LE MATIN
04 Novembre 2026
À 10:35
La
simplification administrative pourrait franchir une nouvelle étape dans le cadre du dialogue entre le
secteur privé et les
pouvoirs publics. Lors d’une séance de travail tenue le 3 novembre 2026 à Casablanca, le président de la CGEM,
Mehdi Tazi, et le ministre de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’Administration,
Ahmed Rahhou, ont examiné plusieurs pistes destinées à améliorer le
climat des affaires et à renforcer la
compétitivité de l’économie marocaine.
Au centre des discussions figure la nécessité de revoir en profondeur les démarches imposées aux entreprises. Selon la CGEM, la complexité de certaines
procédures administratives continue de constituer un frein majeur à
l’investissement et au développement des
activités économiques.
L’une des pistes évoquées consiste à envisager, pour certaines activités, le remplacement des
régimes d’autorisation préalable par des
cahiers des charges clairement définis. Une évolution qui permettrait de privilégier le respect d’exigences préétablies plutôt que l’obtention systématique d’une autorisation avant le démarrage d’une activité.
Les échanges ont également mis en évidence la nécessité d’aller au-delà de la simple
dématérialisation des formalités. Pour la CGEM, la
transformation numérique de l’administration doit s’accompagner d’une
refonte des procédures elles-mêmes, afin de les rendre plus simples, plus rapides et plus intuitives pour les
investisseurs et les
entreprises.
Autre priorité abordée lors de cette rencontre : l’ouverture et la
valorisation des données, notamment celles détenues par les
organismes publics. L’objectif évoqué est de permettre aux
entreprises et aux
startups d’exploiter davantage ces ressources pour développer de nouveaux services et des solutions innovantes. Cette orientation s’inscrit dans les discussions sur le renforcement de l’écosystème numérique national et sur les moyens de favoriser l’émergence de nouvelles activités économiques.
La place du
Maroc dans la chaîne de valeur de
l’intelligence artificielle a également été examinée. Les discussions ont notamment porté sur le développement à grande échelle des compétences nécessaires à cette
transformation technologique. L’adaptation des cursus de formation, aussi bien dans l’enseignement public que privé, aux besoins des entreprises a été identifiée parmi les priorités.
L’enjeu est de mieux articuler les
dispositifs de formation avec les
compétences recherchées par les
acteurs économiques, dans un contexte où l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour la transformation des entreprises.
Le soutien aux
startups a constitué un autre volet de la séance de travail. Les deux parties ont souligné la nécessité de disposer d’une
définition opérationnelle partagée de la startup. Cette clarification est notamment envisagée pour faciliter la mise en œuvre des
dispositifs publics de soutien, qu’il s’agisse des
mécanismes d’accompagnement ou des conditions d’accès à la
commande publique. Aucune définition commune n’a toutefois été annoncée à l’issue de cette rencontre.
La séance de travail s’est déroulée en présence de plusieurs responsables de la CGEM, dont Reda Lahmini, président de la Commission Attractivité et Climat des Affaires, Mohamed Benouda, président de la Commission Intelligence artificielle et Transformation de l’Économie, Hassan Belkhayat, président de la Commission Études et Intelligence économique, et Hamza Rkha, président de la Commission Accélération des Startups. Samia Terhzaz, directrice générale déléguée de la Confédération, a également pris part aux échanges.
À l’issue de la rencontre, la CGEM et le ministère ont convenu d’engager, à court terme, plusieurs chantiers conjoints autour des priorités identifiées, avec pour objectifs d’accélérer l’investissement, d’améliorer la compétitivité et de stimuler l’innovation.