Économie

Entrepreneuriat social : un diagnostic national en projet pour poser les bases d’un cadre structuré

À travers un diagnostic national et un benchmark international, le département de l’Économie sociale et solidaire et l’Agence de coopération allemande lancent un chantier stratégique pour mieux structurer l’entrepreneuriat social au Maroc. Un secteur en forte dynamique, mais encore fragmenté, appelé à jouer un rôle croissant dans l’inclusion économique et le développement territorial.

Le Maroc compte aujourd’hui plus de 130.000 associations, dont les fondations, et plus de 40.531 coopératives avec 646.901 adhérents et un capital de 7 milliards de dirhams.

27 Avril 2026 À 11:56

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Le chantier de développement de l’entrepreneuriat social au Maroc franchit une nouvelle étape. La coopération allemande, à travers l’Agence de coopération allemande (GIZ), planche, en effet, sur la réalisation d’un diagnostic national couplé à un benchmark international du secteur. Une initiative visant à mieux cerner les dynamiques en cours et à positionner le Royaume dans les standards internationaux. Inscrite dans le cadre du projet «SOF», l’étude traduit une volonté claire de l’État : passer d’une perception encore diffuse de l’entrepreneuriat social à une lecture structurée, documentée et comparable à l’échelle internationale. L’objectif est double : d’un côté, dresser un état des lieux précis de l’écosystème marocain – acteurs, modèles économiques, cadres juridiques, mécanismes de financement ; de l’autre, confronter cette réalité aux expériences étrangères afin d’identifier les bonnes pratiques transférables.



Au-delà de l’exercice analytique, le projet vise à produire des recommandations opérationnelles. L’enjeu est de fournir aux décideurs publics, aux bailleurs et aux acteurs de terrain des outils concrets pour structurer un secteur encore en construction. Car si les initiatives sociales se multiplient, elles évoluent souvent dans un environnement fragmenté, marqué par l’absence de cadre spécifique et de mécanismes d’accompagnement adaptés.

Le recours à un benchmark international traduit également une ambition stratégique : inscrire le Maroc dans une dynamique globale, en s’inspirant des écosystèmes les plus avancés. L’idée n’est pas de dupliquer des modèles, mais d’identifier les leviers d’adaptation pertinents au contexte national.

Ce diagnostic intervient dans un contexte où les questions d’inclusion économique, d’innovation sociale et d’impact prennent une importance croissante. L’entrepreneuriat social apparaît ainsi comme un outil potentiel pour répondre à des défis structurels, notamment en matière d’emploi, de services de proximité et de développement territorial.

Le Maroc compte aujourd’hui plus de 130.000 associations, fondations comprises, et plus de 40.531 coopératives regroupant 646.901 adhérents pour un capital de 7 milliards de dirhams. Le secteur est également constitué de 63 mutuelles couvrant 4 millions de bénéficiaires, avec 5 milliards de dirhams de cotisations, ainsi qu’un potentiel « très important » de micro-entreprises et d’auto-entrepreneurs.
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