Économie

Politique monétaire : le FMI relève des signes de dominance fiscale au Maroc

Dans un nouveau Rapport sur l’indépendance des Banques centrales, le Fonds monétaire international classe le Maroc parmi les pays où l’emprunt public auprès du système bancaire dépasse la moyenne régionale, un élément qui indique certains signes de dominance fiscale. Selon le FMI, une telle situation peut compliquer la conduite et l’efficacité de la politique monétaire et rendre plus difficile la maîtrise de l’inflation.

Ph : AFP

04 Juin 2026 À 14:00

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Le Fonds monétaire international (FMI) a publié une étude consacrée à l’indépendance des Banques centrales au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Asie centrale et dans le Caucase. Le Rapport conclut qu’une plus grande autonomie des Banques centrales est associée à une meilleure maîtrise de l’inflation et à une plus grande résilience face aux chocs macroéconomiques.

L’étude analyse notamment les interactions entre politique budgétaire et politique monétaire, ainsi que leurs implications pour l’efficacité de cette dernière. Pour mesurer la «dominance fiscale», le FMI s’appuie sur les créances nettes du système bancaire sur l’État, exprimées en pourcentage du PIB. Sur la base de cet indicateur, l’institution relève que des pays comme le Maroc, l’Égypte, la Jordanie, l’Algérie et le Pakistan affichent un niveau d’endettement public auprès du système bancaire supérieur à la moyenne régionale, ce qui constitue, selon elle, un signe de dominance budgétaire.



Cette situation se produit lorsque les besoins de financement de l’État influencent la conduite de la politique monétaire, notamment en poussant les autorités à financer le gouvernement ou à maintenir des taux d’intérêt artificiellement bas. Le FMI estime qu’un recours important au système bancaire pour financer les déficits publics peut compliquer la transmission de la politique monétaire, alimenter les pressions inflationnistes et affecter la crédibilité des Banques centrales.

L’institution souligne également qu’un endettement public excessif auprès du secteur bancaire peut provoquer un effet d’éviction du crédit au secteur privé, freiner l’investissement et peser sur la croissance économique.

Le Rapport cite notamment les cas de l’Égypte et du Pakistan, où des niveaux élevés de dette intérieure auraient limité la capacité des Banques centrales à relever leurs taux d’intérêt en temps opportun, contribuant ainsi à la persistance de l’inflation malgré l’atténuation progressive des tensions mondiales sur les chaînes d’approvisionnement.

Renforcer l’indépendance des Banques centrales

Face à ces constats, le FMI formule plusieurs recommandations. À court terme, il préconise de renforcer le cadre juridique des Banques centrales afin de les protéger des influences politiques, de consolider leur indépendance financière et d’améliorer leur gouvernance.

L’institution recommande notamment l’adoption de procédures transparentes pour la nomination des gouverneurs et des membres des conseils d’administration, l’allongement des mandats afin qu’ils dépassent les cycles électoraux, ainsi que la limitation de la présence de représentants du gouvernement au sein des organes décisionnels.

À moyen terme, le FMI plaide pour un renforcement des mécanismes de transparence, de redevabilité et de communication des Banques centrales, tout en adaptant le rythme des réformes aux capacités institutionnelles propres à chaque pays.

Le Rapport souligne, toutefois, que les effets de ces réformes ne sont généralement perceptibles qu’à moyen ou long terme. Les délais nécessaires à l’adoption des changements législatifs et l’écart parfois observé entre l’indépendance formelle et son application effective expliquent cette temporalité.

En conclusion, le FMI estime que l’indépendance des Banques centrales, lorsqu’elle s’inscrit dans un cadre de politique monétaire solide, favorise une gestion plus efficace de l’inflation et constitue un atout majeur pour faire face aux chocs inflationnistes imprévus.
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