LE MATIN
04 Juin 2026
À 15:55
Cet évènement, programmé jusqu’au 8 juin courant en résonance directe avec la 29e édition du
«Festival de Fès des musiques sacrées du monde» (4-7 juin), placée sous la thématique
«Fès et les Mâalemines, gardiens du geste et du patrimoine», propose aux festivaliers et aux habitants un voyage dans les pratiques artisanales de la région, enracinées dans l’histoire et qui se renouvellent sans cesse.
Le parcours scénographique rassemble des matériaux ethnographiques, des photographies, des installations sonores et des séquences vidéo. Des outils de travail authentiques prêtés par les professionnels complètent ce dispositif pour permettre au public de mieux appréhender les techniques de production de ces métiers.
S’exprimant à la cérémonie d’ouverture de cette exposition, fruit d’un partenariat entre
l’Institut français de Fès, l’Association Fès-Saïss et la structure Culture Vultures, la Consule générale de France à Fès et directrice déléguée de l’Institut français,
Carine Foeller Viallon, a indiqué que cette collaboration tripartite traduit la volonté d’accompagner les événements culturels de la ville.
Elle a précisé que la mise en lumière de
l’artisanat marocain poursuit la réflexion entamée par le Festival sur la transmission des gestes ancestraux et la préservation du patrimoine immatériel.
Pour sa part, le président de la commission des médias et de la communication à l’Association Fès-Saïss,
Younes Saad Alami, a relevé la convergence thématique entre la programmation musicale et l’exposition, soulignant que cet espace partagé permet de documenter diverses disciplines traditionnelles, incluant le travail du cuir, la poterie, la menuiserie d’art et la ferronnerie.
L’installation de cette exposition au siège de l’Association Fès-Saïss offre, par ailleurs, l’opportunité aux visiteurs de redécouvrir la
galerie Dar Bacha Tazi, qui a bénéficié d’une réhabilitation complète.
Réalisée sous la direction de l’artiste plasticienne
Jessica Stephens, directrice de la structure Culture Vultures, l’exposition s’appuie sur un travail de terrain continu entamé depuis une vingtaine d’années.
Selon elle, l’approche adoptée s’étend au-delà du centre urbain de Fès pour inclure les créateurs de l’ensemble de la province, avec une intégration des localités de Taounate, de Guigou et de Séfrou. La démarche privilégie la collecte de récits directs et enregistrés pour illustrer la réalité quotidienne des différents corps de métier.
À travers cette exposition, l’idée des organisateurs est de faciliter l’accès aux pratiques artisanales méconnues et de susciter la réflexion du public sur son propre rapport aux traditions ancrées dans la région. Les visiteurs sont invités à parcourir ces installations durant toute la durée du Festival des musiques sacrées, favorisant ainsi le maintien des liens entre la création contemporaine et les systèmes de savoir locaux.