S.Ba.
07 Octobre 2026
À 14:42
L’expansion de la flotte de
Royal Air Maroc et l’élargissement de son réseau pourraient profiter davantage à l’industrie nationale. Le ministère de l’Industrie et du Commerce et la compagnie aérienne nationale ont conclu, à
Marrakech, un accord visant à développer le sourcing local et à faire de la politique d’achats de RAM un levier de développement de nouvelles capacités industrielles au Maroc.
L’enjeu est important. Avec la croissance de son activité, les besoins de Royal Air Maroc augmentent dans un large éventail de produits, d’équipements et de prestations. Or, une part significative de ces achats reste aujourd’hui satisfaite par les importations.
La convention fixe ainsi un objectif à terme : remplacer jusqu’à 60% de ces importations par une offre produite au Maroc, à condition qu’elle réponde aux exigences de qualité, de coût, de délai et de sécurité propres au transport aérien.
Donner de la visibilité aux industriels marocains
Le dispositif repose sur un partage des rôles. Royal Air Maroc devra fournir aux industriels une meilleure visibilité sur la nature de ses besoins, les volumes concernés et leur calendrier. Cette visibilité doit permettre aux entreprises intéressées d’anticiper la demande et d’adapter leurs capacités de production.
De son côté, le ministère de l’Industrie et du Commerce mobilisera ses instruments d’accompagnement afin d'aider les entreprises marocaines à atteindre les standards requis par la compagnie.
Cette démarche devrait notamment ouvrir de nouvelles perspectives aux PME marocaines, qui pourraient accéder plus largement aux commandes de Royal Air Maroc. Au-delà de la substitution aux importations, l’ambition est donc de renforcer l'intégration locale autour des besoins croissants de la compagnie.
Attirer les fournisseurs étrangers au Maroc
Le partenariat comporte également un volet consacré à l’investissement. Il vise à encourager les fournisseurs internationaux de Royal Air Maroc à s’implanter au Maroc, avec à la clé des transferts de technologies et de savoir-faire.
Cette dynamique pourrait favoriser l’émergence de nouvelles filières industrielles et la création d’emplois, mais aussi permettre aux entreprises installées au Maroc de travailler, à terme, pour d’autres donneurs d’ordres et de se positionner sur les marchés à l’export.
L’accord sera piloté par un comité de pilotage paritaire et un comité de suivi. Les deux instances devront mesurer l’avancement du programme à travers des indicateurs définis conjointement.
Avec cette convention, Royal Air Maroc cherche ainsi à adosser davantage la montée en puissance de sa flotte et de son réseau au tissu productif national, tandis que le ministère entend utiliser la commande de la compagnie comme un levier pour développer le Made in Morocco dans les produits, équipements et services liés à l'activité aérienne.