LE MATIN
22 Octobre 2026
À 10:12
Le Conseil d’administration du Groupe de la
Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, mercredi 21 octobre 2026, à Abidjan, un financement de 487 millions de dollars en faveur du Maroc. Cette enveloppe est destinée à soutenir la troisième phase du Programme d’appui au renforcement de la
gouvernance économique et de la résilience au
changement climatique (PGRCC), qui vise à accélérer la transformation de l’économie nationale tout en renforçant sa capacité à faire face aux chocs extérieurs.
Ce nouvel appui financier intervient dans un contexte marqué par les tensions économiques internationales, la hausse des coûts de l’énergie et du transport ainsi que les pressions croissantes liées au changement climatique. Il doit permettre au Royaume de poursuivre ses réformes structurelles tout en préservant les conditions d’une croissance plus dynamique, inclusive et durable.
« Notre ambition est d’aider à amortir les chocs exogènes, qu’ils soient économiques, énergétiques ou climatiques. Elle est aussi de consolider les réformes structurelles nécessaires au renforcement durable de la résilience de l’économie marocaine et de favoriser l’investissement privé », a déclaré
Abdoulaye Coulibaly, directeur du département de la Gouvernance et des Réformes économiques à la BAD.
Entreprises publiques, investissement privé et climat des affaires au cœur des réformes
Le premier volet du programme porte sur l’amélioration de l’efficacité de l’action publique et le renforcement du rôle du
secteur privé dans l’économie marocaine. Il prévoit notamment d’accompagner la restructuration du portefeuille des entreprises publiques, la modernisation du cadre des
partenariats public-privé (PPP) et l’amélioration du climat des affaires. L’objectif est de favoriser une meilleure mobilisation de l’investissement privé et de recentrer progressivement l’État sur ses fonctions stratégiques.
Une attention particulière sera accordée aux
petites et moyennes entreprises (PME), à l’innovation et à l’intégration des entreprises marocaines dans les chaînes de valeur mondiales. Ces orientations doivent contribuer à renforcer la
compétitivité du tissu productif national et à soutenir la création d’emplois.
Pour
Achraf Tarsim, responsable du bureau pays du Groupe de la BAD au Maroc, ce financement vient conforter les efforts engagés par le Royaume. « Le Maroc a fait le choix de l’action en poursuivant ses réformes malgré les chocs externes », a-t-il souligné, précisant que l’objectif de la Banque est de soutenir cette dynamique afin d’accélérer la transformation économique, de stimuler la croissance et de créer davantage d’emplois.
Eau et électricité : renforcer la résilience face au changement climatique
Le deuxième volet du financement est consacré au renforcement de la
résilience climatique et énergétique du Maroc, deux enjeux devenus déterminants pour la stabilité économique et la compétitivité du pays. Le programme accompagnera notamment la modernisation de la gouvernance des secteurs de l’eau et de l’électricité, dans un contexte où la pression sur les
ressources hydriques et les besoins énergétiques nécessitent une adaptation continue des politiques publiques. Il vise également à améliorer l’intégration des enjeux climatiques dans les stratégies et les décisions publiques, tout en accélérant la transition vers une
économie bas-carbone.
Cette orientation doit permettre de mieux anticiper les risques climatiques, de renforcer la sécurité des approvisionnements et de soutenir la transformation du modèle économique national.
Un soutien pour amortir les chocs énergétiques et préserver les équilibres budgétaires
Au-delà de l’accompagnement des réformes, cette troisième phase du PGRCC comporte également une dimension de stabilisation économique. La BAD souligne que le programme doit aider le Maroc à faire face aux répercussions de la crise au Moyen-Orient, notamment à travers la hausse des coûts de l’énergie et du transport, qui pèsent sur les économies importatrices.
L’opération s’inscrit ainsi dans le Cadre mondial de réponse à la
crise de l’énergie et des engrais (GEFCRF) mis en place par la Banque pour soutenir les pays africains confrontés à ces perturbations.
Le financement doit contribuer à préserver les marges de manœuvre budgétaires du Royaume et à maintenir les dépenses prioritaires, sans compromettre la poursuite des réformes économiques et des investissements structurants. Il permettra également de consolider les avancées réalisées dans le cadre des deux premières phases du programme, en assurant une continuité dans la mise en œuvre des réformes engagées.
Près de 15 milliards d’euros mobilisés au Maroc depuis 1978
Ce nouvel engagement s’inscrit dans un partenariat de longue date entre le Maroc et la Banque africaine de développement. Depuis le début de ses opérations dans le Royaume en 1978, le Groupe de la BAD a mobilisé près de 15 milliards d’euros pour financer plus de 150 projets dans plusieurs secteurs stratégiques. Ces interventions ont notamment concerné les infrastructures de
transport, l’énergie, l’eau et l’assainissement, l’agriculture ainsi que la
protection sociale.Avec ce nouveau financement de 487 millions de dollars, la Banque entend poursuivre son accompagnement des transformations économiques du Maroc, en mettant l’accent sur la compétitivité du secteur privé, l’efficacité de l’action publique et l’adaptation aux défis climatiques.