Économie

Développement rural : le FIDA et l’Agriculture préparent le ciblage de 28.000 ménages à Khénifra

Doté d’un dispositif d’intervention couvrant vingt collectivités territoriales, le Projet de développement rural intégré de Khénifra entre dans une phase préparatoire consacrée à l’identification de ses bénéficiaires et à la mesure de son impact. Le ministère de l’Agriculture prévoit d’y consacrer 4,2 millions de dirhams pour établir le profil socio-économique des ménages, définir des critères transparents de sélection et déployer un système de suivi-évaluation. L’objectif est de mieux orienter les interventions en faveur des petits éleveurs, des femmes et des jeunes dans un territoire confronté à la vulnérabilité climatique et aux disparités rurales.

18 Octobre 2026 À 10:25

Le département de l’Agriculture s’apprête à engager prochainement une étude sociale participative qui servira de socle au Projet de développement rural intégré de Khénifra (PDRIK). La consultation à laquelle le ministère réserve un budget de 4,2 millions de dirhams doit identifier les ménages et les organisations professionnelles à cibler, mesurer l’état initial des indicateurs du cadre logique et installer un système de suivi-évaluation que la Direction provinciale de l’agriculture de Khénifra et l’équipe de gestion du projet pourront exploiter seules. Le prestataire devra s’aligner sur les orientations du Fonds international de développement agricole (FIDA), qui finance ce projet. Le PDRIK intervient dans un territoire rural de montagne et de piémont, où dominent les systèmes agro-sylvo-pastoraux et l’élevage ovin et caprin. La région fait les frais de la vulnérabilité climatique, de la migration des jeunes et des fortes disparités entre communes et douars. La zone d’intervention couvre vingt collectivités territoriales, réparties en trois ensembles : Azaghar (plaines et plateaux, neuf communes), Dir (piémont, six communes) et Jbel (montagne, cinq communes). Son objectif global est de réduire durablement la pauvreté et d’améliorer la résilience climatique et les conditions de vie des populations vulnérables. Son objectif de développement vise les revenus des petits producteurs et les performances des systèmes de production en zone de montagne. Trois composantes structurent l’ensemble : des systèmes d’élevage intégrés et résilients au changement climatique ; la valorisation, l’accès aux marchés et les infrastructures résilientes ; les politiques de développement et la gestion du projet.

Des cibles définies, des critères à construire

Le PDRIK s’adresse aux ménages pauvres et vulnérables, aux petits éleveurs et éleveuses, aux personnes sans emploi, aux femmes, aux jeunes, aux ménages sans terre, aux femmes cheffes de ménage, aux personnes en situation de handicap, aux jeunes apiculteurs et aux artisans souhaitant rejoindre ou créer des coopératives. Il table sur environ 112.000 bénéficiaires, dont 40% de femmes et 20% de jeunes, soit quelque 28.000 ménages. L’étude devra préciser ces groupes. Elle devra notamment caractériser les ménages détenant moins de 70 têtes d’ovins ou de caprins, ceux de moins de 30 têtes ou ayant perdu tout ou partie de leur cheptel, ainsi que les apiculteurs de moins de 40 ans touchés par des pertes de ruches. Elle doit aussi proposer des critères de sélection «simples et transparents» et définir les conditions d’une participation effective des bénéficiaires. La collecte sociale et la collecte de référence doivent être intégrées autant que possible, afin d’éviter les doublons d’enquêtes et d’assurer la cohérence entre ciblage, analyse sociale et suivi. Le prestataire s’appuiera sur le Rapport de conception, la théorie du changement, le cadre logique et le manuel de mise en œuvre du projet. Il devra également en croiser les instruments environnementaux, sociaux et climatiques. Chaque phase donnera lieu à un Rapport, d’abord provisoire puis définitif, validé par le maître d’ouvrage avant de passer à la suivante. Les cartes et données géographiques doivent être remises dans des formats de Système d’information géographique (SIG) ouverts et exploitables.

Les enjeux : mesurer juste, cibler juste

Le premier enjeu est statistique. L’échantillonnage doit permettre une analyse au niveau de chacune des vingt collectivités et rester comparable avec les futures enquêtes de mi-parcours et d’achèvement. Le ministère exige de distinguer les indicateurs dont la valeur de départ est nulle par construction, parce qu’ils mesurent des résultats attribuables au projet, de ceux qui supposent de mesurer un état initial réel pour juger ensuite le changement. Le deuxième enjeu est social. L’étude doit produire une typologie des ménages, un indice composite de richesse fondé sur les actifs productifs et non productifs, et une analyse des rapports de genre, de la place des jeunes et de la sécurité alimentaire, y compris la période de soudure. Les listes de bénéficiaires par composante qu’elle livrera restent une aide au ciblage soumise au processus de validation du projet. Le troisième touche aux organisations professionnelles. Coopératives, unions, groupements, associations d’apiculteurs ou d’artisans seront recensés puis classés : fonctionnelles et rapidement mobilisables, à appuyer, fragiles, informelles à formaliser ou peu actives. Leur capacité à porter la valorisation des productions et l’accès aux marchés conditionne en partie la réussite de l’ensemble. Le quatrième enjeu est l’appropriation. Le système de suivi-évaluation doit être «simple, évolutif» et exploitable directement par l’Agriculture et l’équipe du projet, sans logiciel métier lourd lorsque des outils standards suffisent. Il combine une base de données provinciale, un tableau de bord comparant réalisations et cibles, et un suivi spatial par SIG des interventions. Des formations sont prévues pour le personnel du ministère : deux jours sur les outils participatifs en Phase 2, puis deux sessions de deux jours en Phase 3, sur le pilotage de projets financés par des bailleurs et sur les manuels de suivi-évaluation.
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