Moncef Ben Hayoun
04 Novembre 2026
À 10:07
Les
collectivités marocaines pourraient bénéficier de nouveaux financements pour leurs projets de transport urbain, de gestion de l’eau, de traitement des déchets ou d’efficacité énergétique. Le
Fonds vert pour le climat (GCF) vient d’approuver 87 millions d’euros supplémentaires pour le
programme «Villes vertes» de la
Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Cette deuxième tranche porte les
financements concessionnels du GCF disponibles pour le programme à 174 millions d’euros, accessibles dans 15 pays, dont le
Maroc. Ces ressources doivent aider les
villes à développer des
investissements climatiques plus ambitieux, en répondant aux contraintes d’accessibilité financière et de
bancabilité des projets, tout en mobilisant des capitaux publics et privés supplémentaires.Elles sont accessibles aux villes, aux entreprises de services publics et aux entreprises privées des pays éligibles.
Le
programme «Villes vertes» a mobilisé, en dix ans, 7 milliards d’euros de financements provenant de la Banque et de ses bailleurs partenaires. Il a accompagné 60 villes, contribuant à améliorer les conditions de vie de plus de 80 millions de personnes. Le
Maroc compte déjà trois collectivités participantes au programme: la
ville d’Agadir, qui l’a rejoint en 2022, ainsi que les régions de
Guelmim-Oued Noun et de
Casablanca-Settat, entrées respectivement en 2023 et en 2026. Leur participation s’accompagne de l’élaboration de plans d’action destinés à identifier et à hiérarchiser leurs principaux défis environnementaux, puis à définir les investissements et les mesures nécessaires pour y répondre.
Agadir a été la première ville marocaine à rejoindre le programme, à l’occasion de la première émission obligataire municipale du pays. La
BERD a investi 400 millions de dirhams dans cette émission de 1 milliard de dirhams. Cette opération visait à permettre à la ville de dégager des ressources supplémentaires pour mettre en œuvre son programme de
développement urbain, avec un accent sur les
infrastructures vertes et inclusives. Pour Guelmim-Oued Noun, l’entrée dans le programme s’est appuyée sur un prêt de la BERD de 130 millions de dirhams, soit 12 millions d’euros. Ce financement porte sur l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable dans les zones rurales de la province de Guelmim et sur la modernisation de quatre stations d’épuration situées à Guelmim, Lakhssas, Tan-Tan et Mirleft. Les investissements doivent permettre la réutilisation des eaux usées traitées pour l’arrosage des espaces verts et des ceintures vertes de la région. L’opération bénéficie également d’un don d’investissement de 1 million de dollars du Fonds pour l’environnement mondial et d’une garantie de l’Union européenne.
Casablanca-Settat a, pour sa part, rejoint le programme en 2026. La BERD a investi 400 millions de dirhams dans une
émission obligataire régionale d’un milliard de dirhams. Cette opération doit contribuer aux investissements stratégiques inscrits dans le
Programme de développement régional 2022-2027. L’élaboration d’un plan d’action doit tout autant permettre à la région de répondre à ses principaux défis climatiques et environnementaux, de renforcer ses infrastructures durables et d’améliorer la qualité de vie de ses habitants.
À l’échelle internationale, le programme intervient dans les transports urbains, les réseaux de chauffage et de refroidissement urbains, les déchets solides, les énergies renouvelables, les solutions intelligentes, l’eau et les eaux usées, les bâtiments, les réseaux de distribution d’électricité et l’éclairage public. De même, il soutient la résilience climatique et les solutions fondées sur la nature. L’accompagnement associe investissements dans les infrastructures durables, appui aux politiques publiques, assistance technique, renforcement des capacités et amélioration de l’accès à la finance verte. Outre le Maroc, les pays éligibles aux financements concessionnels du GCF sont l’Albanie, l’Arménie, la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie, la Jordanie, le Kazakhstan, la République kirghize, la Moldavie, la Mongolie, la Macédoine du Nord, la Serbie, le Tadjikistan, la Tunisie et l’Ouzbékistan. La première tranche du GCF a soutenu l’achèvement de huit plans d’action pour des villes vertes et dix investissements. La deuxième tranche permettra d’élargir le soutien aux investissements dans les villes participantes. Cette approbation intervient alors que la BERD et le GCF approchent de dix années de partenariat et de mise en œuvre de projets. Leur coopération combine les ressources concessionnelles du Fonds avec les financements de la Banque, son expertise technique et la mobilisation du secteur privé pour soutenir l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets.