Économie

Attijariwafa bank, titre à acheter avec un potentiel de hausse de 35% (Bmce Capital)

BMCE Capital Global Research (BKGR) recommande le titre Attijariwafa bank à l’achat et fixe une valorisation de 932 DH par action, soit un potentiel de hausse de 34,9% par rapport au cours du 23 septembre 2026. Le bureau de recherche table sur une accélération du produit net bancaire (PNB) à 37,1 milliards de dirhams en 2026 et sur un résultat net part du groupe de 11,6 milliards, porté par la dynamique du crédit, la baisse du coût du risque et une contribution croissante des activités internationales.

25 Septembre 2026 À 13:15

Attijariwafa bank conserve, selon BMCE Capital Global Research (BKGR), un potentiel de revalorisation important à la Bourse de Casablanca. Le bureau de recherche recommande le titre à l’achat avec une valorisation de 932 DH par action, faisant ressortir un potentiel d’appréciation de 34,9% par rapport au cours observé le 23 septembre 2026. Cette recommandation repose d’abord sur une accélération attendue de l’activité bancaire. BKGR anticipe un produit net bancaire consolidé de 37,1 milliards de dirhams en 2026, en progression de 6,3%, puis de 39,2 milliards en 2027, soit une nouvelle hausse de 5,7%. La marge d’intérêt devrait rester le premier moteur de revenus du groupe. Elle atteindrait 22,5 milliards de dirhams en 2026, en hausse de 6,5%, puis 23,8 milliards en 2027, soit +5,6%. Elle représenterait ainsi près de 61% du PNB. La marge sur commissions progresserait parallèlement de 5% en 2026, puis de 4,5% en 2027.



La croissance du PNB devrait se conjuguer à une amélioration du coût du risque pour soutenir les bénéfices. BKGR table sur un résultat net part du groupe de 11,6 milliards de dirhams en 2026, en progression de 9,1%, puis de 12,5 milliards en 2027, en hausse supplémentaire de 7,5%. Le bénéfice par action ressortirait ainsi à 54 DH en 2026, puis à 58,1 DH en 2027.

Le scénario de croissance repose largement sur l’accélération actuelle des crédits bancaires au Maroc, notamment ceux destinés à l’investissement. À fin juillet 2026, les crédits au secteur non financier ont augmenté de 10,1% pour atteindre 1.067,7 milliards de dirhams, dans un contexte où Bank Al-Maghrib prévoit une croissance économique de 5,2% sur l’année. Les crédits à l’équipement ont enregistré une progression encore plus marquée, de 32,3%, pour atteindre 344,2 milliards de dirhams à fin juin 2026.

Attijariwafa bank gagne du terrain sur le financement des entreprises

Attijariwafa bank apparaît particulièrement bien positionnée sur cette dynamique. Au premier semestre, ses crédits à l’équipement ont progressé de 36% à 142 milliards de dirhams, tandis que les financements aux entreprises ont augmenté de 14% à 227 milliards de dirhams. Cette évolution dépasse nettement la croissance de 8,2% enregistrée par l’ensemble du secteur bancaire sur les crédits aux sociétés non financières privées. Le groupe avait déjà capté 53% de la production de nouveaux crédits à l’équipement en 2025, selon BKGR. Le bureau de recherche estime que le segment Corporate restera le principal moteur de croissance, porté notamment par les infrastructures liées à la Coupe du monde, les projets d’énergies renouvelables ainsi que les investissements dans l’aéronautique et les véhicules électriques. L’encours total de crédits de la banque devrait ainsi atteindre 481,5 milliards de dirhams en 2026, en hausse de 7,5%, puis 515,2 milliards en 2027, soit +7%. Le portefeuille Retail au Maroc devrait progresser de 4% à 4,5%, tandis que le Corporate demeurerait le principal contributeur aux nouveaux financements.

Les dépôts non rémunérés représentent 74% des ressources

Le profil de financement constitue également l’un des points forts identifiés. À fin juin 2026, les dépôts consolidés d’Attijariwafa bank atteignaient 553,8 milliards de dirhams, dont près de 74% de ressources non rémunérées. Dans un contexte où le taux directeur demeure à 2,25%, cette structure permet à la banque de contenir son coût de refinancement et soutient directement la marge d’intérêt, qui a progressé de 8,2% au premier semestre 2026. Les dépôts consolidés devraient atteindre 569,4 milliards de dirhams en 2026, en hausse de 8%, puis 609,3 milliards en 2027, en progression de 7%. À titre de comparaison, ils s’établissaient à 486,8 milliards un an auparavant.

Le développement des encours ne s’accompagne pas, pour l’instant, d’une hausse équivalente du risque. Le coût du risque consolidé s’est réduit de 11,2% au premier semestre 2026, à 1,2 milliard de dirhams.

Sur base sociale, les créances en souffrance ont reculé de 0,8% à 21,3 milliards de dirhams. Le taux de contentieux s’est amélioré à 6,6%, contre 7% en 2025, tandis que le taux de couverture est passé de 68,7% à 69,4%. La comparaison avec le marché bancaire est favorable au groupe : les créances en souffrance du secteur ont augmenté de 3,1% en juillet, après +1,9% en juin, avec un taux de contentieux de 8,1%.

Des ratios de solvabilité au-dessus des minimums réglementaires

La solidité financière constitue un autre pilier de la recommandation de BKGR. Au premier semestre 2026, le ratio Tier 1 consolidé d’Attijariwafa bank s’est établi à 12%, soit un coussin de 298 points de base au-dessus du minimum réglementaire de 9%. En 2014, ce coussin n’était que de 120 points de base. Le ratio de liquidité LCR atteint pour sa part 180%, soit 80 points au-dessus du minimum réglementaire.

Sur base sociale, le Tier 1 atteint 15,7%, représentant une marge de 670 points de base au-dessus du minimum, tandis que le LCR ressort à 146%. Ces niveaux doivent permettre à la banque de continuer à accompagner la croissance des crédits sans contrainte immédiate sur ses fonds propres.

L’international apporte près de 30% des bénéfices

La contribution des filiales internationales représente également un relais important. Au premier semestre 2026, la banque de détail à l’international a généré 6,1 milliards de dirhams de PNB et 1,8 milliard de dirhams de RNPG. Elle représente ainsi 33,4% du PNB consolidé et 29,8% du RNPG, alors qu’elle ne pèse que 23,8% du total bilan du groupe.

Les crédits à l’économie ont augmenté de 6,4% à taux de change constants dans les pays de présence. Les rythmes attendus restent toutefois très différenciés : plus de 30% de croissance en monnaie locale en Égypte, entre 7% et 8% en Afrique de l’Ouest et environ 5% en Tunisie, où le poids du financement public continue de limiter la demande de crédit du secteur privé.

Compte tenu de ses marges de solvabilité, BKGR estime également crédible une reprise de la croissance externe. L’Afrique de l’Est pourrait constituer une zone de développement privilégiée, Attijariwafa bank n’y disposant actuellement d’aucune implantation bancaire.

« GOAL 2030 » après des objectifs 2025 déjà dépassés

Attijariwafa bank aborde son nouveau cycle stratégique après avoir dépassé plusieurs objectifs fixés précédemment. En 2025, son total bilan a atteint 795,9 milliards de dirhams, soit 109% de la cible, tandis que le PNB s’est établi à 34,9 milliards, représentant 116% de l’objectif annuel.

La banque a parallèlement accéléré sa digitalisation. Son Digital Acceleration Index est passé de 31 en 2019 à 74 en 2025, contre une moyenne sectorielle de 62. Au premier semestre 2026, 94,9% des transactions étaient réalisées via les canaux digitaux, contre 74,2% au premier semestre 2019. Les plateformes numériques ont comptabilisé 181,5 millions de connexions, contre 71,5 millions auparavant, soit une croissance annuelle moyenne de 14,2%. Dans le même temps, le réseau physique s’est stabilisé à 902 guichets permanents et 1.532 distributeurs automatiques, contre respectivement 904 et 1.561 à fin 2025.

L’enjeu se déplace donc progressivement de la seule acquisition de clients vers la monétisation d’une base déjà importante. Dans cette logique, le groupe accélère notamment sur l’intelligence artificielle et le digital avec SIMPLE, présentée comme la première néobanque au Maroc et conçue comme une Super App regroupant paiements, épargne, investissement et services du quotidien. Cette initiative intervient après la conquête de 200.000 nouveaux clients de la Banque économique sur le seul premier semestre 2026.

Le durcissement prudentiel de 2027 jugé absorbable

L’année 2027 apportera néanmoins de nouvelles contraintes réglementaires.

Un nouveau dispositif de classification et de provisionnement des créances remplacera la circulaire 19/G à compter du 1er janvier 2027. Il distinguera trois catégories (créances saines, sensibles et en souffrance) et couvrira un périmètre élargi de risques, incluant notamment crédit-bail, titres de créance et engagements hors bilan. Sa mise en œuvre sera toutefois étalée sur trois à sept ans, et jusqu’à dix ans pour certaines créances sensibles.

Parallèlement, Bank Al-Maghrib doit généraliser le SREP et rendre obligatoires les exigences additionnelles en fonds propres qui en découlent. Selon Fitch Ratings, les trois banques systémiques marocaines, dont Attijariwafa bank, pourraient ainsi voir leur exigence minimale de Tier 1 passer de 9% à 11%. Les trois établissements respectaient toutefois déjà ce seuil dès juin 2025. Avec un Tier 1 consolidé de 12% et de 15,7% sur base sociale au premier semestre 2026, Attijariwafa bank se situe déjà au-dessus du futur seuil envisagé.

Le groupe présente également un taux de contentieux de 6,6%, un taux de couverture de 69,4% sur base sociale et de 79,9% sur les encours dépréciés consolidés. Le management a par ailleurs indiqué que la banque avait été classée première lors du dernier exercice SREP de Bank Al-Maghrib. Pour BKGR, ces indicateurs rendent le durcissement prudentiel de 2027 absorbable sans remise en cause de la trajectoire de croissance.
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