Économie

Le FMI identifie cinq risques majeurs pour le Maroc à l’horizon 2026

Selon le Global Risks Report 2026, le Maroc fait face à une combinaison de vulnérabilités sociales, économiques et environnementales, dans un contexte mondial marqué par la montée des tensions géopolitiques et le recul de la coopération internationale.

19 Janvier 2026 À 15:36

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Le Maroc figure parmi les pays confrontés à un faisceau de risques structurels au cours des deux prochaines années, selon les résultats de l’Executive Opinion Survey (EOS) 2025 intégrés au Global Risks Report 2026 publié par le World Economic Forum. Cette 21ᵉ édition du rapport, fondée sur les réponses de plus de 11.000 décideurs et experts à travers le monde, s’inscrit dans la seconde moitié d’une décennie qualifiée de « turbulente », marquée par l’enchevêtrement des crises économiques, sociales, climatiques et géopolitiques.



Interrogés sur les cinq risques les plus susceptibles de menacer leur pays au cours des deux prochaines années, les répondants concernant le Maroc ont fait ressortir une hiérarchie dominée par les enjeux sociaux. Le premier risque identifié est le manque d’opportunités économiques et le chômage, traduisant la persistance de tensions sur le marché de l’emploi et les attentes élevées en matière d’insertion professionnelle, notamment chez les jeunes. Ce facteur arrive largement en tête, confirmant son caractère structurant pour la stabilité sociale et la trajectoire de croissance du pays.

Le deuxième risque majeur concerne l’insuffisance des services publics et des systèmes de protection sociale, incluant l’éducation, les infrastructures et les régimes de retraite. Cette préoccupation reflète les défis liés à la qualité, à l’accessibilité et à la soutenabilité des services essentiels, dans un contexte de pressions budgétaires et de demandes sociales accrues. Elle souligne également l’importance des réformes engagées pour renforcer l’État social et réduire les disparités territoriales.

Sur le plan économique, l’inflation figure au troisième rang des risques identifiés. Bien que les tensions inflationnistes se soient atténuées récemment, la hausse du coût de la vie demeure une source d’inquiétude pour les ménages et les entreprises, en particulier dans un environnement international instable et exposé aux chocs sur les prix de l’énergie et des matières premières. Cette perception rejoint les tendances observées à l’échelle mondiale, où les risques économiques connaissent une remontée notable dans les classements.

Le quatrième risque est de nature environnementale et porte sur la rareté des ressources naturelles, notamment l’eau et l’alimentation. Le rapport souligne que le Maroc fait partie des pays disposant d’infrastructures hydroélectriques existantes mais projetés comme vulnérables aux risques climatiques, aux côtés de la Chine, de la Jordanie, de l’Irak et de la Syrie. Cette vulnérabilité renforce les enjeux liés au stress hydrique, à la sécurité alimentaire et à l’adaptation au changement climatique, dans un pays déjà confronté à des épisodes répétés de sécheresse.

Enfin, le cinquième risque identifié est sociétal et concerne les inégalités de revenus et de richesse. Cette dimension met en lumière les écarts persistants entre catégories sociales et régions, susceptibles d’alimenter les tensions sociales si les mécanismes de redistribution et de création d’opportunités inclusives ne produisent pas les effets attendus.

Ces risques nationaux s’inscrivent dans un environnement mondial de plus en plus instable. Le Global Risks Report 2026 décrit l’entrée dans « un âge de la compétition », caractérisé par l’érosion des mécanismes de coopération multilatérale, la montée du protectionnisme et le recul de la confiance entre États. La confrontation géoéconomique est identifiée comme le principal risque susceptible de déclencher une crise mondiale en 2026, citée par 18% des répondants, devant les conflits armés entre États, mentionnés par 14%.

À l’échelle globale, les risques économiques enregistrent les plus fortes progressions dans les classements à court terme. Le ralentissement économique et l’inflation gagnent chacun huit places par rapport à l’édition précédente, tandis que l’éclatement de bulles d’actifs progresse de sept rangs. Cette dynamique reflète un climat d’incertitude renforcé par des niveaux d’endettement élevés, des marges budgétaires limitées et une sensibilité accrue des marchés financiers aux chocs politiques et monétaires.

Parallèlement, les risques technologiques prennent une ampleur croissante. La désinformation et la mésinformation se classent au deuxième rang des risques à deux ans, tandis que la cybersécurité occupe la sixième position. Les effets négatifs potentiels de l’intelligence artificielle enregistrent la plus forte progression à long terme, passant du 30ᵉ rang sur l’horizon de deux ans au 5ᵉ rang sur dix ans, en raison de leurs impacts possibles sur l’emploi, la cohésion sociale et la sécurité mondiale.
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