Économie

OCP affiche des marges résilientes dans un contexte international difficile au premier semestre 2026

L’EBITDA du groupe OCP s’est établi à 13,307 milliards de dirhams au premier semestre 2026, contre 18,612 milliards un an auparavant, pour une marge de 28%. Le chiffre d’affaires recule à 48,372 milliards de dirhams, dans un contexte marqué par la hausse du coût du soufre et la contraction de la demande mondiale d’engrais phosphatés. Le premier semestre illustre ainsi que OCP évolue dans un marché fortement dégradé et absorbe un choc majeur sur ses coûts, mais résiste mieux que plusieurs de ses pairs grâce à la solidité de son modèle industriel et à sa capacité à continuer de servir ses clients lorsque d’autres producteurs réduisent leur offre.

29 Septembre 2026 À 09:50

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Le groupe OCP a réalisé un EBITDA de 13,3 milliards de dirhams au premier semestre 2026, contre 18,61 milliards de dirhams durant la même période de 2025. La marge d’EBITDA ressort à 28%, dans un contexte de hausse des coûts des intrants, notamment du soufre. La hausse du coût du soufre n’a pas été intégralement répercutée sur les prix des engrais, les contraintes d’accessibilité économique limitant la capacité du marché à absorber des prix plus élevés. À l’échelle du secteur, les volumes échangés d’engrais phosphatés ont ainsi diminué d’environ 22% au premier semestre. La marge brute du groupe s’est établie à 26,36 milliards de dirhams, correspondant à un taux de marge de 55%, contre 64% au premier semestre 2025.

Baisse des ventes d’engrais, de roche et d’acide phosphorique

Le chiffre d’affaires du groupe atteint, pour sa part, 48,37 milliards de dirhams à fin juin 2026, contre 52,16 milliards un an auparavant. Cette évolution reflète principalement la baisse des volumes de vente dans les principaux segments. Le chiffre d’affaires des engrais recule de 7% sur un an en monnaie locale, principalement en raison de la diminution des volumes exportés, dans un contexte de ralentissement de la demande mondiale, notamment en Inde, en Europe et en Afrique. OCP a parallèlement augmenté la part de ses ventes à destination des Amériques, notamment du Brésil.

Le chiffre d’affaires de la roche phosphatée baisse de 28% en monnaie locale, sous l’effet de volumes de vente plus faibles sur le marché local. La hausse du coût du soufre a notamment pesé sur la demande des producteurs d’acide phosphorique et d’engrais.

Les revenus de l’acide phosphorique diminuent également de 9% sur un an en monnaie locale, principalement en raison du recul des volumes exportés. OCP a privilégié l’utilisation de l’acide phosphorique disponible pour ses propres besoins de granulation et de production d’engrais dans le contexte de hausse des coûts du soufre.

À l’inverse, le segment Specialty Products & Solutions (SPS) enregistre une progression de 26% de son chiffre d’affaires en monnaie locale, à 4,755 milliards de dirhams.

Sur les marchés internationaux, les indices de prix des engrais phosphatés ont fortement progressé au premier semestre, avec une accélération au deuxième trimestre dans un contexte de tensions au Moyen-Orient. La baisse de l’accessibilité économique a pesé sur les volumes importés en Inde, en Europe et en Afrique, tandis que le Brésil a enregistré un recul plus limité de sa demande d’importation.

En Inde, des stocks élevés en début de période ont entraîné un déstockage. En Europe, les importations ont été limitées par une moindre accessibilité économique ainsi que par les achats anticipés réalisés au quatrième trimestre précédent. En Afrique, la baisse de la demande reflète principalement l’anticipation, au quatrième trimestre 2025, des achats éthiopiens.

Du côté de l’offre, la disponibilité mondiale est restée contrainte par l’absence des exportations chinoises de phosphates, la baisse des volumes russes en Europe et le recul des exportations saoudiennes lié aux perturbations géopolitiques. La disponibilité limitée du soufre et son renchérissement ont également conduit plusieurs producteurs d’engrais phosphatés à réduire leurs cadences de production.

Le TSP représente 35% des volumes d’engrais exportés

Dans ce contexte, OCP a renforcé et diversifié ses approvisionnements en soufre à travers de nouveaux partenariats et de nouvelles sources d’approvisionnement. Le groupe a également adapté son mix produit en faveur du TSP, moins intensif en soufre et ne nécessitant pas d’ammoniac. Le TSP a ainsi représenté 35% des volumes d’engrais exportés au premier semestre 2026, contre 26% durant la même période de 2025.

OCP a également avancé au deuxième trimestre une partie de son programme de maintenance initialement prévue au second semestre, afin d’adapter les arrêts de production et le rythme opérationnel aux conditions de marché.

À fin juin 2026, la trésorerie et les équivalents de trésorerie s’établissent à 32,692 milliards de dirhams. La dette financière nette ressort à 115,466 milliards de dirhams, contre 119,118 milliards à fin 2025. Le ratio dette financière nette/EBITDA atteint 3,05 fois, contre 2,76 fois à fin décembre 2025. La dette financière nette exclut les instruments hybrides comptabilisés en capitaux propres selon les normes IFRS.

OCP subit le ralentissement du marché, mais résiste mieux que plusieurs de ses concurrents

Le premier semestre a été particulièrement difficile pour dans un marché des engrais phosphatés fortement perturbé par la flambée du prix du soufre, conséquence des tensions au Moyen-Orient. Intrant essentiel à la production d’engrais phosphatés, le soufre a vu son prix tripler, alors que celui des engrais n’a progressé que d’environ 20%, les producteurs ne pouvant répercuter intégralement le choc sur des agriculteurs déjà contraints financièrement. Cette pression a contribué à une contraction d’environ 22% des échanges mondiaux d’engrais phosphatés, les agriculteurs reportant leurs achats et certains producteurs réduisant, voire arrêtant temporairement, leurs unités de production. Le choc s’est même propagé jusqu’aux mines : au Brésil, Mosaic a vu le taux d’utilisation de ses capacités phosphatées tomber à 47% au deuxième trimestre, contre 84% un an auparavant, tandis que sa production de roche phosphatée reculait de 1 à 0,7 million de tonnes.

Dans ce contexte, OCP a lui aussi subi le ralentissement du marché, mais dans une proportion moindre que plusieurs de ses concurrents. L’EBITDA de ses activités phosphatées a reculé de 26% en dollars, contre des baisses comprises entre 34% et 51% chez Ma’aden, PhosAgro, Mosaic et Nutrien. Surtout, avec une marge d’EBITDA de 28%, OCP a conservé un niveau de rentabilité supérieur à celui de PhosAgro, ICL, Mosaic et Nutrien, malgré son exposition directe au choc du soufre. Sa performance tient notamment à la compétitivité de son modèle et à sa capacité à maintenir ses livraisons. Les expéditions marocaines d’engrais phosphatés n’ont reculé que de 16%, contre 22% pour le marché mondial, permettant à la part d’OCP dans les échanges mondiaux de progresser d’environ 28% à 30%. Le premier semestre illustre ainsi que OCP évolue dans un marché fortement dégradé et absorbe un choc majeur sur ses coûts, mais résiste mieux que plusieurs de ses pairs grâce à la solidité de son modèle industriel et à sa capacité à continuer de servir ses clients lorsque d’autres producteurs réduisent leur offre.
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