Économie

PLF 2027 : les détails du projet de budget de l'État

Le Projet de loi de finances 2027 prévoit des charges globales de 825,59 milliards de dirhams, en hausse de 8,44 % par rapport à 2026. Les dépenses de fonctionnement atteindraient 387,14 milliards de dirhams, tandis que les recettes fiscales sont estimées à 437,40 milliards. Voici les principaux chiffres du budget proposé pour l'année prochaine.

23 Octobre 2026 À 16:17

Selon les données contenues dans la note de présentation du projet de loi de finances (PLF) 2027, le montant total des charges devrait atteindre 825,59 milliards de dirhams, contre 761,30 milliards de dirhams en 2026, soit une hausse de 8,44%. Cette enveloppe comprend 571,12 milliards de dirhams au titre du budget général, hors amortissement de la dette publique à moyen et long termes, 183,41 milliards de dirhams pour les Comptes spéciaux du Trésor (CST) et 1,68 milliard de dirhams pour les Services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA). À ces montants s'ajoutent 69,38 milliards de dirhams consacrés à l'amortissement de la dette publique à moyen et long termes.

En parallèle, les ressources totales de l’État devraient s’établir à 786,60 milliards de dirhams, contre 712,55 milliards de dirhams en 2026, enregistrant une progression de 10,39%. Elles se répartissent entre 482,42 milliards de dirhams pour les ressources du budget général, hors emprunts à moyen et long termes, 182,49 milliards de dirhams pour les Comptes spéciaux du Trésor et 1,68 milliard de dirhams pour les SEGMA. Les recettes d’emprunts à moyen et long termes sont, quant à elles, prévues à hauteur de 120 milliards de dirhams. Le solde du budget de l’État, calculé hors produits des emprunts et hors amortissement de la dette publique à moyen et long termes, ressortirait à -89,61 milliards de dirhams en 2027, contre -107,58 milliards de dirhams en 2026.

Les besoins résiduels de financement devraient également diminuer, passant de 48,74 milliards de dirhams en 2026 à 38,99 milliards de dirhams en 2027, soit un recul de 20,01%.

Fonctionnement : les dépenses augmentent de 11,41%

L'une des principales évolutions du PLF 2027 concerne les dépenses de fonctionnement du budget général. Les crédits prévus à ce titre atteindraient 387,14 milliards de dirhams, contre 347,49 milliards de dirhams en 2026, soit une augmentation de 11,41%. Cette progression intervient alors que les dépenses de personnel devraient rester relativement stables. Les crédits destinés à la rémunération du personnel de l’État sont fixés à 195,67 milliards de dirhams en 2027, contre 195,33 milliards de dirhams en 2026, représentant une hausse limitée à 0,18%. Sur cette enveloppe, 25,52 milliards de dirhams correspondent aux cotisations de l’État au titre de la prévoyance sociale et de la retraite.

En revanche, les dépenses de matériel et les dépenses diverses enregistreraient une augmentation nettement plus importante.

Les crédits prévus pour ces dépenses passeraient de 93,67 milliards de dirhams en 2026 à 110,18 milliards de dirhams en 2027, soit une progression de 17,62%.

Investissement : 138 milliards de DH en crédits de paiement, 241,8 milliards de DH mobilisables

Concernant l’investissement public inscrit au budget général, les crédits de paiement prévus pour 2027 atteindraient 138,03 milliards de dirhams, contre 136,11 milliards de dirhams en 2026. Cette évolution correspond à une augmentation de 1,41%. Toutefois, les crédits de paiement ne représentent qu'une partie des moyens budgétaires prévus pour les investissements des administrations. Le PLF 2027 prévoit également 88,77 milliards de dirhams de crédits d’engagement ouverts au titre de l’exercice 2027 et des années suivantes. À cette enveloppe s’ajoutent 15 milliards de dirhams de crédits de report estimés, correspondant aux dépenses engagées dans le cadre de la loi de finances 2026, mais non encore ordonnancées au 31 décembre de la même année.

En intégrant ces différentes composantes, le montant total des crédits mis à la disposition des administrations pour les dépenses d’investissement atteindrait 241,80 milliards de dirhams en 2027. Il convient ainsi de distinguer les 138,03 milliards de dirhams de crédits de paiement prévus pour l’exercice des autres autorisations budgétaires, notamment les engagements pluriannuels et les reports.

Dette publique : près de 115,3 milliards de DH entre intérêts et remboursements

Le projet de budget prévoit également une augmentation des charges liées au service de la dette publique. Les crédits consacrés aux intérêts et commissions de la dette atteindraient 45,94 milliards de dirhams en 2027, contre 44,05 milliards de dirhams en 2026.

Sur cette enveloppe, 32,25 milliards de dirhams seraient consacrés aux intérêts et commissions de la dette intérieure, tandis que 13,69 milliards de dirhams concerneraient la dette extérieure. Parallèlement, les crédits destinés au remboursement du principal de la dette publique à moyen et long termes devraient atteindre 69,38 milliards de dirhams, contre 64,17 milliards de dirhams en 2026.

Ces remboursements se répartiraient entre 51,08 milliards de dirhams pour la dette intérieure et 18,30 milliards de dirhams pour la dette extérieure.

Au total, les crédits prévus pour les intérêts, commissions et amortissements de la dette publique représenteraient ainsi près de 115,32 milliards de dirhams en 2027.

Recettes fiscales : les impôts directs devraient progresser de 22,81%

Du côté des ressources, le PLF 2027 anticipe une progression des recettes ordinaires du budget général, qui devraient atteindre 482,42 milliards de dirhams, contre 421,33 milliards de dirhams en 2026. Cette hausse de 14,50% serait principalement portée par les recettes fiscales, particulièrement celles provenant des impôts directs et taxes assimilées. Ces dernières devraient augmenter de 22,81%, pour atteindre 203,48 milliards de dirhams en 2027. Les impôts indirects devraient également progresser, avec des recettes attendues à 185,55 milliards de dirhams, soit une augmentation de 10,52%.

Les droits d’enregistrement et de timbre enregistreraient, pour leur part, une hausse de 16,79%, à 28,40 milliards de dirhams.

Les recettes provenant des droits de douane devraient atteindre près de 19,97 milliards de dirhams, en progression de 9,85% par rapport à 2026. À l'inverse, certaines catégories de ressources devraient diminuer. Les dons et legs reculeraient de 33,33%, pour s’établir à un milliard de dirhams. Les recettes diverses devraient également se contracter de 2,32%, à 9,40 milliards de dirhams.
Copyright Groupe le Matin © 2026