Économie

Coup d’envoi d’Ecomondo à Rimini, avec la circularité comme fil rouge

Le salon italien Ecomondo a ouvert mardi 3 novembre, à Rimini, sa 29e édition. Jusqu’au 6 novembre, entreprises, chercheurs et décideurs publics s’y retrouvent autour de la gestion des ressources, des transformations industrielles liées à la transition écologique et des technologies de l’économie verte, bleue et circulaire. Plus de 1.800 marques exposantes participent à cette édition, qui accorde une attention particulière à la coopération avec la Méditerranée et l’Afrique.

04 Novembre 2026 À 08:50

Inauguré en présence de Gilberto Pichetto Fratin, ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, et avec un message vidéo d’Adolfo Urso, ministre des Entreprises et du Made in Italy, Ecomondo met cette année en discussion les liens entre durabilité, développement industriel et compétitivité. Organisé par Italian Exhibition Group (IEG), le salon vise à rapprocher les acteurs de ces secteurs, à faciliter les partenariats commerciaux et à favoriser le transfert de technologies.



À l’ouverture de la cérémonie, Maurizio Ermeti, président d’IEG, a souligné que « l’économie verte devient de plus en plus stratégique pour la croissance et la compétitivité du tissu industriel national, et Ecomondo est à l’avant-garde de cette transformation ». Il a également rappelé que le salon s’est imposé comme une référence à l’échelle européenne et prend une importance croissante sur les marchés internationaux.

Pour Gilberto Pichetto Fratin, la durabilité représente des possibilités d’innovation et de croissance pour les secteurs productifs et manufacturiers. « La transition ne doit pas être considérée comme un ensemble de contraintes », a-t-il déclaré, mais comme une évolution des modèles de production et de consommation vers davantage d’efficacité : « mieux utiliser les ressources, réduire les déchets et créer de la valeur tout en limitant les impacts sur les écosystèmes ». Le ministre a présenté Ecomondo comme « le lieu où cette vision prend forme grâce à l’échange d’idées et à la promotion des bonnes pratiques ».

Dans son message vidéo, Adolfo Urso a insisté sur la dimension stratégique de cette évolution : « La durabilité n’est plus seulement une question environnementale ; elle concerne également l’industrie et la géopolitique. » Face à la compétition mondiale pour les matières premières, l’énergie et les technologies, il a rappelé l’enjeu de réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs. « C’est pourquoi nous avons fait de la circularité une politique industrielle, y compris dans le domaine des matières premières critiques », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de transformer le leadership italien dans l’économie circulaire en avantage concurrentiel.

La cérémonie s’est également déroulée en présence de Jamil Sadegholvaad, maire de Rimini, de Fabrizio Lobasso, directeur général adjoint chargé de la croissance et de la promotion des exportations, et directeur central chargé du « Sistema Italia » et des investissements au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, de Maurizio Forte, directeur central chargé des secteurs de l’exportation à l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE) et de Michele de Pascale, président de la Région Émilie-Romagne.

Un pavillon pour le textile, un nouvel espace pour les associations africaines

Selon les organisateurs, cette édition affiche une occupation record du parc des expositions, avec environ 170.000 m² répartis sur 30 pavillons et une hausse de 19 % du nombre d’exposants étrangers par rapport à 2025. Le dispositif organisé avec le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et l’ICE prévoit également l’accueil de plus de 1.000 acheteurs invités.

Le Maroc figure parmi les pays cités comme participants, aux côtés notamment de l’Égypte, de la Grèce, de la Serbie, de la Hongrie, de l’Espagne et de l’Afrique du Sud. Le Mexique devient, pour sa part, le premier pays invité de l’histoire du salon.

Parmi les nouveautés, un pavillon entier est désormais consacré au textile. L’espace dédié aux déchets considérés comme une ressource a été agrandi, tandis que celui du cycle de l’eau et de l’économie bleue a été réorganisé, avec des zones réservées aux systèmes de contrôle pour la surveillance intelligente des réseaux et la gestion durable des ressources hydriques.

La création de l’Africa Investment HUB, consacré à la mise en réseau et aux rencontres d’affaires des associations africaines, renforce cette dimension internationale. La sixième édition de l’Africa Green Growth Forum figure également au programme, en collaboration avec la task force chargée de la mise en œuvre du Plan Mattei de la présidence du Conseil des ministres italien, Confindustria Assafrica & Mediterraneo et RES4Africa.

L’eau et les ressources au cœur des échanges méditerranéens

La cérémonie d’inauguration a été suivie de l’ouverture des 15es États généraux de l’économie verte, organisés par la Fondation pour le développement durable avec le ministère de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, sous le patronage de la Commission européenne et du ministère des Entreprises et du Made in Italy. La séance plénière a donné lieu à la présentation du Rapport 2026 sur l’état de l’économie verte. Mercredi 4 novembre, une seconde plénière, organisée avec Italy for Climate, portera sur les « Perspectives de l’économie verte dans un contexte mondial imprévisible ».

Deux rencontres inscrites au programme du premier jour mettaient particulièrement l’accent sur la Méditerranée. La première, intitulée « Solutions technologiques pour la récupération des ressources issues des produits et matériaux en fin de vie dans l’espace méditerranéen », prévoyant la présentation de technologies émergentes permettant de réintroduire des matières dans les cycles de production. La seconde, « Résilience hydrique en Europe et au-delà : coopération euro-méditerranéenne, innovation et leadership mondial », aborde l’eau sous l’angle de la coopération régionale et internationale.

Au total, plus de 70 événements, conférences et ateliers sont organisés par le Comité technique et scientifique international d’Ecomondo, présidé par le professeur Fabio Fava, auxquels s’ajoutent les rendez-vous des partenaires et des exposants. Les discussions couvrent notamment les politiques européennes, l’utilisation efficace des ressources, la finance, la restauration des sols, les bioénergies et l’adaptation au changement climatique.

L’innovation et les compétences au programme

L’Innovation District accueille de nouveau 20 start-up et PME innovantes, sélectionnées à l’issue d’un appel à candidatures. Leurs technologies concernent notamment la récupération et la réutilisation des eaux grises, la dégradation des PFAS, le recyclage des batteries au lithium, la production d’aimants permanents à partir de terres rares recyclées et le suivi intelligent des consommations énergétiques industrielles.

Le salon aborde aussi les compétences avec Green Jobs & Skills, qui vise à rapprocher l’offre et la demande d’emploi dans les activités liées à la transition écologique. Des rencontres et ateliers sont prévus les 5 et 6 novembre, notamment autour des besoins en compétences et des difficultés de recrutement.
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