26 Octobre 2026 À 17:14
Le ministre de l'Économie, des finances et de la performance publique, Fouzi Lekjaâ, a placé la question territoriale au cœur de son intervention devant les deux Chambres. Citant le Discours Royal d'ouverture de la session législative, il a rappelé que «le véritable enjeu de la prochaine étape est le travail de terrain, au niveau territorial, en se penchant sur les vrais problèmes de chaque région et en œuvrant à leur trouver des solutions réalistes». La promotion du développement intégré, l'amélioration des services publics et la stimulation de l'investissement productif sont, selon les termes du Discours Royal repris par le ministre, «étroitement liées au processus de régionalisation avancée et à l'activation de la déconcentration administrative».
Le ministre en a tiré une conséquence institutionnelle. La mise en œuvre effective des priorités sociales et économiques exige, a-t-il affirmé, «une réingénierie de l'organisation des structures institutionnelles de l'État et de ses modes d'intervention», afin que soient réunis au niveau territorial «le pouvoir de décision, les moyens d'exécution et la responsabilité des résultats». La régionalisation avancée et la déconcentration constituent, dans ses mots, «une condition du succès» et la traduction des Orientations Royales visant «à rompre avec les disparités dans le rythme du développement entre les régions du Royaume».
Le ministre a confirmé que le projet accordait «une attention particulière à l'accélération de la mise en œuvre de la loi organique relative aux régions», en clarifiant leurs compétences, en renforçant les mécanismes de coordination et de contractualisation avec l'État et en portant les transferts «à pas moins de 12 milliards de dirhams à partir de 2027». La note de présentation annonce l'adoption d'un décret relatif à la contractualisation entre l'État et les régions et «l'extension progressive des contrats-programmes», fondés sur des priorités territoriales «assorties d'objectifs explicites, notamment en matière d'emploi et d'investissement productif».
Sur la déconcentration, le ministre s'est engagé à «l'activation complète de la Charte nationale», par «le transfert effectif des compétences et des ressources humaines nécessaires aux services déconcentrés». Le document d'accompagnement reprend l'injonction Royale selon laquelle «aucun retard ni atermoiement n'est désormais tolérable» et indique que les efforts viseront «à lever les contraintes institutionnelles et organisationnelles qui freinent son déploiement».
Le ministre a insisté sur la transparence du dispositif. Il a annoncé une plateforme numérique dédiée, «accessible aux citoyens et aux acteurs institutionnels», permettant de consulter la programmation, l'avancement des travaux et le niveau de réalisation des projets, dans une logique de «reddition des comptes». Il a également évoqué l'accélération du programme national des centres ruraux émergents, dont la deuxième phase porte sur 24 centres pour 1,68 milliard de dirhams, au profit, selon la note de présentation, de près de 290.000 habitants, après le lancement de douze centres pilotes à raison d'un par région.
Le même document observe que «la localisation régionale du portefeuille public est concentrée dans les deux villes de Rabat et de Casablanca qui regroupent 52% des sièges des EEP», tout en précisant que cette concentration «ne rend toutefois pas compte, à elle seule, de l'empreinte territoriale effective de leurs interventions», près de 63% des entités intervenant à l'échelle régionale. Le rapport estime que l'appréciation de la territorialisation «gagnerait à dépasser l'implantation territoriale des entités pour intégrer progressivement la répartition régionale de leurs investissements» et les résultats obtenus en matière de réduction des disparités.