LE MATIN
10 Avril 2026
À 19:13
Les
bouteilles de gaz pourraient se faire rares dans les commerces les 21 et 22 avril. Les
distributeurs ont en effet décidé de suspendre leur activité durant ces deux jours, dans un mouvement de protestation contre la dégradation de leur situation financière. Selon
Mohamed Benjelloun, président de l’
Association des dépositaires et distributeurs de bouteilles de gaz, les flottes de distribution cesseront leurs tournées à ces dates. Cette suspension pourrait être prolongée jusqu’à quatre jours, en fonction de l’évolution de la situation. Les dépôts, en revanche, resteront ouverts pour permettre aux clients de s’approvisionner directement sur place, dans la limite des stocks disponibles.
À l’origine de cette décision, un constat partagé par les professionnels : la réduction continue de leurs marges. Le responsable rappelle que la dernière révision du cadre de rémunération remonte à 2016. À l’époque, les autorités avaient présenté cette mesure comme transitoire, en invitant les acteurs du secteur à poursuivre le dialogue avec les gouvernements suivants. Depuis, la situation s’est, selon les distributeurs, nettement détériorée. La crise liée à la pandémie de Covid-19 a fragilisé l’activité, tandis que la hausse des coûts s’est accentuée : pièces de rechange, entretien des camions, carburant, charges salariales, fiscalité ou encore cotisations sociales. L’augmentation des prix du gasoil, en particulier, pèse directement sur les coûts de distribution. Les professionnels affirment avoir multiplié les démarches auprès des autorités, sans obtenir de réponse jugée satisfaisante. La suspension de l’activité est ainsi présentée comme un ultime recours pour alerter sur une situation qu’ils estiment critique. « Les distributeurs attendent l’ouverture d’un dialogue sérieux et responsable pour garantir la continuité de ce service », souligne Mohamed Benjelloun.
Si elle se prolonge, cette interruption pourrait avoir des répercussions sur plusieurs secteurs fortement dépendants du gaz butane, notamment la restauration et les services. Elle pourrait également accentuer la pression sur les pouvoirs publics, appelés à intervenir pour éviter toute perturbation durable de l’approvisionnement en cette énergie essentielle au quotidien des ménages.