Économie

Gazoduc Africain Atlantique : Le Maroc et le Nigeria passent à la vitesse supérieure

Le Maroc et le Nigeria envisagent de signer, au quatrième trimestre 2026, un accord intergouvernemental pour accélérer le projet de Gazoduc Africain Atlantique reliant les deux pays sur près de 6.900 km. Estimé à 25 milliards de dollars, le pipeline devrait acheminer jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, selon des informations rapportées par Reuters.

13 Mai 2026 À 11:05

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Le Maroc et le Nigeria poursuivent les discussions autour du projet stratégique du Gazoduc Africain Atlantique, considéré comme l’un des plus ambitieux chantiers énergétiques du continent. Les deux pays visent désormais la signature d’un accord intergouvernemental au quatrième trimestre 2026 afin d’accélérer la mise en œuvre du projet.

Selon des informations rapportées par Reuters, citant le ministère nigérian des Affaires étrangères, cet accord devrait être conclu entre S.M. le Roi Mohammed VI et S.E.M. Bola Tinubu, président de la République fédérale du Nigeria, à la suite des études techniques préliminaires déjà réalisées.

Cette avancée a été évoquée lors d’un entretien téléphonique, tenu le 8 mai, entre le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita et son homologue nigériane Bianca Odumegwu-Ojukwu, selon la même source.

Un projet d’intégration énergétique continentale

Lancé il y a près d’une décennie, le Gazoduc Africain Atlantique prévoit la construction d’un pipeline hybride offshore et onshore de près de 6.900 kilomètres le long de la façade atlantique africaine. Le projet disposerait d’une capacité maximale de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an.

D’après les données communiquées par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), environ 15 milliards de mètres cubes seraient destinés à l’approvisionnement du Maroc et à l’exportation vers les marchés européens.

Le projet ambitionne également de renforcer l’intégration énergétique régionale en desservant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest tout au long de son tracé.

Une coopération élargie entre Rabat et Abuja

Au-delà du volet énergétique, les échanges entre Rabat et Abuja portent également sur le développement de partenariats dans le secteur des engrais, considéré comme stratégique pour la sécurité alimentaire en Afrique.

Les deux parties ont aussi souligné la nécessité de réactiver le Conseil d’affaires Maroc-Nigeria afin de stimuler les investissements et les échanges commerciaux, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et de l’accord de non-double imposition existant entre les deux pays.

Avec cette nouvelle étape diplomatique, le Maroc et le Nigeria confirment leur volonté de consolider un partenariat stratégique appelé à jouer un rôle majeur dans l’intégration économique et énergétique de l’Afrique.
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