Économie

TAQA Morocco : 2030 comme première étape d’une ambition durable

Engagé dans une transformation de fond, TAQA Morocco poursuit la redéfinition de son modèle opérationnel pour accompagner sa croissance à long terme. Si l’exercice 2025 s’inscrit encore dans une phase de transition marquée par un léger recul des indicateurs financiers, le groupe affine progressivement une stratégie visant à devenir un acteur multi-métiers, multisite et multitechnologie à partir de 2030.

02 Avril 2026 À 17:35

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Au 31 décembre 2025, le chiffre d’affaires consolidé de TAQA Morocco s’établit à 10,63 MMDH, contre 10,87 MMDH un an plus tôt, soit une baisse de 2,2%. La rentabilité suit la même tendance, avec une marge opérationnelle consolidée de 23%, en recul par rapport aux 24,2% enregistrés en 2024. Le Résultat Net Part du Groupe (RNPG) ressort quant à lui à 981 millions de dirhams, contre 1,05 MMDH en 2024, soit une diminution de 6,8%. Des performances en retrait qui traduisent un cycle où la croissance et la rentabilité ne sont pas encore pleinement au rendez-vous, le groupe étant toujours en phase de structuration stratégique.



Présentant les résultats annuels, Abdelmajid Iraqui Houssaïni, Président du Directoire de TAQA Morocco, a détaillé la vision à long terme du groupe. Il décrit une entreprise appelée à « développer, construire et opérer simultanément », en gérant en continu un portefeuille de projets, avec pour objectif de devenir « un groupe multimétier, multisite, multitechnologie à évolution constante ». Et d’ajouter : « l’histoire ne se termine pas en 2030, 2030 n’est qu’une première étape ».

Une feuille de route structurée en quatre phases

Pour concrétiser cette ambition, TAQA Morocco déploie une feuille de route progressive articulée autour de quatre grandes phases. La première phase (2023-2024), dite de transformation, a consisté à déployer un nouveau modèle opérationnel, en positionnant le site de Jorf Lasfar comme un actif autonome et performant. Ce modèle est conçu pour être répliqué sur les futurs projets. La deuxième phase (2024-2025), axée sur le développement, vise à mettre en place un modèle organisationnel robuste capable de soutenir l’expansion du groupe et l’exécution de son programme de croissance. La troisième phase (2026-2030), consacrée à la construction, prévoit la mise en place d’une organisation à deux niveaux : un niveau corporate chargé de la supervision stratégique, et des structures de type SPV (Special Purpose Vehicle) dédiées à la gestion opérationnelle des projets. Enfin, à partir de 2030, la phase d’exploitation doit permettre de déployer un modèle opérationnel clair et évolutif, distinguant les fonctions de pilotage au niveau corporate et l’exécution opérationnelle au niveau des SPV.

Une structuration accélérée autour de nouvelles filiales

Dans le cadre de son plan stratégique à horizon 2030, le groupe a poursuivi en 2025 la structuration de sa plateforme de projets intégrés couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique et hydrique.

Après l’intégration de TAQA Morocco Wind Corporation (TMWC) au sein de TAQA Morocco Green Energy (TMGE), finalisée au troisième trimestre 2025, le groupe a poursuivi sa réorganisation au quatrième trimestre en créant quatre nouvelles filiales entièrement détenues : TAQA Morocco Flexible Generation, dédiée aux capacités de production flexibles bas carbone, TAQA Morocco Transmission, axée sur les infrastructures de transport d’énergie et d’eau, TAQA Morocco Water, orientée vers les projets de dessalement d’eau de mer, ainsi que JLEC 1-4, consacrée à l’activité thermique historique.

Des projets structurants en cours de déploiement

Sur le plan opérationnel, plusieurs projets structurants ont franchi des étapes clés. Le projet éolien Boujmil, d’une capacité totale de 144 MW, est entré en phase de construction au dernier trimestre 2025, avec une clôture financière attendue au deuxième trimestre 2026.

Par ailleurs, le consortium formé par TAQA Morocco et Moeve a avancé sur le projet d’hydrogène vert, avec la signature des accords fonciers préliminaires et le lancement des études de faisabilité pour la production d’ammoniac vert et de carburants industriels.

En parallèle, le groupe a renforcé ses partenariats financiers en signant des protocoles d’accord avec UK Export Finance (UKEF) et la Japan Bank for International Cooperation (JBIC), afin de soutenir le financement de projets liés à la transition énergétique et aux infrastructures, en cohérence avec la stratégie durable du Maroc.

Malgré un contexte de transformation, le Directoire propose la distribution d’un dividende de 38 dirhams par action au titre de l’exercice 2025, en progression de 3% par rapport à 2024.
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