LE MATIN
15 Octobre 2026
À 10:31
La
capacité d’épargne des ménages demeure particulièrement limitée au troisième trimestre 2026. Selon les résultats de l’enquête permanente de conjoncture auprès des ménages du
Haut-Commissariat au Plan (HCP), seuls 2,8% des ménages affirment épargner une partie de leur revenu. À l’inverse, 39% déclarent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne pour financer leurs dépenses courantes. Plus de la moitié des ménages, soit 58,2%, estiment que leurs
revenus permettent de couvrir leurs
dépenses, sans pour autant dégager une capacité d’épargne. Ces résultats témoignent d’une perception toujours négative de la
situation financière des ménages. Le solde d’opinion relatif à la
situation financière actuelle des ménages s’établit à -36,2 points, contre -36,1 points au trimestre précédent et -36,4 points au troisième trimestre 2025. Les perspectives d’épargne ne montrent pas d’amélioration. Seuls 7,5% des ménages pensent pouvoir épargner au cours des douze prochains mois, contre 92,5% qui ne l’envisagent pas. Le solde d’opinion correspondant ressort ainsi à -85 points, en détérioration par rapport au deuxième trimestre 2026 (-80,9 points) et au troisième trimestre 2025 (-80,8 points).
Une confiance des ménages en léger recul
Cette faiblesse de la
capacité d’épargne intervient dans un contexte de léger recul de la
confiance des ménages. Au troisième trimestre 2026, l’
indice de confiance des ménages (ICM) s’établit à 59,2 points, contre 60,1 points au trimestre précédent. Il reste toutefois supérieur à son niveau du troisième trimestre 2025, où il atteignait 53,6 points. Cet indicateur synthétise les perceptions des ménages concernant l’évolution de leur niveau de vie, les perspectives du chômage, l’opportunité d’effectuer des achats de biens durables et leur situation financière.
Concernant cette dernière, 44,9% des ménages estiment qu’elle s’est dégradée au cours des douze derniers mois, contre seulement 4,7% qui constatent une amélioration. Le solde d’opinion relatif à l’évolution passée de leur situation financière atteint ainsi -40,2 points, après -38,9 points au deuxième trimestre 2026 et -46,8 points un an auparavant. Pour les douze prochains mois, les anticipations sont plus partagées. Près de deux tiers des ménages (65,1 %) prévoient une stabilité de leur
situation financière, tandis que 18,4% s’attendent à une dégradation et 16,5% à une amélioration. Le solde d’opinion correspondant s’établit à -1,9 point, contre +0,1 point au trimestre précédent et -10 points au troisième trimestre 2025.
Niveau de vie : plus de trois ménages sur quatre constatent une dégradation
La perception de l’
évolution du niveau de vie reste largement négative. Au troisième trimestre 2026, 76,3% des
ménages déclarent que leur niveau de vie s’est dégradé au cours des douze derniers mois. À l’opposé, 5,2% constatent une amélioration, tandis que 18,5% estiment qu’il est resté stable. Le solde d’opinion relatif à l’évolution passée du niveau de vie demeure ainsi négatif à -71,1 points, contre -73,1 points au trimestre précédent et -72,9 points un an auparavant. Les anticipations pour l’année à venir restent également défavorables. Plus de la moitié des ménages, soit 51,7%, s’attendent à une nouvelle dégradation de leur niveau de vie au cours des douze prochains mois. Parallèlement, 39,6% prévoient un maintien au même niveau et seulement 8,7% envisagent une amélioration. Le solde d’opinion relatif à l’évolution future du niveau de vie ressort à -43 points, contre -41,7 points au trimestre précédent et -44,3 points à la même période de 2025.
Chômage et achats de biens durables : des anticipations toujours négatives
Les inquiétudes concernant le
marché du travail persistent également. Au troisième trimestre 2026, 61,3% des ménages s’attendent à une augmentation du chômage au cours des douze prochains mois, contre 17,3% qui anticipent une diminution. Le solde d’opinion relatif aux perspectives du chômage s’établit ainsi à -44 points, en détérioration par rapport au trimestre précédent (-38,8 points), mais en amélioration par rapport au troisième trimestre 2025 (-56,4 points).
Cette prudence se retrouve dans les intentions d’achat de biens durables. Selon le HCP, 63,8% des ménages considèrent que la conjoncture actuelle n’est pas favorable à ce type d’acquisitions, contre 14,5% qui estiment le moment opportun. Le solde d’opinion correspondant demeure négatif à -49,3 points, après -50,6 points au deuxième trimestre 2026 et -57,7 points un an auparavant.
Prix alimentaires : 95,9% des ménages constatent une hausse sur un an
Les perceptions relatives aux
prix des produits alimentaires continuent de peser sur l’appréciation des conditions de vie. Au troisième trimestre 2026, 95,9% des ménages déclarent avoir constaté une augmentation des prix alimentaires au cours des douze derniers mois. À l’inverse, seuls 0,4% font état d’une diminution. Le solde d’opinion relatif à l’évolution passée des prix alimentaires ressort à -95,5 points. Il s’améliore légèrement par rapport au deuxième trimestre 2026, où il atteignait -97 points, tout en restant identique à son niveau du troisième trimestre 2025 (-95,5 points).
Les anticipations restent orientées vers une poursuite de la hausse des prix. Ainsi, 77,9% des ménages s’attendent à une augmentation des prix des produits alimentaires au cours des douze prochains mois, tandis que 21,1% prévoient une stabilité et seulement 1% une diminution. Le solde d’opinion correspondant s’établit à -76,9 points, contre -75,2 points au trimestre précédent et -81,4 points un an auparavant.