) tissent ce fil discret mais tenace entre les villes, les scènes et les publics, douze ans à faire de la danse contemporaine un langage commun plutôt qu'un art de niche.
Placé sous l'égide du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, le Festival s'est imposé au fil des éditions comme l'un des rendez-vous incontournables de la danse contemporaine, non seulement au Maroc, mais à l'échelle du continent africain et du monde arabe.
Le Sud se parle au Sud
Cette édition met l'Afrique en mouvement au centre de son propos. Chorégraphes, danseurs et compagnies venus des quatre coins du continent ne viendront pas à Casablanca en simples invités de passage : ils s'y retrouveront comme les artisans d'une histoire commune, encore en train de s'écrire. L'idée n'est pas de représenter l'Afrique sur scène, mais de la faire dialoguer avec elle-même – de laisser circuler entre le Sud et le Sud ce qui, trop souvent, doit encore transiter par ailleurs pour trouver un public.
Dans le prolongement de cette dynamique, l'Arab Dance Platform ouvre un nouvel espace de circulation pour les artistes arabes. Ce réseau solidaire met en lien chorégraphes émergents et confirmés avec des festivals partenaires et des institutions internationales – des rencontres qui, souvent, suffisent à faire basculer une trajectoire artistique, en s'affranchissant autant des frontières que des inégalités géographiques et politiques qui pèsent sur la mobilité des créateurs.
Une vingtaine de spectacles, autant de manières de dire le monde
Au total, une vingtaine de spectacles composeront cette édition, portés par des artistes du Burkina Faso, du Mali, de Côte d'Ivoire, de Tunisie, du Maroc, mais aussi du Liban, de Syrie, de France, d'Italie, d'Espagne et de Suisse.
Autant de langages corporels, autant de façons de raconter les tensions, les beautés et les urgences de notre époque. Un fil commun traverse ces créations : le courage de se mettre à nu devant un public, pour parler vrai.
Danser sans distinction
Le Festival ne s'adresse pas qu'à ceux qui montent sur scène. Un Bal chorégraphique inclusif, mené avec le Centre chorégraphique national de Nantes, invitera chacun à danser, sans distinction ni barrière. En parallèle, résidences, ateliers, masterclasses et formations accompagneront danseurs marocains et artistes invités – la transmission, geste sans doute le plus politique d'un festival, occupant une place aussi centrale que la programmation elle-même.
Des rencontres professionnelles réuniront par ailleurs directeurs de structures, programmateurs et réseaux, pour penser ensemble mobilité, production et diffusion de la danse contemporaine.
Une conviction, une mission
Porté par la Compagnie Col'Jam, le Festival reste fidèle à une conviction simple : la danse contemporaine n'appartient à personne en particulier, elle doit pouvoir arriver jusqu'à tous.
Démocratiser la danse n'est donc pas un simple axe de programmation : c'est l'une des missions revendiquées par les RCC depuis leur création.