Moncef Ben Hayoun
28 Septembre 2026
À 09:46
L’État entend fluidifier le traitement des
dossiers de subventions accordées aux
constructeurs et
fournisseurs automobiles. Porté depuis plusieurs années par le
Plan d’accélération industrielle, qui a structuré le développement du secteur autour d’une logique d’écosystèmes,
l’industrie automobile marocaine a enregistré des niveaux de croissance soutenus, tant en matière d’exportations que de création d’emplois, hissant le Royaume au rang de premier
constructeur automobile en Afrique. Ces performances ont permis de positionner le
Maroc sur les radars des plus grands
players industriels mondiaux.
Pour consolider cette dynamique, le
ministère de l’Industrie a mis en place un mécanisme d’appui à
l’investissement industriel reposant, entre autres, sur
l’octroi d’aides financières directes aux
constructeurs et aux
fournisseurs. Ces subventions couvrent plusieurs volets : le soutien spécifique aux constructeurs, la compensation de l’impact des taxes portuaires (import/export) et des surcoûts logistiques liés aux flux des constructeurs et de leurs fournisseurs, le remboursement du différentiel de transport des véhicules, ainsi que l’accompagnement des investissements capacitaires réalisés dans le cadre des
conventions d’investissement signées avec l’État.
Pour bénéficier de ces aides, chaque constructeur ou fournisseur dépose un dossier de déboursement auprès de la Direction des industries de l’automobile, qui procède à son évaluation et à la validation des pièces justificatives avant de déterminer le montant de la subvention à verser, et ce, conformément aux modalités de déboursement définies pour chaque type de subvention. C’est pour réduire les délais de traitement de ces dossiers, souvent volumineux et techniques, que le ministère a décidé d’agir.
Dans ce cadre, un
appel d’offres a été lancé pour une assistance technique destinée à accompagner la
Direction des industries de l’automobile dans la vérification, l’analyse et la validation des pièces justificatives des dépenses engagées par les constructeurs et fournisseurs, en vue d’accélérer le versement de la contribution financière de l’État. Au Maroc,
l’industrie automobile s’est progressivement érigée en pôle majeur en Afrique, grâce notamment à l’implantation de
constructeurs mondiaux ainsi qu’à la mise en place d’un écosystème intégrant plusieurs équipementiers. Récemment, ce dernier connaît un développement notable vers un nouveau palier avec l’attraction d’investissements dans la fabrication des
batteries électriques et la création de
centres de Recherche & Développement visant à positionner le pays sur la carte mondiale de la
production de véhicules électrifiés (Rapport 2025 de Bank Al-Maghrib – BAM).
Grâce à ces efforts, les
exportations de l’industrie automobile ont connu une progression remarquable avec un rythme annuel de 11,8% en moyenne entre 2014 et 2025, pour atteindre 157,6 milliards de dirhams en 2024 et 154,7 milliards l’année dernière, s’affirmant comme le premier secteur à l’export avec une part de 33% en 2025. Cette performance reflète la dynamique aussi bien du segment du câblage que de la construction, dont les parts des ventes dans le secteur s’élèvent à 37% et 40% respectivement. En dépit d’un environnement international complexe, marqué par une intensification de la concurrence et la montée du protectionnisme, l’industrie automobile nationale devrait pouvoir poursuivre son développement et préserver sa compétitivité grâce aux efforts consentis en termes d’attractivité des investissements directs étrangers dans les segments stratégiques, ainsi qu’à l’orientation vers l’électrification et le renforcement du contenu local des exportations. Les expéditions du secteur automobile devraient reprendre graduellement, après une quasi-stabilité en 2025, pour s’établir à 202,2 milliards en 2027, selon les dernières prévisions de BAM.