Najat Mouhssine
01 Avril 2026
À 15:40
Présentée lors d’une conférence de presse tenue le 31 mars à Rabat, cette nouvelle édition marque un tournant dans la trajectoire de
GITEX Africa.À cette occasion,
Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, a souligné que l’événement « dépasse désormais le cadre d’un simple salon» pour s’affirmer comme «une véritable plateforme stratégique mondiale », réunissant décideurs publics, investisseurs, entrepreneurs et innovateurs autour des grands
enjeux du numérique.
Organisé sous l’égide du ministère, en partenariat avec l’
Agence de développement du digital (ADD) et
KAOUN International, GITEX Africa 2026 illustre, selon la ministre, une montée en puissance significative. Elle a ainsi mis en avant des indicateurs en forte progression, avec plus de 1.450 exposants et startups attendus, plus de 400 investisseurs internationaux représentant quelque 350 milliards de dollars d’actifs, et des participants issus de plus de 130 pays. «Plus de 50.000 visiteurs sont attendus à Marrakech», a-t-elle précisé.
La ministre a également insisté sur la dimension internationale croissante de l’événement, marquée par l’élargissement de la participation, notamment en provenance des écosystèmes africains et francophones, ainsi que par l’arrivée de nouveaux pays exposants. Une évolution qui, selon elle, «renforce le positionnement du Maroc en tant que hub technologique régional et continental».
L’édition 2026 en chiffres
Au-delà des chiffres, Amal El Fallah Seghrouchni a mis en avant le rôle structurant de GITEX Africa pour l’écosystème entrepreneurial national. Elle a notamment évoqué l’initiative Morocco 300, qui portera à 300 le nombre de
startups accompagnées cette année, soit une augmentation de 50 % par rapport à l’édition précédente. «Ces startups, issues de 31 secteurs et représentant 32 villes du Royaume, témoignent de la vitalité et de la diversité de notre tissu entrepreneurial», a-t-elle affirmé.
Illustrant les retombées concrètes de cette dynamique, la ministre a rappelé qu’«une startup marocaine, (Yakeey), a récemment réalisé une levée de fonds de 15 millions de dollars, la plus importante de l’histoire des startups au Maroc, après un parcours initié à GITEX». Une performance qui, selon elle, «confirme que cet événement est devenu une véritable plateforme de financement, d’accélération et d’internationalisation».
Amal El Fallah Seghrouchni a également inscrit cette dynamique dans le cadre des grandes orientations stratégiques du Royaume, notamment la stratégie Maroc Digital 2030 et l’initiative
AI Made in Morocco. «L’objectif est de construire un modèle numérique souverain, inclusif et compétitif», a-t-elle indiqué, soulignant la poursuite de la digitalisation des services publics afin d’en améliorer l’accès, la qualité et l’efficacité.
La ministre a par ailleurs mis en lumière la montée en puissance de l’innovation territoriale, citant notamment le hackathon RamadanIA, qui a mobilisé près de 4.000 jeunes à travers le Royaume. «Cette initiative démontre que l’innovation n’est plus concentrée dans quelques pôles, mais qu’elle est désormais diffuse, portée par une jeunesse engagée et créative», a-t-elle déclaré.
Dans cette même dynamique, elle a évoqué le lancement du réseau des
instituts JAZARI, dédié à l’intelligence artificielle appliquée. Selon elle, ce dispositif vise à «structurer un écosystème national d’innovation en intelligence artificielle, fondé sur un modèle territorial et orienté vers la recherche appliquée».
Plein de nouveautés pour 2026
Sur le plan international, Amal El Fallah Seghrouchni a mis l’accent sur l’engagement du Maroc à travers l’initiative Digital for Sustainable Development, développée en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement. Cette plateforme vise, a-t-elle expliqué, à «favoriser le transfert de compétences, promouvoir une innovation responsable et accompagner les pays africains et arabes dans leur transformation digitale, dans une logique de coopération gagnant-gagnant».
Pour Amine El Mezouaghi, directeur général de l’ADD, cette édition s’inscrit dans un moment charnière pour le continent. «L’Afrique n’est plus uniquement dans une phase d’adoption des technologies, mais dans une dynamique de production et de création de solutions adaptées à ses propres réalités», a-t-il avancé.
Il a également insisté sur le rôle de GITEX Africa comme levier de création de valeur : «l’enjeu aujourd’hui est de développer des champions technologiques africains et de renforcer la souveraineté numérique du continent», tout en mettant en avant les atouts du Maroc, notamment son capital humain et ses infrastructures.
Même constat du côté de Trixie LohMirmand, CEO de GITEX Africa Morocco, pour qui cet événement constitue désormais un catalyseur de croissance et un levier de compétitivité pour le Royaume sur la scène technologique mondiale.
L’édition 2026 mettra par ailleurs en avant de nouveaux axes thématiques, en phase avec les enjeux du continent, notamment les infrastructures intelligentes pour data centers, la fintech et l’inclusion financière, ainsi que les solutions de mobilité du futur. La cybersécurité figurera également parmi les priorités, avec l’organisation du sommet Strategic Digital Defence AI Readiness Summit (STAR), dédié à la préparation face aux menaces numériques.
Pour conclure, GITEX Africa a dépassé son statut de simple vitrine technologique pour devenir un véritable instrument d’influence et d’action. Une évolution que résume Amal El Fallah Seghrouchni : l’ambition du Maroc est désormais de «faire du numérique un levier stratégique de développement», en contribuant pleinement à l’émergence d’une Afrique innovante, souveraine et compétitive.