25 Juin 2026 À 14:50
Marquée par la présence de Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, et de Abdelhamid El Mazid, gouverneur de la province de Kénitra, la 8e édition du Salon de la compétitivité industrielle automobile (SCIA) constitue un changement majeur de positionnement. Après sept éditions sous l’appellation Salon de la Sous-Traitance Automobile, le rendez-vous devient le Salon de la compétitivité industrielle automobile.
Cette mutation, qualifiée de saut qualitatif, traduit l’ambition du Royaume d'ouvrir de nouvelles perspectives à une industrie automobile qui cherche à monter en gamme, à renforcer son intégration locale et à se positionner, dans un domaine de plus en plus compétitif, sur les nouveaux segments de la mobilité électrique, connectée et décarbonée.
Le SCIA 2026 réunit cette année plus de 200 exposants venus de douze pays, représentant l’ensemble des métiers de l’automobile: ingénierie, équipementiers, logistique, manutention, emballage, machines spéciales, certification, testing, recyclage, services, startups, pépinières et centres de formation sont présents à Kénitra.
Les pays représentés sont le Maroc, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, la Belgique, la Chine, l’Espagne, la France, l’Italie, le Portugal, la Roumanie, le Sri Lanka et la Tunisie.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre de l'Industrie et du Commerce n'a pas manqué de rappeler les mutations profondes que connaît le monde dans les domaines économique, industriel et technologique et qui, estime-t-il, doivent répondre aux attentes et aux besoins d'une jeunesse aspirant à un avenir en rupture avec les réalités économiques du monde d'aujourd'hui. M. Mezzour a rappelé, à cet égard, les pas de géant réalisés par le Royaume, conformément à la Vision de S.M. le Roi Mohammed VI. «Grâce à cette Vision Royale, souligne-t-il, le Maroc est devenu l'un des pays les plus innovants dans le domaine de l'industrie automobile, en dépassant, en termes de capacité de production, de grands pays européens, connus et reconnus.»
De son côté, Rachid Machou, président de l’AMICA, a présenté cette édition comme un levier destiné à renforcer la compétitivité industrielle nationale.
Pour lui, l'enjeu porte notamment sur le développement de la sous-traitance locale, l’intégration des fournisseurs de premier et de deuxième rang et l’accélération du transfert de technologies entre partenaires internationaux et opérateurs marocains.
La transition vers le véhicule électrique constitue l’un des fils conducteurs de cette édition. Le programme s’articule autour de cinq panels consacrés à l’intégration locale, aux opportunités d’investissement et au financement, à l’énergie verte et à la décarbonation industrielle, à l’économie circulaire, au «Made in Morocco» automobile et au développement des compétences.
À cet effet, la question du capital humain occupe une place centrale dans cette transformation. Alors que la filière évolue vers des métiers plus technologiques, la formation d’ingénieurs, de techniciens et d’opérateurs spécialisés devient un facteur déterminant pour attirer de nouveaux projets industriels à plus forte valeur ajoutée.
Le salon affiche aussi des objectifs économiques précis. Les besoins d’affaires identifiés pour cette édition sont estimés à plus d’un milliard de dirhams, notamment dans la logistique, les outillages spécialisés, la maintenance industrielle et les emballages.
À noter que le contexte actuel du secteur donne du poids à cette édition. L’automobile est devenue le premier secteur exportateur du Maroc. La filière compte plus de 260 équipementiers, trois constructeurs installés dans le Royaume et plus de 280.000 emplois directs et indirects. Le taux d’intégration locale atteint 69%, tandis que la capacité de production nationale s’élève à un million de véhicules par an.
Les exportations automobiles dépassent les 15 milliards d’euros et le volume de sourcing local est supérieur à 5 milliards d’euros. Ces indicateurs confirment la place du Maroc parmi les plateformes industrielles automobiles les plus structurées du continent.
Il est aussi important de rappeler qu'au-delà des chiffres et du programme, le SCIA 2026 porte une grande signification sur la trajectoire industrielle du Maroc. En une quinzaine d'années, le Royaume est passé d'un pays qui n'exportait quasiment aucun véhicule à une économie qui fait de l'automobile son premier secteur exportateur et l'un des piliers de son modèle de développement.
Le passage de la «sous-traitance» à la «compétitivité» dans l'intitulé même du salon résume cette trajectoire.
À souligner que l’AMICA, fondée en 1974, fédère aujourd’hui plus de 160 membres. Elle représente les constructeurs, les équipementiers et les sous-traitants du secteur, tout en assurant un rôle d’interface avec les pouvoirs publics et les partenaires économiques. À travers le SCIA, l’association cherche à donner de la visibilité à la filière et à accompagner sa transition vers une industrie plus intégrée, plus compétitive et davantage tournée vers les nouvelles mobilités.