«Sons pour le Maroc» à Al Akhawayn : la musique comme langue de l’amitié italo-marocaine
C'est bien plus qu'un concert qui s'est joué à l’Auditorium de l'Université Al Akhawayn d'Ifrane ce lundi 2 novembre 2026. Dans le cadre de la 2ᵉ édition de «Sons pour le Maroc», la Fondation World Youth Orchestra a offert un véritable manifeste de diplomatie culturelle, où la grande musique occidentale a dialogué avec le patrimoine amazigh.
LE MATIN
03 Novembre 2026
À 16:20
Your browser doesn't support HTML5 audio
Organisé en collaboration avec l'Ambassade d'Italie à Rabat, l'Institut culturel italien de Rabat, l'INSMAC et l'ISADAC, avec le soutien du ministère italien du Sport et de la Jeunesse et de la Fondation CDP, ce projet s'inscrit pleinement dans les objectifs du Plan Mattei visant à faire de la jeunesse le moteur du dialogue entre l'Italie, le Maroc et la Méditerranée.
Loin d'une simple succession de morceaux, le concert-spectacle conçu par le Maestro Damiano Giuranna (direction musicale et violon) et Valeria Almerighi (mise en scène), avec le conseil scientifique de Sara Outamamat, a été pensé comme un tissage entre musique et récit populaire.
D'un côté, l'excellence de la tradition occidentale avec le Sextuor en si bémol majeur op. 18 n° 1 de Brahms et, de l'autre, la mémoire vivante des deux rives : Rijal Lablad, Moi Hana, Rozayal, Tarantella Amor d'oro in umil petto, Atbir, Natalis Regis Gloria, Palummella, des pièces traditionnelles italiennes et marocaines orchestrées par Mohcine Khnnous et Damiano Giuranna, qui ont alterné avec des contes amazighs comme «Le tamis du bien et du bien» et «Attouche et Fdayl», et des contes italiens de Giambattista Basile.
Cette rencontre a pris corps grâce à un ensemble intergénérationnel et interculturel unique, avec, du côté italien (World Youth Orchestra) : Giona Mason, Matteo Verzari, Francesco Ciancaleoni, Michele Vischi, Enrico Evgenij Zambon et, du côté marocain (INSMAC) : Warda Reda, Abderrahman Ouahidi, Majdouline Chahidi Ouazani (clavier), Mohammed Gaidi (qanun), Yassine Zeftari et Riad Chache (darbouka), et la voix du récit (ISADAC) : Sara Mansour, Mahdi Zriouali, Abderahman Senoussi, Yousra Dribla, Abdessamad Braimali. Un travail rendu possible par les séminaires de formation menés en amont à Rabat, véritable laboratoire humain et artistique.
Le sens donné par les officiels
Deux déclarations résument l'esprit de cette édition. «Ce n'est pas le premier projet culturel de coopération que nous menons ici à l'Université, avec laquelle nous entretenons depuis longtemps d'excellentes relations de collaboration. C'est un concert qui réunit de jeunes talents d'Italie et du Maroc. Ce soir, ce concert va rapprocher la tradition italienne et la tradition marocaine. Nous allons écouter un peu de musique, mais aussi des poésies issues de la littérature italienne, ainsi que de la tradition amazighe de ce merveilleux pays», a déclaré Serena Cinquegrana de l’Institut culturel italien de Rabat.
«Comme vous le savez, l'Université Al Akhawayn est bâtie sur le modèle américain, fondé sur les arts libéraux, les Liberal Arts. Au-delà de la formation technique, nous souhaitons que nos étudiants développent leurs connaissances dans de nombreux autres domaines. Notre manifestation est particulière, car elle est organisée en partenariat avec l'Ambassade d'Italie. L'importance de cet événement réside dans le travail artistique qui associe des écoles et des institutions marocaines dédiées aux arts et au théâtre», a ajouté pour sa part M. Chraïbi, doyen chargé des Affaires estudiantines à l’Université Al Akhawayn d’Ifrane.
C'est tout le sens des mots de l'Ambassadeur Pasquale Salzano : «La culture est un espace privilégié de rencontre entre les peuples», et du président de la WYO, Adolfo Vannucci : «La musique est le seul langage universel. Elle unit les peuples.» À Al Akhawayn, ce langage universel a parlé amazigh, arabe, italien et français, sans chronologie imposée, mais avec une seule évidence : la fraternité.