Économie

PLF 2027 : 27 milliards de DH d’investissements pour 151 nouveaux projets dans les 12 régions

Les principaux nouveaux projets d’investissement inscrits au budget général de l’État dans le cadre du projet de loi de finances 2027 représentent un coût global cumulé de 26,93 milliards de dirhams, selon l’agrégation des tableaux régionaux accompagnant le texte. Au total, 151 opérations sont recensées dans les 12 régions, avec 5,19 milliards de dirhams de crédits de paiement programmés pour 2027. Barrages, infrastructures routières, équipements sanitaires, établissements universitaires et installations sportives figurent parmi les principales opérations, avec des engagements financiers répartis sur plusieurs exercices. Ces chiffres concernent exclusivement les projets inscrits au budget général de l’État et n’incluent pas les investissements des établissements et entreprises publics (EEP) ni l’ensemble des autres composantes de l’investissement public.

26 Octobre 2026 À 12:50

La programmation de l’investissement public pour 2027 fait apparaître une nouvelle série de projets destinés à renforcer les infrastructures et les équipements collectifs dans les différentes régions du Royaume. Selon la Note sur la répartition régionale de l’investissement, accompagnant le Projet de Loi de finances (PLF) 2027, les principaux nouveaux projets relevant du budget général de l’État totalisent un coût prévisionnel de 26,93 milliards de dirhams. Ce montant concerne exclusivement les projets inscrits au Budget Général de l’État et n’inclut pas les investissements des établissements et entreprises publics (EEP), ni ceux des collectivités territoriales, qui constituent également des composantes de l’investissement public. Ce montant résulte de l’agrégation des 151 opérations recensées dans les tableaux consacrés aux nouveaux projets d’investissement dans les 12 régions. Il correspond au coût global des projets, et non aux seules dépenses à engager en 2027. Les crédits de paiement programmés pour le prochain exercice s’élèvent à 5,19 milliards de dirhams, tandis que les prévisions atteignent 4,39 milliards en 2028 et 3,39 milliards en 2029.

Au total, la programmation triennale 2027-2029 représente ainsi 12,97 milliards de dirhams de crédits de paiement, soit environ 48,2% du coût global cumulé des opérations identifiées. La différence ne constitue pas nécessairement un besoin de financement non couvert : certains projets peuvent s'étendre au-delà de 2029 ou relever de calendriers de financement spécifiques. Cette programmation couvre plusieurs catégories d'investissement, depuis les grands ouvrages hydrauliques jusqu'aux équipements de proximité. Elle révèle également des différences importantes entre les régions, tant par le nombre de projets que par les enveloppes financières annoncées.

Marrakech-Safi et Fès-Meknès concentrent les plus importantes enveloppes

En matière de coût global, Marrakech-Safi arrive en tête avec 5,07 milliards de dirhams répartis entre 14 nouveaux projets. La région est suivie de Fès-Meknès, avec 5,19 milliards de dirhams pour 12 projets, puis de Béni Mellal-Khénifra, qui totalise 4,99 milliards pour 12 opérations. Ces trois régions concentrent ainsi près de 15,25 milliards de dirhams, soit environ 56,6% du coût cumulé des nouveaux projets recensés.



Dans la région de Fès-Meknès, l'investissement hydraulique occupe une place prépondérante. La surélévation du barrage Bouhouda représente un coût de 2 milliards de dirhams. Cette opération vise à porter la capacité de retenue de l'ouvrage de 44,7 à 600 millions de mètres cubes. Les crédits programmés s'élèvent à 21,6 millions de dirhams en 2027, 78,1 millions en 2028 et 434 millions en 2029.

La construction du barrage Bab Ouender mobilise, pour sa part, un coût prévisionnel de 1,69 milliard de dirhams, pour une capacité de retenue annoncée de 325 millions de mètres cubes. Sa programmation budgétaire prévoit également 21,6 millions de dirhams en 2027, 78,1 millions en 2028 et 434 millions en 2029. À ces infrastructures hydrauliques s'ajoutent des équipements sportifs. La construction du Grand Stade de Meknès représente 600 millions de dirhams, dont 300 millions programmés dès 2027. La reconstruction du stade Hassan II de Fès est inscrite pour 20 millions de dirhams.

À Béni Mellal-Khénifra, l'aménagement territorial régional constitue l'une des principales opérations, avec un coût global de 2,7 milliards de dirhams. Les crédits programmés sont de 50 millions de dirhams en 2027, autant en 2028 et 100 millions en 2029. La région bénéficie également du Projet de développement rural intégré de l'élevage dans la province de Khénifra, dont le coût est évalué à 904 millions de dirhams. L'opération vise à renforcer la résilience des systèmes d'élevage, leur valorisation économique et l'accès aux marchés. Elle mobiliserait 55,31 millions de dirhams en 2027, 287,84 millions en 2028 et 381,99 millions en 2029.

Dans le domaine routier, le dédoublement de la route régionale 710 entre Khénifra et Bejaâd, sur 11 kilomètres, est programmé pour 220 millions de dirhams, dont 50 millions en 2027.

Marrakech-Safi : des infrastructures rurales dans le cadre de la reconstruction post-séisme

À Marrakech-Safi, l'un des principaux projets concerne la réhabilitation et la reconstruction des pistes agricoles et rurales destinées au désenclavement des exploitations. D'un coût de 2,54 milliards de dirhams, l'opération s'inscrit dans le programme de reconstruction et de mise à niveau générale des régions sinistrées par le séisme d'Al Haouz. Les crédits de paiement programmés pour ce projet s'élèvent à 171,2 millions de dirhams en 2027, 194 millions en 2028 et 200 millions en 2029. La région prévoit également la reconstruction de l'hôpital psychiatrique Assaada de Marrakech, pour 114 millions de dirhams. L'établissement doit disposer d'une capacité de 120 lits. La programmation financière prévoit 19,3 millions de dirhams en 2027, 17,6 millions en 2028 et 59,4 millions en 2029. Dans l'enseignement supérieur, une enveloppe de 72 millions de dirhams est prévue pour la scission de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales d'El Kelâa des Sraghna. Le projet prévoit la création de deux facultés, offrant une capacité cumulée de 6.000 places.

Rabat-Salé-Kénitra et Casablanca-Settat : santé, enseignement supérieur et équipements collectifs

Rabat-Salé-Kénitra totalise 2,54 milliards de dirhams de coût global pour 15 nouveaux projets, avec 805,8 millions de dirhams de crédits de paiement programmés en 2027, soit la plus importante enveloppe annuelle parmi les régions recensées. Parmi les principales opérations figurent la construction de deux hôpitaux de proximité à Dar Gueddari et Mechraa Bel Ksiri. Chacun représente un coût de 200 millions de dirhams et une capacité de 45 lits. Les crédits programmés pour 2027 atteignent 47 millions de dirhams par établissement. La construction et l'équipement de la faculté de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire de Kénitra sont également prévus pour 330 millions de dirhams, avec une capacité annoncée de 4.280 places pédagogiques.

La région inscrit par ailleurs 790,1 millions de dirhams au titre d'opérations de cohésion sociale et d'intégration urbaine dans les quartiers défavorisés, dont 190 millions de dirhams programmés en 2027. La construction d'une grande médiathèque à Rabat figure également parmi les nouveaux projets, pour 50 millions de dirhams.

De son côté, Casablanca-Settat totalise 1,26 milliard de dirhams pour 11 opérations, avec 482,17 millions de dirhams programmés en 2027. La construction et l'équipement de la faculté de médecine et de pharmacie de Settat constituent l'un des principaux investissements universitaires, avec un coût de 390 millions de dirhams. Les crédits prévisionnels s'élèvent à 20 millions de dirhams en 2027, puis 60 millions pour chacune des années 2028 et 2029. La région prévoit également la construction et l'équipement de l'Institut national d'intelligence artificielle et de digitalisation, pour 48 millions de dirhams. L'établissement doit offrir une capacité d'accueil de 1.000 places. Dans le secteur sportif, un centre fédéral national de football est programmé à Bouskoura pour 80 millions de dirhams, intégralement inscrits en crédits de paiement pour 2027. L'éducation nationale bénéficie, quant à elle, d'un programme de construction de nouveaux établissements scolaires d'un coût de 313 millions de dirhams, portant sur cinq écoles primaires, deux écoles communautaires, huit collèges et quinze lycées. Les crédits prévus pour 2027 atteignent 128,4 millions de dirhams.

Souss-Massa et Drâa-Tafilalet : formation, infrastructures et développement territorial

Dans le Souss-Massa, les nouveaux projets recensés représentent un coût cumulé de 3,38 milliards de dirhams, réparti entre 13 opérations. Les crédits de paiement programmés en 2027 atteignent 634,22 millions de dirhams. Parmi les investissements universitaires figurent la construction de la faculté de médecine dentaire d'Agadir, pour 92,4 millions de dirhams et une capacité de 770 places, ainsi que l'Institut des métiers du sport d'Agadir, évalué à 90 millions de dirhams, pour 4.000 places. Une faculté d'économie et de gestion est également prévue à Tiznit, avec un coût de 80 millions de dirhams et une capacité annoncée de 5.380 places.

Sur le volet hydraulique, la construction du petit barrage Tamaloukt est programmée pour 47,8 millions de dirhams. L'ouvrage doit contribuer à l'alimentation en eau potable, à l'irrigation et à la recharge de la nappe phréatique.

Dans la région de Drâa-Tafilalet, le coût cumulé des 13 nouveaux projets s'établit à 1,20 milliard de dirhams, avec 349,45 millions de dirhams de crédits prévus pour 2027. Le projet de ville de production internationale du cinéma à Ouarzazate représente 240 millions de dirhams. Il comprend notamment une zone d'accélération, des espaces de production et un complexe administratif. Les crédits de paiement sont programmés à hauteur de 20 millions de dirhams pour chacune des années 2027, 2028 et 2029. La région prévoit également le dédoublement de la route nationale 10 entre Errachidia et Meski, sur 16 kilomètres, pour un coût de 120 millions de dirhams, dont 24 millions en 2027.

L'Oriental et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma : agriculture, infrastructures et établissements scolaires

Dans l'Oriental, les 15 nouveaux projets recensés représentent un coût global de 1,07 milliard de dirhams, avec 300,17 millions de dirhams de crédits programmés en 2027. Les projets d'agriculture solidaire constituent une composante importante de cette programmation, avec un coût de 436 millions de dirhams. Les crédits prévus pour 2027 atteignent 12,9 millions de dirhams. La région prévoit également plusieurs opérations de modernisation des infrastructures de commercialisation et d'abattage, notamment les abattoirs de Ben Taieb, d'Oujda et de Taourirt, pour des coûts respectifs de 44 millions, 50 millions et 39 millions de dirhams. Une plateforme commerciale est également prévue à Berkane pour 10 millions de dirhams. Dans l'enseignement supérieur, la construction de la Faculté des sciences de la société à Berkane est inscrite pour 22 millions de dirhams, tandis que l'extension et l'équipement de la Faculté de médecine et de pharmacie d'Oujda représentent 20 millions de dirhams.

À Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, sept nouveaux projets totalisent 526,66 millions de dirhams, avec 253,9 millions programmés en 2027. L'éducation nationale constitue le principal poste parmi les opérations recensées. La réhabilitation des établissements scolaires représente 238 millions de dirhams et concerne notamment 183 écoles pionnières et 50 collèges pionniers. La construction de nouveaux établissements mobilise 137 millions de dirhams pour cinq écoles primaires, six collèges et quatre lycées. L'extension des établissements scolaires est également programmée pour 37 millions de dirhams, avec la création de 148 salles de classe. La région prévoit, par ailleurs, la délocalisation du village des pêcheurs de Martil, pour 33,3 millions de dirhams, ainsi que des travaux de renforcement d'un ouvrage de protection maritime à Larache, pour 16 millions.

Régions du Sud : connectivité, formation et infrastructures économiques

Les trois régions de Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab totalisent 2,? milliards de dirhams de nouveaux projets recensés, avec des investissements orientés notamment vers l'enseignement supérieur, les infrastructures routières et les équipements économiques. À Guelmim-Oued Noun, 13 opérations représentent un coût global de 551,44 millions de dirhams, avec 131,7 millions programmés en 2027. La construction et l'équipement de la faculté d'économie et de gestion de Guelmim représentent 120 millions de dirhams, pour une capacité de 6 500 places. Une faculté des sciences et techniques est également prévue pour 60 millions de dirhams, avec 2 680 places.

Les infrastructures routières comprennent la réalisation des pénétrantes de la voie express Tiznit-Dakhla dans la province de Guelmim, pour 53 millions de dirhams, dont 26,5 millions programmés en 2027. À Laâyoune-Sakia El Hamra, les 12 nouveaux projets totalisent 400,49 millions de dirhams, avec 133,15 millions de crédits de paiement prévus pour 2027. L'extension de la zone industrielle Sud de Laâyoune est programmée pour 100 millions de dirhams, répartis à parts égales entre 2027 et 2028.

La construction et l'équipement de l'École nationale des technologies avancées de Laâyoune représentent également 100 millions de dirhams. L'établissement doit offrir 1 470 places. Une grande mosquée est par ailleurs prévue à Laâyoune, pour 104,7 millions de dirhams, dont 40 millions en 2027.

Enfin, à Dakhla-Oued Eddahab, 14 nouveaux projets représentent un coût global de 748,37 millions de dirhams, avec 121,99 millions programmés pour 2027. Parmi les principales opérations figure la construction de la route reliant le port Dakhla Atlantique à Dakhla, au niveau de Taourta. D'un coût de 350 millions de dirhams, ce projet prévoit 10 millions de crédits en 2027, 50 millions en 2028 et 100 millions en 2029. Il vise à améliorer la connectivité du futur complexe portuaire avec le réseau routier et à faciliter les flux de marchandises. La réalisation de la zone industrielle et logistique du port Dakhla Atlantique représente, pour sa part, 150 millions de dirhams, avec 25 millions programmés en 2027, 50 millions en 2028 et 75 millions en 2029. La région prévoit également la construction et l'équipement de l'École nationale des technologies avancées de Dakhla, pour 100 millions de dirhams et une capacité de 1 470 places.
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