Ayda Benyahia
11 Octobre 2026
À 18:00
Du 7 au 10 octobre 2026, la Base aérienne des
Forces Armées Royales de Marrakech a accueilli, sous le Haut Patronage de
Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la huitième édition du
Marrakech Airshow. Dans des secteurs aussi stratégiques que ceux de la défense et de l’aéronautique – où la performance industrielle se conjugue avec la maîtrise technologique –, le rendez-vous a donné à voir les différentes dimensions de l’ambition marocaine : consolider les capacités de production, approfondir les partenariats et élargir le champ des savoir-faire mobilisés sur le territoire. L’évolution d’une filière ne se mesure toutefois pas aux seules capacités qu’elle accueille. Elle tient aussi à la diversité des activités qu’elle exerce, aux compétences qu’elle mobilise et aux liens qu’elle noue avec son environnement économique. C’est dans cette perspective que prennent tout leur sens les engagements pris.
Des accords qui reflètent la diversité des ambitions industrielles
Avec 26 accords stratégiques signés, le Marrakech Airshow a été marqué par de nouveaux engagements dans l’aéronautique, le spatial et la défense. Les domaines concernés vont des systèmes autonomes aux technologies avancées, en passant par l’aviation durable. Les accords portent notamment sur les investissements industriels, les partenariats technologiques, le développement du sourcing local et le renforcement des capacités nationales. Cette diversité donne un aperçu des différents ressorts du développement industriel. La consolidation des activités existantes côtoie le développement des relations technologiques et l’élargissement des possibilités d’approvisionnement local. Ces orientations concernent à la fois les capacités de production, les entreprises qui contribuent à leur fonctionnement et les compétences mobilisées au sein des filières.
Les accords signés prennent ainsi place dans une dynamique plus large, où la coopération industrielle accompagne le développement des capacités nationales. En rapprochant les acteurs et leurs activités, ces partenariats contribuent à élargir les perspectives de collaboration entre grands donneurs d’ordre et entreprises marocaines.
Le sourcing local, maillon de l’intégration industrielle
L’implantation d’unités de production a contribué à ancrer les filières industrielles au Maroc. À cette présence s’ajoute la place des fournisseurs nationaux dans les chaînes d’approvisionnement, un aspect important du développement des relations entre les grands industriels et le tissu économique local. C’est là que le sourcing local prend toute son importance. En rapprochant les besoins des donneurs d’ordre des capacités des fournisseurs marocains, il ouvre des débouchés aux entreprises nationales et favorise un ancrage industriel plus solide. Il participe ainsi à l’intégration du tissu productif dans les activités liées à l’aéronautique, au spatial et à la défense.
Taoufiq Moucharraf, président de l’Association des Salons du spatial, de l’aéronautique et de la défense (ASSAD), résume ainsi l’enjeu en question : «renforcer notre place dans les chaînes de valeur mondiales». Cette place dépend aussi de la nature des activités exercées. La progression de l’industrie marocaine ne se mesure plus seulement au nombre d’unités de production implantées sur son territoire. Elle tient également à sa capacité à développer l’ingénierie, à maîtriser des procédés techniques plus complexes et à participer aux travaux de conception et d’innovation. Ces activités correspondent à des niveaux de technicité différents et ouvrent des perspectives variées pour les entreprises du secteur.
Le sourcing local prend dès lors place dans une évolution qui associe production et élargissement des savoir-faire. Il rapproche les capacités des entreprises marocaines des besoins des industriels, tout en reliant plus étroitement l’intégration industrielle au développement des compétences.
L’ingénierie et les compétences, au cœur du développement industriel
Cette évolution accorde une place particulière aux ressources humaines. La formation des ingénieurs, des techniciens et des jeunes talents figure parmi les dimensions importantes du développement de l’écosystème marocain. À mesure que les activités gagnent en complexité, les compétences techniques et la capacité à maîtriser de nouveaux procédés prennent une importance croissante.
Dans l’aéronautique, le spatial et la défense, l’ingénierie et l’innovation accompagnent l’évolution des métiers et des activités. Elles interviennent dans la conception, la maîtrise des procédés et le développement de solutions adaptées aux exigences technologiques du secteur. Le développement de ces compétences participe ainsi à l’élargissement du champ d’intervention des entreprises.
La transmission des savoir-faire complète cette dynamique. Les partenariats technologiques favorisent les échanges de connaissances, tandis que la formation et l’expérience contribuent à leur appropriation par les acteurs locaux. Le développement industriel repose donc aussi sur la circulation des compétences et sur la capacité à faire vivre ces connaissances au sein des entreprises. L’articulation entre ingénierie, formation et innovation occupe, dans cette perspective, une place essentielle. Elle relie le développement des capacités industrielles à celui des compétences nécessaires pour accompagner l’évolution des filières.
Une ouverture internationale, notamment africaine
La dimension internationale du Marrakech Airshow s’est également reflétée dans la diversité de ses participants. Le salon a réuni près de 200 exposants issus de 27 pays et accueilli plus de 60 délégations officielles, dont 27 africaines. Cette mobilisation souligne l’ouverture du rendez-vous et la place qu’y occupent les échanges entre acteurs industriels et institutionnels. La participation africaine donne une résonance particulière à cette dimension internationale. Elle rapproche le Maroc de partenaires du continent autour de secteurs où les coopérations industrielles, les échanges technologiques et le développement des compétences peuvent nourrir des intérêts communs.
M. Moucharraf évoque à cet égard le rôle du Maroc comme «plateforme technologique ouverte sur l’Afrique et le monde». Cette vision associe le développement des capacités nationales aux relations entretenues avec les partenaires internationaux. Elle souligne la place de la coopération dans des filières où les compétences, les technologies et les savoir-faire occupent une importance déterminante. Les rencontres organisées à Marrakech offrent ainsi un cadre d’échange entre industriels, institutions et professionnels venus de différents horizons. La diversité des participants reflète les dimensions nationale, continentale et internationale du salon, tout en donnant une visibilité particulière aux filières marocaines de l’aéronautique, du spatial et de la défense.
Une industrie en évolution
Les 26 accords signés, le développement du sourcing local, l’attention portée à l’ingénierie et la participation de partenaires internationaux éclairent les différentes dimensions du développement industriel marocain. Ces éléments renvoient à une même réalité : la place d’une industrie dans les chaînes de valeur mondiales tient autant à ses capacités de production qu’aux activités qu’elle maîtrise et aux compétences qu’elle mobilise.
Pour l’aéronautique, le spatial et la défense, l’évolution du tissu industriel marocain s’apprécie ainsi à travers la diversité des fonctions exercées, le développement des savoir-faire et la contribution des entreprises nationales à la valeur ajoutée. Autant de dimensions qui donnent son sens à la montée en gamme et permettent de lire les orientations portées par cette huitième édition du Marrakech Airshow.