Majda Fadili
06 Novembre 2026
À 09:20
Les relations entre l’
Italie et l’
Afrique ont été examinées à travers deux enjeux : la gestion durable de l’
eau et les possibilités de développement du
secteur agricole africain. Réunis jeudi 5 novembre pour la sixième édition de l’
Africa Green Growth Forum, les participants ont discuté du rôle du
Plan Mattei dans la promotion de modèles de coopération associant institutions, organisations internationales et entreprises.
Pour
Fabio Fava, président du Comité technique et scientifique d’
Ecomondo, les perspectives de coopération doivent être appréciées à la lumière des transformations et des ressources du continent. « L’Afrique connaît l’une des croissances démographiques et urbaines les plus rapides au monde », a-t-il souligné. Il a également rappelé qu’elle abrite « certaines des plus importantes réserves de matières premières critiques » et dispose d’un potentiel considérable dans les
énergies renouvelables, ainsi que d’atouts liés à sa biodiversité et à sa capacité de séquestration du carbone.
La coopération avec l’Afrique représente ainsi, selon lui, une opportunité stratégique pour accompagner les transitions verte et numérique à l’échelle mondiale, en assurant un approvisionnement durable en ressources et en soutenant l’innovation et la résilience. Dans cette perspective, il a appelé l’Afrique et l’
Europe à renforcer le partage des connaissances et des technologies ainsi que leur sécurité mutuelle. « L’Italie peut jouer un rôle de passerelle et faciliter cette coopération, qui doit être équitable, durable et fondée sur la coconception et le codéveloppement », a-t-il affirmé.
Organisée avec la task force chargée de la mise en œuvre du Plan Mattei de la présidence du Conseil des ministres,
Confindustria Assafrica & Mediterraneo et
RES4Africa, la rencontre a également mis en avant la contribution du secteur privé à la croissance durable de l’Afrique.
Les travaux ont été ouverts par Fabio Fava ;
Fabio Massimo Ballerini, membre de la task force du Plan Mattei auprès de la présidence du Conseil des ministres ; et
Francesco Corvaro, envoyé spécial pour le changement climatique du ministère italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique.
Une table ronde a ensuite porté sur les défis et les possibilités d’investissement privé dans le cadre de la
Water Forward Initiative. Des études de cas consacrées à la
gestion de l’eau pour les usages productifs ont complété les échanges.
Au-delà des ressources et des technologies, Fabio Fava a insisté sur les retombées attendues de la coopération : « Ce partenariat doit favoriser l’emploi, la stabilité et une croissance inclusive, contribuer à réduire les inégalités et ouvrir de nouveaux marchés et de nouvelles perspectives de part et d’autre. »
L’économie verte face aux enjeux de croissance et de dépendance aux ressources
Les 15es
États généraux de l’économie verte, organisés les 3 et 4 novembre par la Fondation pour le développement durable, ont pour leur part abordé la dimension économique et stratégique de la
transition écologique.
À l’ouverture des travaux,
Edo Ronchi, président de la Fondation, a rappelé les conclusions du rapport annuel 2025 « Partnership for Action on Green Economy », réalisé avec cinq agences des Nations unies. Celui-ci présente la transition écologique comme « une nécessité structurelle pour la stabilité socioéconomique de nombreux pays », susceptible de constituer « un moteur concret d’inclusion sociale et de croissance économique ».
Le constat italien reste toutefois critique. « La situation générale de la transition est critique, avec seulement quelques signes positifs limités », a relevé Edo Ronchi. Il a néanmoins cité une enquête IPSOS montrant un renforcement de la dynamique en faveur des initiatives vertes chez les citoyens et les entreprises.
Lors de la session internationale organisée avec
Italy for Climate, Raimondo Orsini, directeur de la Fondation, a insisté sur la portée de l’économie verte dans un contexte de guerres, d’inégalités sociales et de tensions géopolitiques. Selon lui, elle « réduit les risques liés à la
crise climatique et permet de moins dépendre des importations de
combustibles fossiles et de matières premières ».