Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25% pour la sixième fois consécutive
À l’issue de sa troisième réunion de l’année 2026, le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25%, prolongeant ainsi le statu quo monétaire entamé en juin 2025. Cette décision intervient dans un contexte marqué par une inflation qui devrait rester modérée à moyen terme et par la consolidation attendue de l’activité économique, notamment hors agriculture.
LE MATIN
22 Septembre 2026
À 13:47
Le Conseil deBank Al-Maghrib a tenu le mardi 22 septembre sa troisième réunion trimestrielle de l’année 2026. Lors de cette session, il a analysé l’évolution de la conjoncture économique, les développements récents sur les plans externe et interne, ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de la banque centrale. Au niveau international, le Conseil a relevé la recrudescence des hostilités au Moyen-Orient et l’enlisement du conflit russo-ukrainien, qui exacerbent les perturbations des chaînes de production et d'approvisionnement notamment des produits énergétiques et alimentaires, ainsi que de certains intrants essentiels. Il en résulte une montée, accompagnée d’une forte volatilité, des cours des matières premières et une nette accélération de l’inflation. En revanche, la croissance mondiale reste relativement résiliente, soutenue notamment par l’essor des investissements liés à l’intelligence artificielle (IA), ainsi que par la hausse des dépenses publiques, en particulier dans le domaine de la défense.
Sur le volet des comptes extérieurs, la hausse des prix des produits pétroliers et de certains intrants, conjuguée au maintien des importations de biens d’équipement à des niveaux élevés, continuerait de peser sur la balance commerciale. La facture énergétique devrait ainsi bondir de 28,4% à 138,1 milliards de dirhams en 2026, avant de revenir à 116 milliards en 2027. Les achats de produits bruts augmenteraient de 53,4% cette année et de 8,3% l’année suivante.
Les acquisitions de biens d’équipement progresseraient, pour leur part, de 15,6% en 2026, puis de 8,8% en 2027, pour atteindre 250,7 milliards de dirhams. À l’export, les expéditions automobiles reprendraient progressivement après leur quasi-stabilité en 2025, pour atteindre 202,2 milliards de dirhams en 2027. Les ventes de phosphates et dérivés progresseraient de 9,7% en 2026, notamment sous l’effet de l’envolée des cours des engrais, puis de 12,1% en 2027, à 122,6 milliards de dirhams.
Parallèlement, les recettes voyages poursuivraient leur progression pour atteindre 160 milliards de dirhams en 2027, tandis que les transferts des MRE se consolideraient à 136,3 milliards. Dans ces conditions, le déficit du compte courant passerait de 2,4% du PIB en 2025 à 4,6% en 2026, avant de revenir à 3% en 2027.
Les recettes d’IDE représenteraient annuellement l’équivalent de 3,5% du PIB. En tenant compte notamment des financements extérieurs prévus du Trésor, les avoirs officiels de réserve atteindraient 502,8 milliards de dirhams fin 2026, puis 515,3 milliards fin 2027, soit l’équivalent de cinq mois et demi d’importations de biens et services.
Le crédit bancaire accélérerait à 8,1%
Concernant les conditions monétaires, le besoin de liquidité des banques devrait progressivement s’accentuer, principalement sous l’effet de la hausse prévue de la circulation fiduciaire, pour atteindre 168,2 milliards de dirhams en 2027.
Le crédit bancaire au secteur non financier devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib et les anticipations du système bancaire, accélérer nettement, passant de 4,8% en 2025 à 8,1% en 2026, avant de ralentir à 6,1% en 2027.
Après une appréciation de 2% en 2025, le taux de change effectif réel du dirham devrait se déprécier de 4,1% en 2026 et de 2% en 2027. Les évaluations trimestrielles de Bank Al-Maghrib indiquent toutefois que la monnaie nationale reste globalement alignée sur les fondamentaux économiques.
Un déficit budgétaire attendu à 3,4% du PIB
Enfin, sur le plan des finances publiques, l’exécution budgétaire des huit premiers mois de 2026 fait ressortir une hausse de 9,6% des recettes ordinaires, portée notamment par les recettes fiscales. Dans le même temps, les dépenses globales ont augmenté de 10,5%, essentiellement sous l’effet des dépenses de biens et services et des intérêts de la dette. En tenant compte de ces réalisations, de la Loi de Finances 2026, de la programmation budgétaire triennale 2026-2028, des 20 milliards de dirhams de crédits supplémentaires ouverts par le gouvernement en mai ainsi que des premières hypothèses du projet de Loi de Finances 2027, Bank Al-Maghrib prévoit un déficit budgétaire, hors produits de cession des participations de l’État, de 3,4% du PIB en 2026 et de 3,5% en 2027.