LE MATIN
25 Octobre 2026
À 15:00
L'État prévoit de maintenir en 2027 les mécanismes de soutien aux prix des principaux produits subventionnés. Selon le
rapport sur la compensation accompagnant le
Projet de loi de finances (PLF) 2027, une enveloppe de 19,4 milliards de dirhams est programmée pour poursuivre la prise en charge d'une partie des coûts du
gaz butane, du
sucre et de la
farine nationale de
blé tendre.
Cette programmation intervient dans un environnement international marqué par la persistance de la
crise au Moyen-Orient, les perturbations des voies stratégiques d'approvisionnement et la volatilité des cours des produits énergétiques et des matières premières.
Face à ces évolutions, les pouvoirs publics ont maintenu les dispositifs de compensation destinés à limiter la transmission des fluctuations internationales aux prix intérieurs des produits de base. Le gouvernement a également réactivé le soutien exceptionnel aux professionnels du transport routier, en réponse à la hausse des prix du gasoil et à ses répercussions sur les coûts d'exploitation. Les données présentées dans le rapport permettent de mesurer l'évolution des charges de compensation au cours des premiers mois de 2026, particulièrement pour le gaz butane.
Gaz butane : une subvention moyenne de 61,79 DH par bonbonne de 12 kg
Le gaz butane représente une composante importante des dépenses de compensation. Sur la période allant de janvier à août 2026, la subvention moyenne accordée par l'État s'est établie à 61,79 dirhams pour une bonbonne de 12 kilogrammes, sur la base d'un cours international moyen de 611 dollars la tonne. Le rapport fait ressortir une augmentation de cette subvention sous l'effet de la guerre. Celle-ci est passée d'une moyenne de 49 dirhams par bonbonne avant le conflit à environ 70 dirhams durant la période marquée par les tensions. Cette évolution se traduit par une augmentation de la charge supportée par l'État. À fin août 2026, les dépenses de compensation liées au gaz butane pourraient ainsi atteindre près de 9 milliards de dirhams, en hausse de 4,95% par rapport à la même période de 2025. Le maintien de cette subvention s'inscrit dans le dispositif de soutien aux prix à la consommation que le gouvernement prévoit de reconduire en 2027.
Sucre et farine : près de 3,5 milliards de DH de subventions à fin août 2026
Le soutien public concerne également le
sucre raffiné, pour lequel l'État accorde une subvention forfaitaire à la consommation de 3,67 dirhams par kilogramme. Sur cette base, la charge de compensation du sucre raffiné pourrait atteindre près de 2,7 milliards de dirhams au titre des huit premiers mois de 2026. Concernant la
farine nationale de blé tendre, les dépenses de compensation sont estimées à près de 800 millions de dirhams sur la période allant de janvier à août 2026. Au total, les charges relatives à ces deux produits pourraient ainsi représenter près de 3,5 milliards de dirhams sur les huit premiers mois de l'année.
Par ailleurs, le rapport fait état de la poursuite du soutien à l'approvisionnement des provinces du Sud en certains produits alimentaires. La charge correspondante s'est établie à 64 millions de dirhams entre janvier et août 2026.
Importations de sucre et de blé : des cours internationaux en recul
Parallèlement aux subventions à la consommation, le rapport revient sur les mécanismes de restitution liés aux importations de sucre brut et de blé tendre. Pour le sucre brut, la baisse des cours internationaux a permis de générer une restitution à l'importation en faveur de l'État. Sur la base des données disponibles, le montant à restituer pourrait atteindre 700 millions de dirhams au titre de la période janvier-août 2026. S'agissant du blé tendre importé, le recul des prix internationaux a permis de maintenir le prix de revient à l'importation en dessous du prix cible fixé à 270 dirhams le quintal. Dans ces conditions, le recours au mécanisme de restitution à l'importation n'a pas été nécessaire durant les huit premiers mois de 2026.
Transport routier : 2,488 milliards de DH de soutien mobilisés à fin septembre
Outre les produits de base, le gouvernement a réactivé en 2026 le dispositif de
soutien exceptionnel destiné aux professionnels du transport routier. Cette décision intervient en réponse à la forte hausse des prix du gasoil, qui affecte directement les coûts d'exploitation des opérateurs du secteur. Le dispositif vise à accompagner les professionnels du transport et à limiter les répercussions de l'augmentation des prix des carburants sur les tarifs de transport et, plus largement, sur les prix à la consommation. Selon le rapport, le montant global mobilisé dans ce cadre s'est établi à 2,488 milliards de dirhams sur la période allant de janvier à septembre 2026.