LE MATIN
09 Juin 2026
À 11:20
Les
consommateurs marocains constatent depuis plusieurs semaines un recul des
prix de plusieurs
légumes frais, notamment les
tomates et les
poivrons. Si cette tendance peut être perçue comme un signe d’apaisement du marché, les producteurs invitent à nuancer cette lecture.
Pour
Amine Amanatoullah, producteur à Agadir, la situation actuelle correspond à un cycle saisonnier récurrent. « Tout comme il existe une période normale d’environ deux mois durant laquelle les légumes primeurs se font rares et les prix atteignent des niveaux élevés, il existe également une phase de surproduction, tout aussi habituelle et temporaire », explique-t-il à la plateforme spécialisée
FreshPlaza.
Une offre abondante sur le marché local
Cette
baisse des prix s’explique d’abord par l’arrivée simultanée de volumes importants de production. Les
exploitations agricoles arrivent en effet à la fin de leur cycle de culture, une période caractérisée par des récoltes intensives.
Selon le producteur, la majorité des volumes récoltés est actuellement orientée vers le
marché local. Cette situation coïncide avec une période traditionnellement calme pour les
exportations. Hormis quelques programmes spécialisés portant sur certaines variétés de tomates segmentées, la demande extérieure demeure limitée durant la saison estivale.
« Les récoltes sont abondantes sur l’ensemble des produits et les producteurs écoulent leurs volumes principalement sur le marché national », souligne-t-il.
Les pluies récentes ont stimulé la production
Les
conditions climatiques ont également contribué à cette situation. Les
précipitations enregistrées ces derniers mois ont favorisé le développement des
cultures en plein champ, entraînant une augmentation de la production de plusieurs légumes.
Toutefois,
Amine Amanatoullah estime qu’il faudra suivre attentivement l’évolution sanitaire des cultures au cours des prochaines semaines, notamment à l’approche des mois de juillet et d’août.
L’effet du retour à l’activité après l’Aïd Al-Adha
La fin de la période de l’
Aïd Al-Adha a également joué un rôle dans l’accélération des récoltes. Le retour des
ouvriers agricoles dans les
exploitations a permis de récolter simultanément d’importants volumes sur plusieurs fermes.
Cette concentration des récoltes sur une courte période a provoqué un afflux massif de produits sur les marchés de gros, accentuant la pression à la baisse sur les prix.
Une situation appelée à évoluer
Pour le producteur, les
niveaux de prix observés actuellement restent inférieurs aux coûts moyens annuels de production et ne reflètent pas l’équilibre habituel du marché.
« Il ne s’agit pas d’une stabilisation des prix, mais d’une période où les prix sont exceptionnellement bas », affirme-t-il. Selon ses prévisions, le marché devrait retrouver des niveaux plus représentatifs à partir de juillet ou août, à mesure que les stocks s’épuiseront et que le prochain
cycle de production se mettra en place, avant le démarrage de la
saison hivernale d’exportation.
Enfin, le professionnel rappelle que les prix les plus faibles concernent principalement les catégories de qualité inférieure. Les produits de meilleure qualité restent plus rares sur le marché et continuent d’être commercialisés à des niveaux de prix plus élevés.