LE MATIN
22 Avril 2026
À 12:44
À Meknès, le
Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) n’est pas seulement une vitrine des
innovations agricoles. Il est aussi un espace de diplomatie économique. Le 21 avril, le
Comité mixte agricole Maroc–France s’y est réuni, scellant la relance d’un partenariat stratégique entre les deux pays, dans un contexte marqué par les défis climatiques et les tensions sur les systèmes alimentaires.
Coprésidée par le ministre marocain de l’Agriculture,
Ahmed El Bouari, et son homologue française
Annie Genevard, cette rencontre a permis de dresser le bilan de la coopération engagée depuis 2024 et de définir de nouvelles priorités pour les années à venir.
Cette réunion s’inscrit dans le prolongement de l’accord-cadre signé en octobre 2024, qui avait posé les bases d’une collaboration renforcée entre les deux pays. Depuis, les échanges se sont intensifiés, portés par une logique de transfert de savoir-faire, de co-construction de projets et de mise en réseau des acteurs institutionnels et scientifiques.
Les deux parties ont salué les résultats de « l’année croisée agricole 2025 », considérée comme un levier de rapprochement entre filières professionnelles, territoires et institutions.
L’élevage au cœur des priorités
Dans un contexte de pression accrue sur les ressources naturelles, l’élevage s’impose comme un axe central de la coopération. Les discussions ont notamment porté sur la reconstitution du cheptel, l’amélioration génétique et le développement des ressources fourragères. Autant de chantiers jugés essentiels pour adapter les systèmes de production aux effets du changement climatique et garantir la sécurité alimentaire à moyen terme.
Mais au-delà de la production, le partenariat s’appuie également sur des piliers structurants comme la formation, la recherche et la sécurité sanitaire. Les deux pays ont mis en avant des programmes de mobilité, des doubles diplômes et des projets de recherche collaborative, traduisant une volonté de renforcer les compétences et l’innovation.
Sur le plan sanitaire, la coopération entre l’
ONSSA et la Direction générale de l’alimentation française (DGAL) a permis d’améliorer la gestion des risques et de sécuriser les échanges commerciaux.
Par ailleurs, et face aux enjeux environnementaux, la gestion durable de l’
eau agricole et des
ressources forestières s’impose comme un autre axe stratégique. Les deux pays ont exprimé leur volonté de structurer davantage leur coopération autour de projets concrets dans ces domaines. Dans cette dynamique, de nouvelles thématiques émergent, parmi lesquelles la
digitalisation des services agricoles, l’insertion des jeunes en milieu rural ou encore le renforcement des capacités humaines.
À l’issue de cette rencontre, Rabat et Paris ont réaffirmé leur ambition commune : faire de ce partenariat un levier opérationnel pour répondre aux défis agricoles contemporains. Une coopération appelée à dépasser le cadre institutionnel pour s’ancrer davantage dans des projets concrets, au service d’une agriculture durable et résiliente.