Économie

Transition énergétique : le Maroc, laboratoire régional des investissements de l’AFD

Le Maroc s’impose comme l’un des principaux terrains d’intervention de l’Agence française de développement en Afrique du Nord dans le secteur de l’énergie. Entre grands projets solaires, émergence de l’hydrogène vert et décarbonation industrielle, le Royaume cristallise une stratégie d’investissement qui dépasse le simple financement pour s’inscrire dans une transformation structurelle du modèle énergétique.

30 Avril 2026 À 12:23

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Le Maroc est un laboratoire régional des investissements de l’Agence française de développement (AFD). Dans un document consacré aux projets phares du secteur de l’énergie en Afrique du Nord, l’institution tricolore met en avant le Royaume comme l’un des terrains les plus structurants de sa stratégie régionale. Entre grands projets solaires, montée en puissance de l’hydrogène vert et décarbonation industrielle, le pays apparaît donc comme un pivot de la transition énergétique au sud de la Méditerranée. Le positionnement du Maroc s’inscrit d’abord dans une réalité énergétique contrastée. Le pays demeure fortement dépendant du charbon pour sa production électrique, dans un contexte régional dominé par le gaz naturel. Cette contrainte structurelle explique en partie l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables, devenues un levier central de souveraineté énergétique.



Parmi les projets emblématiques soutenus par l’AFD figure le Complexe solaire d’Ouarzazate. À travers les Centrales Noor I et Noor III, le Maroc a fait le choix de technologies solaires thermiques intégrant des capacités de stockage, permettant de produire une électricité renouvelable, mais aussi pilotable. Selon l’AFD, ce positionnement technologique, encore relativement rare à l’échelle internationale, renforce la sécurité d’approvisionnement tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles. Il conforte également le statut du Royaume comme vitrine régionale de la transition énergétique.

Au-delà des infrastructures, l’AFD accompagne désormais une nouvelle phase, plus industrielle et technologique. Le développement de l’hydrogène vert constitue à ce titre un axe structurant. Le soutien à des projets de recherche et d’innovation vise à faire émerger un écosystème national, capable de capter une part de la chaîne de valeur de cette filière encore émergente. L’objectif est de préparer le passage d’une logique de projets à une logique de marché. Cette montée en gamme s’observe également dans le secteur industriel, avec l’accompagnement du Groupe OCP dans son programme de décarbonation.

Le leader mondial des phosphates, rappelons-le, ambitionne d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2040, en s’appuyant sur un mix combinant énergies renouvelables, hydrogène vert et solutions de gestion de l’eau, notamment le dessalement. Au-delà de l’enjeu environnemental, il s’agit de sécuriser les intrants énergétiques et hydriques d’un acteur stratégique pour l’économie nationale. De même, le Maroc est intégré dans une approche de planification à long terme à travers la «Facilité 2050» de l’AFD qui accompagne les trajectoires de décarbonation des pays de la région. L’objectif affiché est d’atteindre la neutralité carbone entre 2050 et 2060, en structurant dès aujourd’hui les politiques publiques, les investissements et les choix technologiques.

travers ses différentes interventions, l’AFD positionne clairement le Maroc comme un acteur clé de la transition énergétique en Afrique du Nord. Plus qu’un simple bénéficiaire de financements, le Royaume apparaît comme un laboratoire où se combinent infrastructures de grande envergure, innovation technologique et transformation industrielle. Une trajectoire qui pourrait, à terme, servir de référence pour d’autres économies de la région.
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