Saïd Naoumi
16 Mars 2026
À 10:42
Le
ministère de l’Équipement et de l’eau s’apprête à enclencher un chantier structurant visant à définir une stratégie unifiée de
transformation numérique et de
digitalisation à l’horizon 2030. Le projet, qui fera l’objet d’une étude stratégique, doit permettre d’intégrer pleinement les
technologies numériques dans les processus du ministère et dans l’ensemble de son écosystème institutionnel, avec l’objectif d’améliorer l’efficacité opérationnelle, la gouvernance et la qualité des services publics. Inscrite dans le Plan stratégique 2022-2027 du département, cette initiative traduit la volonté de l’État de faire de la digitalisation un levier central de m
odernisation administrative et de pilotage des
politiques publiques.
L’enjeu est notamment de renforcer la prise de décision fondée sur des données fiables et disponibles en temps réel, tout en optimisant la gestion des infrastructures et des ressources relevant du ministère. La démarche repose sur la mise en place d’une vision numérique commune à l’ensemble des entités relevant du département. Elle concernera les directions centrales, les services régionaux, les établissements publics sous tutelle et les opérateurs techniques gravitant autour du ministère. L’objectif est d’assurer la cohérence des initiatives numériques, de favoriser la mutualisation des ressources et d’éviter les duplications de systèmes ou d’investissements.
Dans cette perspective, le ministère entend exploiter les possibilités offertes par les technologies émergentes, notamment l’Internet des objets (IoT), l’intelligence artificielle, les jumeaux numériques, la blockchain ou encore l’analyse de données en temps réel. Ces outils doivent permettre d’améliorer la gestion des infrastructures et d’anticiper les risques grâce à des dispositifs capables de simuler différents scénarios d’aménagement ou d’optimiser les opérations de maintenance.
La transformation numérique est également présentée comme un levier pour renforcer la résilience des politiques publiques, notamment face aux défis liés au changement climatique, à la raréfaction des ressources hydriques ou à la pérennité des infrastructures. En facilitant l’intégration et l’exploitation des données produites par l’ensemble des entités du ministère, l’État vise à instaurer un système de pilotage plus agile et plus intégré. Un accent particulier sera mis sur l’interopérabilité des
systèmes d’information et sur la valorisation stratégique des données. Le ministère souhaite en effet développer des plateformes capables de connecter les différentes bases de données et dispositifs de collecte d’informations – qu’il s’agisse de capteurs, de systèmes d’information géographique ou d’autres infrastructures numériques. Cette approche devra s’accompagner de garanties renforcées en matière de
cybersécurité et de
souveraineté numérique.
La stratégie en gestation devra également s’inscrire dans le cadre des grandes orientations nationales en matière de transformation digitale, notamment la feuille de route «
Maroc Digital 2030», ainsi que dans l’esprit des réformes visant la simplification des procédures administratives, à l’image de la Loi 55-19 relative à la simplification des démarches administratives. Elle devra aussi tenir compte des exigences liées à la protection des données et aux cadres juridiques régissant les systèmes d’information.
Sur le plan opérationnel, l’étude à confier à un prestataire externe s’articulera autour de trois grandes missions. La première consistera à réaliser un diagnostic stratégique global afin d’évaluer le niveau de maturité digitale du ministère et de son écosystème institutionnel. Cette phase inclura notamment la cartographie des systèmes d’information existants, l’analyse des infrastructures numériques et l’identification des dispositifs de collecte et de valorisation des données.
La seconde mission portera sur l’élaboration de la vision cible et des axes de transformation, ainsi que sur la définition des orientations stratégiques susceptibles d’accompagner la modernisation numérique du ministère. Enfin, la troisième mission devra aboutir à la conception d’un modèle cible et à l’élaboration d’un plan d’action couvrant la période 2026-2030.
Au terme de ce processus, le ministère de l’Équipement et de l’eau ambitionne de disposer d’une Feuille de route opérationnelle structurée autour de programmes concrets, visant à faire de la donnée et de l’innovation des leviers centraux de l’action publique. L’objectif affiché est de poser les bases d’un écosystème numérique intégré, capable de soutenir la gestion durable des infrastructures et des ressources stratégiques du pays.