01 Octobre 2026 À 16:52
Présenté dans le cadre de la 19e édition du Festival international du film de femmes de Salé (FIFFS), qui se tient du 28 septembre au 3 octobre 2026, «Wolobougou» de la réalisatrice française Camille Varenne emmène le spectateur au Burkina Faso, au plus près d’une maternité rurale pas comme les autres.
À travers le quotidien d’Honorine Soma et de son équipe, le documentaire raconte bien davantage que le travail d’une sage-femme: il donne à voir une initiative portée par des femmes qui cherchent à améliorer l’accès aux soins tout en gagnant leur autonomie.
Le titre du film reprend celui de la clinique créée par Honorine Soma en 2016. «Wolobougou», qui signifie en bambara le lieu de la naissance, est le nom de cette maternité implantée à Farakoba, dans la périphérie de Bobo-Dioulasso.
Dans cette région où les distances, les difficultés économiques et l’accès parfois compliqué aux structures de santé constituent autant d’obstacles, la sage-femme a choisi de développer une prise en charge fondée sur la proximité et l’écoute.
Honorine Soma l’a confié à Salé: pour une réalisatrice, il est plus facile de pénétrer l’intimité d’une maternité, un lieu où une femme peut être accueillie plus aisément qu’un homme. Elle reconnaît que sage-femme n’est pas un métier d’artiste en apparence, mais elle y voit «de l’art autrement»: «C’est la vie finalement, on est tous artistes dans un domaine ou un autre».
Chaque métier, selon elle, peut servir de tremplin pour montrer le quotidien et la sororité, celle «des actions des femmes pour les femmes, avec les femmes». Une conception de la solidarité qui rejoint, pour elle, une certaine idée du féminisme: «Si aider les autres femmes et veiller sur l’égalité, c’est du féminisme, alors je suis féministe.»
En suivant une femme qui a choisi de placer la dignité et l’accueil au cœur de son travail, le film montre comment une initiative locale peut devenir, pour celles qui y participent, un véritable chemin vers l’autonomie.
Présenté au FIFFS, «Wolobougou» s’inscrit ainsi dans un cinéma qui place les femmes au centre du récit sans les réduire à leurs fragilités.À travers une maternité rurale, Camille Varenne filme autant le soin que les liens, la transmission et les formes d’autonomie qui peuvent naître d’une initiative portée collectivement. n
Biographie de la réalisatrice
Camille Varenne est une réalisatrice et programmatrice française dont le travail documentaire explore les questions féministes, sociales et décoloniales.
Après «Wéfo» (2015), «Pedra e Poeira» (2018) et «Blakata» (2019), elle réalise «Wolobougou», poursuivant son regard sensible sur les réalités du Burkina Faso.
Ses films sont présentés dans plusieurs festivals internationaux.
Fiche technique