Économie

Gazoduc africain Atlantique : Benkhadra détaille les retombées attendues pour les pays traversés

En marge de la 69e Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM, est revenue dans un entretien accordé à Africa24 sur les enjeux et les perspectives liés à la signature de l’accord intergouvernemental pour la mise en œuvre du Gazoduc africain Atlantique Nigeria-Maroc. Rentabilité du projet, redevances de transit, industrialisation, emplois et valorisation des ressources africaines : la responsable détaille les principales retombées attendues pour les pays concernés.

02 Octobre 2026 À 10:26

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La signature de l’accord intergouvernemental constitue « une étape majeure » dans le développement du Gazoduc africain Atlantique Nigeria-Maroc. C’est ce qu’a souligné Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), dans un entretien accordé à Africa24 en marge de la 69e Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO.

Pour la responsable, cette avancée doit permettre au projet de franchir de nouvelles étapes grâce à la mise en place d’un cadre juridique et de gouvernance auquel adhèrent les États concernés. L’objectif est notamment d’aboutir à une gouvernance unifiée et à un espace réglementaire adapté, tout en tenant compte de la souveraineté et des dispositions propres à chaque pays.

Mme Benkhadra rappelle que les États concernés travaillent depuis plusieurs années, aux côtés de la CEDEAO, à la mise en place du cadre réglementaire et fiscal nécessaire à l’avancement du projet. Initié sous l’impulsion de S.M. le Roi Mohammed VI et de l’ancien président nigérian Muhammadu Buhari, et aujourd’hui soutenu par le président Bola Tinubu, le gazoduc porte, selon elle, une ambition qui dépasse largement le seul transport de gaz.

Le projet doit en effet contribuer à accélérer l’accès à l’énergie et l’électrification des pays de la région, mais également soutenir leur développement économique, social et industriel. Un enjeu majeur sur un continent où, rappelle la directrice générale de l’ONHYM, quelque 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à une énergie durable.

Mme Benkhadra insiste également sur la dimension économique du projet. Selon elle, les études détaillées d’ingénierie ainsi que les évaluations économiques et financières déjà réalisées montrent que le gazoduc est rentable. Les pays concernés devraient notamment bénéficier de redevances annuelles liées au transit du gaz.

Mais les retombées attendues vont bien au-delà de ces recettes. L’infrastructure doit permettre de valoriser les ressources gazières disponibles le long de la façade atlantique. Outre le Nigeria, Mme Benkhadra cite notamment la Mauritanie, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Le gaz disponible dans ces pays pourrait être acheminé vers les marchés de la région, tandis qu’une partie pourrait être exportée vers l’Europe, contribuant ainsi à renforcer l’intégration énergétique entre l’Afrique et l’Europe.

L’autre effet structurant attendu concerne l’industrialisation. L’accès à une énergie durable pourrait favoriser le développement de secteurs fortement consommateurs d’énergie, notamment les industries minières, la sidérurgie et le ciment. Amina Benkhadra met à cet égard en avant les importantes ressources dont disposent les pays de la région en minerai de fer, en bauxite et en minerais stratégiques.

L’enjeu est notamment de développer davantage la transformation locale des matières premières afin de créer plus de valeur ajoutée et de contenu local dans les chaînes de valeur. L’énergie fournie grâce au gazoduc pourrait ainsi accompagner le développement de nouvelles activités industrielles dans les pays concernés.

Le projet devrait également générer des emplois et favoriser le développement des compétences locales. Selon Mme Benkhadra, les besoins ont été évalués par sous-région afin de mesurer les retombées attendues tout au long des phases de construction et de développement. Le projet devrait notamment contribuer à renforcer les capacités locales en ingénierie et dans les métiers techniques.

Les petites et moyennes entreprises sont également appelées à prendre part à cette dynamique en participant aux différentes activités liées au projet. Pour la directrice générale de l’ONHYM, les bénéfices attendus sont ainsi « très diversifiés » et ne se limitent pas aux seules retombées financières.

À travers ces différents leviers, le Gazoduc africain Atlantique Nigeria-Maroc est présenté comme une infrastructure d’intégration régionale à plusieurs dimensions : énergétique, industrielle, économique et sociale. La signature de l’accord intergouvernemental doit désormais fournir le cadre commun nécessaire pour faire avancer ce projet stratégique associant les États de la façade atlantique africaine.
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