Économie

Entrepreneuriat féminin au Maroc : les pistes pour faciliter l’accès au crédit (OCDE)

Au Maroc, 20 points de pourcentage séparaient encore les femmes et les hommes dans la détention d’un compte en 2024, selon un rapport de l’OCDE. Pour les entrepreneures, la difficulté se prolonge lorsqu’il faut financer le lancement ou la croissance d’une activité. Du microcrédit aux prêts assortis de garanties, le rapport examine les moyens d’élargir l’accès au financement.

07 Novembre 2026 À 21:46

Comment obtenir un prêt pour démarrer une activité quand on dispose de peu de biens à donner en garantie ou que l’on a rarement emprunté auprès d’une banque ? Ces deux obstacles figurent parmi ceux que l’OCDE relève dans son rapport sur le financement de l’autonomie économique des femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Au Maroc, l’écart de 20 points dans la détention d’un compte en 2024, comparable à celui observé en Jordanie, donne la mesure des inégalités d’accès aux services financiers de base. Le rapport ne chiffre toutefois pas l’écart entre femmes et hommes dans l’obtention d’un crédit professionnel au Maroc.



Les besoins de financement changent aussi avec la taille et le stade de développement de l’activité. Un microcrédit peut permettre d’acheter du matériel ou de constituer un premier stock. Pour une PME qui cherche à augmenter sa production, la question porte aussi sur le montant du prêt, la durée du remboursement et les garanties exigées. L’OCDE examine à cet égard les mécanismes qui permettent de partager le risque avec le prêteur ou d’adapter les remboursements aux recettes de l’entreprise.

Une levée de 200 millions de dirhams pour financer des activités portées par des femmes

Au Maroc, l’OCDE revient sur l’expérience de la Banque Centrale Populaire (BCP), qui a levé 200 millions de dirhams en décembre 2021 auprès d’investisseurs institutionnels marocains. Les fonds de cette émission obligataire ont été mis à la disposition de sa filiale Attawfiq Micro-Finance pour financer des activités génératrices de revenus portées par des femmes, notamment celles éloignées des circuits bancaires classiques. Selon FSD Africa, cité par l’OCDE, l’opération a permis de soutenir 17.080 microcrédits. Le rapport comptabilise les prêts accordés. Il ne précise pas combien de femmes distinctes en ont bénéficié ni comment leurs activités ont évolué par la suite.

D’autres programmes s’attachent à adapter les services financiers aux besoins des entrepreneures. Dans le cadre de Women in Business, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et l’Union européenne accompagnent des institutions marocaines de microfinance, avec un volet d’éducation financière et des actions destinées à atteindre les femmes en milieu rural. Le programme régional InclusiveNissa’, auquel participe le Maroc, expérimente pour sa part des microcrédits sans garantie, des outils d’épargne numérique et des formules de prêt collectif adaptées aux besoins des femmes.

De l’objectif affiché aux financements obtenus

En 2022-2023, 53 % des engagements d’aide publique bilatérale au développement examinés par l’OCDE dans les secteurs économiques et productifs retenus au Maroc intégraient un objectif d’égalité femmes-hommes, contre 47 % dans les huit économies étudiées. Dans le portefeuille marocain, cet objectif était le plus souvent intégré à des programmes plus larges. Le rapport ne détaille pas la part des sommes effectivement versées aux entrepreneures.

Pour l’OCDE, les résultats dépendent autant des conditions de financement que des montants mobilisés. Une garantie peut faciliter l’octroi d’un prêt, tandis qu’un accompagnement à la préparation du dossier ou à l’accès aux marchés peut aider l’entrepreneure à concrétiser son projet. Le suivi de ces dispositifs gagnerait ainsi à documenter qui obtient un financement, à quelles conditions et ce que ce financement permet de réaliser, du démarrage d’une activité à son développement.
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