Économie

Le FMI appelle le Maroc à transformer sa résilience en emplois

Le Fonds monétaire international salue la résilience de l’économie marocaine dans un environnement mondial difficile et très incertain. Cette performance tient à la solidité des institutions et des cadres de politique économique, qui ont permis au pays de constituer des marges de manœuvre et d’absorber plusieurs chocs. Le FMI appelle, toutefois, le Royaume à capitaliser sur ces progrès pour développer le capital humain et créer des emplois, tout en réduisant l’empreinte de l’État dans l’économie.

17 Octobre 2026 À 11:00

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Développer le capital humain, mieux rapprocher les compétences des besoins du marché du travail et poursuivre la réduction de la place de l’État dans l’économie : telles sont les priorités mises en avant pour le Maroc par Taline Koranchelian, directrice adjointe du département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international. Intervenant lors d’une rencontre consacrée aux perspectives économiques régionales, organisée en marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, elle a appelé le Royaume à s’appuyer sur les progrès accomplis pour répondre au défi de la création d’emplois.

Ce message accompagne une appréciation favorable de la situation économique du pays, malgré un environnement mondial difficile et très incertain. La croissance est restée robuste au premier semestre, portée par l’augmentation de la production agricole, la résistance des services et la poursuite des investissements dans les infrastructures. Le FMI projette une progression du PIB réel de 4,5% cette année, puis de 4,2% en 2027. Pour Taline Koranchelian, cette résilience tient à la solidité des institutions et des cadres de politique économique, ainsi qu’à des politiques prudentes qui ont permis au pays de constituer des marges de manœuvre et d’absorber plusieurs chocs au fil des années.

Le capital humain et l’emploi au cœur des priorités

L’enjeu, selon elle, est désormais de capitaliser sur ces progrès pour développer le capital humain et créer des emplois pour la population. Les autorités ont déjà entrepris des réformes importantes dans cette direction, mais leur poursuite reste nécessaire. Deux mesures sont citées : la réduction de l’empreinte de l’État dans l’économie et la réforme du système éducatif, afin d’améliorer l’adéquation entre les compétences et les emplois.

Des arbitrages budgétaires face à la dépendance énergétique

La question des finances publiques a aussi été abordée lors d’une autre conférence, celle du département des finances publiques du FMI. Interrogé sur le Maroc, Davide Furceri, chef de division au sein de ce département, a rapproché la situation budgétaire du Royaume de celle de nombreux autres pays importateurs de pétrole de la région. Ces économies sont confrontées à une forte dépendance aux importations de pétrole et d’énergie. Dans certaines d’entre elles, les dispositifs de subventions sont aussi complexes et représentent un coût pour les finances publiques, a-t-il expliqué.

Face à ces contraintes, le responsable du FMI a mis en avant la nécessité de redéfinir les priorités de dépenses. Il a cité l’expérience du Maroc en évoquant la suppression des subventions et la création de transferts sociaux destinés aux populations les plus vulnérables. Davide Furceri a aussi insisté sur l’importance de disposer d’un plan à moyen terme permettant de réduire durablement le déficit budgétaire.

Il a par ailleurs estimé que, par rapport à d’autres régions, de nombreux pays de la zone disposent d’une marge pour inscrire les règles budgétaires dans un cadre juridique, une remarque qui ne vise pas spécifiquement le Maroc. De telles règles permettraient d’ancrer les anticipations à moyen terme, aussi bien en matière de dette que de solde et de déficit publics.
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