Rochdi Mokhliss
10 Juin 2026
À 16:33
Au terme de la séance du mardi 10 juin 2026, l’
indice MASI a abandonné 1,96% pour clôturer à 18.142 points, dans un volume global de transactions de 283 millions de dirhams. Cette nouvelle baisse intervient après une première semaine déjà orientée à la baisse et efface progressivement une partie des gains accumulés depuis le début de l’année. La contre-performance annuelle du marché ressort désormais à -3,73%. Au coup de cloche final de la séance, 45 actions ont clôturé dans le rouge, contre seulement 13 en hausse, tandis que 4 titres sont restés inchangés.
Les minières au cœur de la correction
Les valeurs minières, qui avaient été les grandes gagnantes des derniers mois grâce à la flambée des métaux précieux dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ont de nouveau concentré l'attention des investisseurs.
Managem, devenue récemment la première capitalisation de la
Bourse de Casablanca après son spectaculaire parcours boursier, a enregistré la plus forte baisse de la séance. Le titre a chuté de 9,77% à 14.800 dirhams, drainant à lui seul un volume de 103 millions de dirhams, soit plus du tiers des échanges de la journée.
La
Société Métallurgique d'Imiter (SMI) a suivi la même tendance. L'action a perdu 9,64% pour clôturer à 7.230 dirhams, avec un volume de transactions de 24 millions de dirhams, représentant le deuxième volume le plus important de la séance.
Autre valeur active du marché, Cosumar a mobilisé 23 millions de dirhams d'échanges, tout en reculant de 1,92% à 178 dirhams.
Cette correction intervient après plusieurs semaines de forte hausse des valeurs minières, alimentée par la progression des cours de l'or, de l'argent et d'autres métaux stratégiques sur les marchés internationaux.
Un marché partagé entre fondamentaux solides et incertitudes internationales
Selon les analystes, l'environnement de marché reste fortement influencé par les développements géopolitiques au Moyen-Orient. Ces tensions continuent de soutenir les cours des métaux précieux, favorisant ainsi les valeurs minières, tout en pénalisant les secteurs fortement exposés aux coûts énergétiques.
Le compartiment minier avait d'ailleurs été le principal moteur de la Bourse de Casablanca durant le mois de mai, avec une progression sectorielle de 21,36% sur un mois, portée essentiellement par la performance de Managem.
Sur le plan macroéconomique, plusieurs facteurs demeurent toutefois favorables au marché marocain. Les analystes soulignent notamment le succès de la récente sortie du Trésor sur les marchés internationaux ainsi que le maintien de l'inflation à des niveaux maîtrisés, deux éléments qui contribuent à renforcer la confiance des investisseurs.
Néanmoins, la place casablancaise reste sensible aux chocs externes, notamment à travers l'évolution des prix de l'énergie et les conséquences potentielles des tensions géopolitiques sur les chaînes d'approvisionnement mondiales.
Un rebond toujours possible mais sous conditions
Pour les analystes, le potentiel de poursuite du mouvement haussier observé depuis le début de l'année n'est pas remis en cause, mais plusieurs conditions demeurent nécessaires pour permettre au marché de retrouver une dynamique plus favorable.
Parmi ces facteurs figurent une désescalade plus franche des
tensions au Moyen-Orient, une détente durable des prix de l'énergie ainsi qu'un retour de la profondeur de marché. Sur ce dernier point, les experts relèvent que les volumes d'échanges restent inférieurs à ceux observés l'année précédente. Le volume moyen quotidien s'établit actuellement à 255 millions de dirhams, contre 378 millions de dirhams à fin mai 2025.
Dans ce contexte, la trajectoire du MASI demeure jugée constructive à moyen terme, mais reste étroitement dépendante de l'évolution du contexte macroéconomique international et du flux d'informations géopolitiques, qui continuent d'orienter le comportement des investisseurs sur la place casablancaise.